Titre de transport · Alice Michaud-Lapointe

dimanche, novembre 09, 2014


J'ai ouvert Titre de transport un pied sur le frein. Ah non! Pas un recueil de nouvelles? Je déteste les nouvelles. C'est comme la poésie. J'y suis insensible, imperméable. Plus jeune, j'ai lu les nouvelles de Tchekhov, de Kafka, de Borges. J'ai dévoré celles de Salinger, de Carson McCullers et de Raymond Carver. J'ai vieilli et j'ai de plus en plus envie de long souffle. Récemment, j'ai tenté de goûter les nouvelles d'Alice Munro et de David Foster Wallace. Sans succès. Y'a rien à faire, je reste sur ma faim.

Parce que j'aime ce que publie les éditions Héliotrope, parce que le titre m'intriguait, parce qu'une jeune et nouvelle auteure, c'est toujours à considérer, j'ai décidé de plonger dans Titre de transport. J'ai tout lu et... j'ai été agréablement surprise.

Il faut dire qu'Alice Michaud-Lapointe manie habilement le fil des intrigues, porte un regard acéré et empreint d'empathie sur des bribes d'existence, des moments forts, des scènes de la vie de ses personnages.

Titre de transport, c'est vingt et une histoires qui portent chacune le nom d'une station de métro. Chaque nouvelle se déroule tantôt aux abords du métro de Montréal, tantôt sur les quais, tantôt dans les wagons. Vingt et une histoires différentes dans la diversité des personnages mis en scène, dans le ton, dans le niveau de langage.

Bon, j'avoue, j'ai tiqué sur certaines nouvelles moins convaincantes, plus nébuleuses. Je pense à Lionel-Groulx, auquel je n'ai pas compris où ça menait, ou à Angrignon, qui m'a laissé perplexe. Et puis je suis tombée sur de petites perles, des diamants bruts de sensibilité. Berri-UQAM, Jean-Talon, Place-des-Arts sont à lire pour mesurer le talent de la jeune Alice Michaud-Lapointe. Drôles, sombres ou tragiques, les histoires de Titre de transport dressent le portrait d'un Montréal protéiforme, bigarré, à la fois familier et étrange.

Je n'aime pas plus les nouvelles qu'avant. Mais je me plongerais volontiers dans le prochain recueil (ou roman) publié par Alice Michaud-Lapointe.

Titre de transport, Alice Michaud-Lapointe, Héliotrope, 212 pages, 2014.

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1 commentaires

  1. Très beau billet, Marie-Claude ! Moi aussi, j'ai bien aimé la nouvelle à Berri-UQAM :)

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