La liberté des détours · Mathieu Blais

dimanche, février 01, 2015


Paul Roberge fuit. Il a quitté Saint-Michel-des-Saints sur les chapeaux de roues. Il a roulé, roulé. Pour venir s'échouer dans un camp de chasse au fin fond de la Côte-Nord. Il fuit son passé, il fuit aussi la malédiction voulant que les membres de sa famille soient condamnés à l'échec.

Roberge attend que la poussière retombe. Emprisonné dans son passé oppressant, qu'il traîne comme un boulet, il boit, s'étourdit. Il fait aussi des rencontres. Une bonne: Poitras, un mystérieux compagnon d'infortune; une belle: Marie-Jeanne, une traductrice qui vit dans un autobus scolaire réaménagé; et de moins bonnes, dont Matis Vaillant, le bum du village.

Ambiance de bout du rang avec le Pit-bar et l'épicerie du coin, ses racontars, ses règlements de compte, ses médisances. Ambiance hivernale, avec ses grands espaces et sa rudesse. Ici, le danger rôde, les secrets s'éventent.

Roberge est l'étranger, le survenant que les habitants gardent à l'oeil. Roberge est libre. Mais la liberté a un prix. Il l'apprendra à ses dépens, bien assez tôt, alors qu'un nouvel horizon s'ouvrait devant lui.

Mathieu Blais titille son lecteur, le fait patienter jusqu'à la toute fin. Ce n'est que dans les dernières pages que le mystère se dissipe. Roman d'ambiance, huit-clos au cœur de la nature, suspense, quête existentielle: on est servi. N'empêche, j'ai envie de dire: «Tout ça pour ça?». Mais, oui! Et ça valait le coup.

La liberté des détours, Mathieu Blais, Leméac, 191 pages, 2015.

★★

Vous pourriez aussi aimer

1 commentaires

· J'aime m'y promener ·

· visites ·