Karin Fossum, la reine du polar norvégien

lundi, janvier 05, 2015

                                                                                                                        © Lars Lindqvist / Dagbladet





J'ai déjà eu une folle passion pour les polars. Maintenant, j'en lis peu. Cependant, il reste quelques auteurs incontournables dont j’attends chaque parution en tapant du pied d'impatience. Parmi ceux-ci, il y a des Scandinaves: les Suédois Henning Mankell,  Ake Edwardson et Camilla Läckberg, l'Islandais Arnaldur Indridason et la Norvégienne Karin Fossum.

La reine du polar nordique a publié dix-neuf bouquins mettant en scène l'inspecteur Konrad Sejer. Jusqu'à maintenant, seulement sept sont traduits en français. Le problème avec les polars de Karin Fossum, c'est que ses livres souffrent du syndrome «traduction en panne». Contrairement aux polars de Mankell, Läckberg ou Indridason: aussitôt publiés, aussitôt traduits. Depuis 2012, aucun nouveau Fossum en librairie.

J'aime Konrad Sejer, l'inspecteur créé par Fossum. Avec le temps, je me suis davantage attachée au bonhomme qu'à ses enquêtes. J'aime le voir évoluer, se débattre dans les fils de ses enquêtes, marcher dans la vie.

Konrad Sejer est veuf. Il roule ses cigarettes et s'offre un whisky en fin de journée, son chien à ses pieds. Il passe son temps libre avec sa fille et son petit-fils, adopté en Somalie. Ah oui, il souffre de psoriasis aussi! Sejer n'est pas désabusé, contrairement à d'autres inspecteurs. Il croit en la justice, la compassion et est mû par un besoin impérieux de comprendre l'être humain dans ce qu'il a de meilleur, et aussi de plus malsain.

Chez Karin Fossum, on baigne dans le polar psychologique. Il n'y a pas de crime prémédité, jamais de serial killers traumatisés par une mère castratrice, pas de meurtriers sadiques non plus. On a affaire à des individus ordinaires, parfois un peu paumés, poussés à tuer par un concours de circonstances. Aucune de ses intrigues ne se ressemble. De nouveaux décors, de nouvelles ambiances, de nouvelles conditions dramatiques. Ses intrigues sont assez simples, prévisibles, sans grande originalité. Et pourtant, le suspens est toujours omniprésent, la psychologie des personnages très fouillée. Et il y a Konrad...

Survol des enquêtes de Sejer.

L'oeil d’Ève, Points seuil, 301 pages, 1999 (éditions originale 1995).

Pour sa première apparition, Konrad Sejer glisse dans les eaux sombres de deux affaires non élucidées: celle d'une prostituée de luxe, Marie Durban, sans doute étranglée par un client, et le cas d'Egil Einarsson, dont le corps vient d'être repêché dans une rivière. Deux meurtres qui ont un point commun: Ève Magnus, une jeune mère apparemment sans histoires. Sa relation avec les victimes réserve bien des surprises…



Ne te retourne pas, Points seuil, 331 pages, 2001 (éditions originale 1996).

Dans un petit village de Norvège, une fillette disparaît quelques heures. À son retour, elle révèle que, près d'un étang, elle a découvert le cadavre d'une adolescente. Il s'agit d'Annie Holland, sportive appréciée de tous. Son corps nu a été disposé de façon à ce que l'on croie à un viol. Pourquoi cette mise en scène? Des rumeurs circulent: Annie, depuis quelque temps, avait beaucoup changé…





Celui qui a peur du loupJC Lattès, 365 pages, 2005 (éditions originale 1997).

Qui pouvait en vouloir à la vieille Haldis Horn au point de lui fendre le crâne d'un coup de pioche? Un fou, estime Sejer. L'évasion d'Errki Johrma de l'asile psychiatrique d'à côté semble confirmer cette hypothèse. De plus, Errki aurait été vu par Kannick près de chez Haldis au moment du meurtre. Mais doit-on prendre au sérieux le témoignage d'un enfant lui-même interné dans un centre pour inadaptés? L'enquête piétine quand un autre événement survient: le cambriolage d'une banque voisine, avec prise d'otage. Aucun rapport, apparemment. Sauf que l'otage n'est autre qu'Errki Johrma et que Kannick a disparu...


Le diable tient la chandelle, J'ai lu, 313 pages, 2006 (éditions originale 1998).

Deux gamins tuent le temps, regardent pour la nième fois le même film, ont besoin d'un peu d'argent, volent à l'occasion, provoquent à leur insu quelques drames. L'un d'eux disparaît. Chut! Je n'en dis pas plu. Mon coup de coeur de la série. J'en ai encore des sueurs froides...



La mort indienne, JC Lattès, 387 pages, 2007 (éditions originale 2000).

Lorsque Gunder Jomann, l'éternel célibataire, part en Inde pour trouver une épouse, il n'en souffle mot à personne. Le jour même où Poona, la mariée indienne, doit arriver, le corps mutilé d'une jeune femme est retrouvé dans un champ près de la maison de Gunder. Qui peut croire que, parmi les bonnes gens d'Elvestad, il se trouve quelqu'un capable d'un crime aussi abominable? Personne, sauf Konrad Sejer, qui sait bien que les braves gens sont capables du pire et que nul n'est totalement innocent.



