N'est pas auteur jeunesse qui veut

vendredi, octobre 17, 2014


J'en conviens, il n'est pas facile de s'y retrouver parmi tous les albums pour enfants. L'offre est immense, les prix sont élevés par rapport au nombre de pages, et les déceptions sont trop souvent au rendez-vous. Nadine Bismuth et Michel Leeb en sont à leurs premiers pas en littérature jeunesse. Et ça se sent... 

Une princesse est mariée à un prince terriblement ennuyeux. Pourquoi est-il si ennuyeux? Ça, on l'ignore. Par conséquent, la princesse passe tout son temps à dormir. N'en pouvant plus de voir sa belle endormie, le prince, aidé d'une sorcière, jette un sort à la princesse. Elle devient insomniaque pour l'éternité, et du coup, hyperactive. Épuisé, le prince quitte le royaume avec, entre autres, «sa collection de disques de jazz et sa cafetière italienne dernier cri»! Désoeuvrée, la princesse trouve finalement un but à sa vie: donner un coup de pouce aux fées qui doivent veiller au sommeil des enfants. Car quand ils dorment, les petits se donnent rendez-vous au pays des fées et s'amusent comme des fous. C'est du moins ce que j'ai compris...

Pour sa première incursion dans la littérature jeunesse, Nadine Bismuth présente une histoire quelconque, sans grand intérêt. Le texte, alambiqué, manque d'accessibilité. Des phrases trop longues alourdissent le récit. Et l'emploi du passé simple n'aide pas à alléger le tout. Un exemple de phrases parmi d'autres: «Par chance, l'écho transporta la question de la princesse jusqu'à un bouton de camomille. Celui-ci la répéta à un escargot, qui la communiqua à un arbre, qui la transmit à un oiseau, qui la relaya à un ruisseau et ainsi de suite, jusqu'à ce que la question se rende là où elle fut finalement entendue, suivant pour cela un chemin mystérieux que personne ne connaît, car l'univers est ainsi fait que certaines questions trouvent une oreille attentive - et d'autres pas.»

Et que dire du prince... Il préférait la princesse lorsqu'elle passait sa vie à dormir... Devenue hyperactive, il prend la poudre d'escampette et la quitte! L'histoire d'amour se termine là! Exit le prince. Drôle de message...


Nadine Bismuth n'a pas le mordant qu'elle a dans ses écrits pour adultes. Et c'est bien dommage.









Tout n'est pas perdu! Les illustrations d'Annie Carbonneau ont beaucoup plu à Léa, et disons-le, à moi aussi.


La princesse Beau Dodo, Nadine Bismuth (texte) et Annie Carbonneau (illustrations), Éditions de la Bagnole, 32 pages, 2014.

★★★

Michel Leeb est un humoriste, comédien et chanteur français. Il fait une première incursion en littérature jeunesse avec L'abracadabrante alphabet.


L'histoire met en scène les vingt-six lettres de l'alphabet dans le square des Lettres-en-FolieToutes les lettres de l'alphabet arrive l'une après l'autre. Le A est le premier, le B qui balbutie vient le déranger, le C arrive excédé, et ainsi de suite... Le parc se remplit jusqu'à l'arrivée du Z, qui s'amène en zigzaguant. 

Michel Leeb joue sur les sonorités, les allitérations et les assonances, donnant du rythme à cette histoire farfelue. Mais le texte est tarabiscoté et trop dodu. La forme a la part belle, au détriment du fond. Ce ballet de lettres n'a ni queue ni tête et finit par tourner en rond. Déjà, à la lettre H, on en pouvait plus, Léa et moi.




Ça m'apparaissait un livre prometteur, très amusant: les lettres de l'alphabet transformées en animaux, ayant chacune leur caractère... Les douze premières pages tournées, Léa m'a demandé: «Ça finit bientôt?!» Moi, j'y avais pensé après huit pages! Et non, ce n'était pas prêt de se terminer. 48 pages au total! Les illustrations de Lucile Placin sauvent un peu la mise. Son univers graphique coloré enchante l'oeil.

L'abracadabrant alphabet, Michel Leeb (texte) et Lucile Placin (illustrations), Albin Michel jeunesse, 48 pages, 2014.

★★★

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