22/11/63 ♦ Stephen King

samedi, septembre 13, 2014


Cela fait plus de vingt ans que je n'ai pas ouvert un roman de Stephen King. Depuis Shining, lu au milieu de l'adolescence. Peut-être que c'est parce que j’ai décidé que les romans de peur et de gros frissons, ce n'était plus de mon âge?

Mais entendant ci-et-là un grand bien de ce 22/11/63, sachant qu'on y parlait de voyage dans le temps et que j'avais envie d'une bonne grosse brique qui scient les poignets, je me suis dit: ben pourquoi pas.

22/11/63, c'est d'abord quelque 900 pages bien touffues, c'est le voyage d'un auteur au coeur de son propre univers, la somme de ses hantises et de ses passions. Ses thèmes de prédilection sont tous là. Il y est question d'un héros qui veut infléchir le cours de l'Histoire, d'hommes abusifs et violents, d'alcoolisme, d'adolescence et d'écriture.

2001, dans le Maine. Jake Epping enseigne l'anglais à Lisbon Falls. Il vit seul depuis que sa femme l'a quitté. Plutôt casanier et solitaire, il mène un vie ennuyeuse et bien rangée. Parmi ses habitudes, aller manger un hamburger chez Al Templeton. Un soir, Al lui montre dans la réserve de son diner un passage qui lui permet de remonter dans le temps, au même endroit en 1958. Ce passage entraîne Jake dans un fascinant voyage dans le passé, à l'époque d'Elvis et de JFK, d'un solitaire paumé nommé Lee Harvey Oswald et d'une bibliothécaire qui deviendra son grand amour.

Atteint d'un cancer incurable, Al demande à Jake d'assassiner Lee Harvey Oswald avant qu'il ne tue Kennedy. Cela implique que Jake vive dans le passé, de 1958 à 1963, et enquête sur Lee Harvey Oswald pour éliminer tout risque d'erreur sur la personne. Est-il bien l'assassin de JFK? A-t-il agi seul? C'est le début d'une grande épopée. Jake va réalisé que le temps est imperméable aux changements qui peuvent influer sur le passé.

Les États-Unis des années 60 sont admirablement décrites. Tout y est, des galas de bienfaisance aux fêtes de Noël, des matchs de foot aux spectacles de fin d'année. Une époque où les gens fumaient comme des cheminées, étaient racistes, se procuraient de l'essence pour pas chère et écoutaient du rock and roll. 

Une écriture limpide, qui coule de source, malgré une traduction bancale et approximative. N'empêche, ses camionnettes à plateau pour pick-up prêtent plus à rire qu'autre chose. Heureusement, l'intrigue fait oublier la piètre traduction pour laisser éclater le génie de Stephen King.

Il y a de tout dans ces 900 pages: de l'aventure, de l'amour, de l'amitié, du suspense et plein de rebondissements. Tous les ingrédients pour passionner le plus difficile des lecteurs. Stephen King, on aime ou pas. Mais pour dépeindre des personnages, des lieux et des atmosphères, il n'a pas son pareil. 

22/11/63, Stephen King, Albin Michel, 944 pages, 2014.  
                                                                                                      ★

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2 commentaires

  1. un coup de coeur ! quelle ambiance! (et quel suspense ;-) )

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  2. Oui, katell, toute une aventure. J'en redemandais!

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