Secondes Noires, JC Lattès, 310 pages, 2008 (éditions originale 2002).

Helga, mère célibataire d'une petite fille de dix ans, Ida. Un jour, Ida enfourche son vélo pour aller au magasin du coin acheter un magazine et des bonbons. Helga a peur, comme toujours. Les minutes, les heures, les jours passent dans une attente angoissée. Ida ne revient pas. La nuit tombe et il faut se rendre à l'évidence: le cauchemar d'Helga est devenu réalité... Helga appelle sa soeur Ruth, elle-même mère d'un ado et d'une fillette. Les deux femmes se rendent à l'évidence: il leur faut signaler cette disparition à la police... Sejer entre en scène.




Dernier opus paru à ce jour. Dommage, c'est loin d'être le meilleur.

L'enfer commence maintenant, Seuil, 220 pages, 2012 (éditions originale 2009).

Un bébé dort paisiblement dans son landau, couvert de sang… qui n'est pas le sien. Une vieille dame découvre dans le journal local le faire-part de son propre décès. Un paralysé en fin de parcours voit débarquer chez lui les croque-morts, avec leur corbillard tout neuf. Les plaisanteries d'un goût douteux s'accumulent et finissent par ulcérer les habitants de cette paisible bourgade de Norvège. Leur auteur, un pauvre bougre en marge de la communauté, adolescent maltraité par sa mère, en est arrivé là car il ne sait comment crier son désarroi et sa révolte. Mais à le voir auprès de son grand-père impotent, on se demande s'il est vraiment le mal incarné. Sejer veut comprendre. Jusqu'à l’incident suivant, qui fait tout basculer dans l'horreur. La vraie. 

Bande de chanceux qui aller découvrir Konrad et ses enquêtes. Je vous envie. Du coup, j'aimerais bien être frappée par un petit coup d'amnésie. Je pourrais relire toutes ces enquêtes l'esprit vierge! Je dois prendre mon mal en patience et attendre une nouvelle traduction. Et si j'apprenais plutôt le norvégien?!

À l'exception de L'enfer commence maintenant, toutes les enquêtes de Konrad Sejer sont parues en poche.


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6 commentaires

  1. On me conseille depuis un bout cette auteure mais n'ait pas encore lu un de ses romans. Je prends note, tu te doutes bien ;-) Par contre, je vais commencer dans l'ordre car j'aime bien, lorsqu'il y a un personnage comme l'inspecteur Sejer, suivre l'évolution de celui-ci au fil des enquêtes.

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  2. Tu devrais bien apprécier Suzanne. Et oui, il faut découvrir les enquêtes de Sejer dans l'ordre. Chanceuse, va! Bonne découverte. Certains polars peuvent être difficiles à trouver en librairie. Il faut fouiller... Su tu as trop de difficulté, fais-moi signe! Je tiens à la reconnaissance de Karin Fossum. Plus de gens la liront, plus les éditeurs seront tentés de la traduire!

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    1. Et hop! encore une découverte à faire, tu veux faire exploser ma PàL ? comme toi je suis fan de polars, Henning Mankell et Indridason, j'ai aussi lu du Nesbo...
      Désolée de voir qu'elle a du mal à trouver un traducteur.. en attendant, je file ce soir à la biblio (j'ai le choix entre la médiathèque et la biblio) à cause de toi (l'homme de la montagne serait disponible) et je vais voir pour celle-ci, sinon j'irai à ma boutique de livres d'occasion car on y trouve quantité de polars...

      Merci du tuyau ! J'aime bcp quand tu nous traites de petits chanceux, c'est comme moi quand je vante Erlendur et je pense à la Cité des Jarres ...

      Bonne journée

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    2. Electra, j'ai hâte que tu plonges dans L'homme de la montagne. (J'aime l'image des deux fillettes qui regardent la télé par la fenêtre des voisins... tu verras par toi-même). J'ai hâte de savoir ce que tu en as pensé. CHANCEUSE!
      Pour Fossum, attention! Ce n'est pas du même calibre que Mankell et Indridason (pour l'écriture et la richesse des intrigues), mais moi, j'aime beaucoup. Il y fait froid (comme au Québec en ce moment!), et je me suis beaucoup attachée à Sejer et son chien. Disons qu'après avoir sympathisé avec Kurt et Erlendur, j'étais heureuse de découvrir Konrad!
      Pour moi, c'est mieux que Camilla Läckberg... Dommage, je n'ai jamais accroché sur Nesbø.

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    3. Merci ! Moi je n'ai pas du tout accroché à Läckberg, son style d"écriture ... Nesbø.si car il sait instiller un vrai suspense dans ses livres.
      Disons que j'ai envie de retrouver un personnage récurrent, depuis le départ de Kurt... et Erlendur, qui a le chic pour se faire rare !

      Pour l'Homme de la montagne, pas de chance - le livre était déjà reparti (screugneugneu) mais j'ai trouvé un autre de ses romans et un autre livre (d'un auteur islandais dont le nom m'échappe, mais bon vu leurs noms, j'ai une excuse!)

      Là j'ai publié mon bilan et surtout mes résolutions littéraires ! on y croit
      et zut j'ai oublié d'y mettre le nom de Fossum
      j'y retourne

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