La mémoire est une chienne indocile · Elliot Perlman

mercredi, août 20, 2014


Ouf! Quel roman… Parce que je suis sans mots, sous le choc, encore étourdie, je laisse la quatrième de couverture faire son travail de tentatrice.

Que peuvent avoir en commun un jeune Afro-Américain tout juste sorti de prison et un intellectuel juif en pleine crise existentielle? Épique et intime, incroyablement émouvante, une peinture magistrale du pouvoir de la mémoire sur nos vies.


Il est des vies tellement éloignées de la nôtre que jamais on n'aurait imaginé les croiser, des liens dont on n'aurait jamais pensé qu'on les tisserait. Et puis, un jour, on croise ces vies, on tisse ces liens, l'histoire se transmet qu'on ne peut plus oublier et l'on en est transformé à jamais...

Récemment libéré de prison, Lamont Wiiliams entame une période probatoire au service d'entretien du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center à New York. Le succès de cette réinsertion est crucial pour lui: c'est son unique espoir de retrouver un jour sa petite fille, dont sa malchance récurrente avec la justice lui a fait perdre la trace.

Quelques kilomètres plus loin, uptown, Adam Zignelik, professeur d'histoire à Columbia, subit simultanément l'effondrement de sa carrière (il est sur le point d'être renvoyé de l'Université) et de son couple (Diana, l'amour de sa vie, le quitte). Alors qu'il est en pleine dépression, il découvre, oubliés dans la poussière d'un sous-sol depuis des décennies, des enregistrements inconnus, d'une portée historique considérable: les tout premiers témoignages sonores de survivants de l'Holocauste; ces voix que le monde entier doit entendre pourraient à la fois sauver sa carrière et son couple...

Pendant ce temps, à l'hôpital, Lamont noue une improbable amitié avec un vieux patient juif polonais, lui-même rescapé des camps...

Entremêlée au destin personnel de Lamont et d'Adam et de la myriade de personnages qui les entoure dans le New York d'aujourd'hui, c'est l'histoire du XXsiècle, de la Shoah au Mouvement pour les droits civiques, du fin fond des ghettos d'Europe de l'Est à ceux du Bronx, qu'Elliot Perlman interroge avec autant d'humanité que d'acuité et dans une construction narrative d'une virtuosité époustouflante.

Ce roman est un chef-d'œuvre. Et comme tout chef-d'œuvre, il se mérite et se savoure. 

La mémoire est une chienne indocile, Elliot Perlman, Robert Laffont, 592 pages, 2013.      

                                                                                                               

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6 commentaires

  1. Gniiiii... bon ma PàL s'effondre......

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Celui-là, il vaut vraiment la peine! Tu m'en donneras des nouvelles... C'est peut-être le temps de faire deux PAL!

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  4. Je l'avais déjà noté chez Aifelle, je le re-note en gras.
    Le Papou

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  5. Après le coup de cœur de Tu vas t'abimer les yeux de EVA et le tien ,je l'ai mis en haut de ma PAL et je viens de tourner la dernière page...Juste un qualificatif : MAGISTRAL !
    Merci pour cette découverte à côté de laquelle je serai certainement passé ce fut un bonheur de lecture e même temps qu'une claque !Il va falloir que je fasse mon article sur mon blog pour mettre en avant ce magnifique livre ...pas simple ! MYMY de http://cousineslectures.canalblog.com/

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