Far Away: un road trip (trop) sentimental

dimanche, mai 31, 2015


Une tempête de neige, un poids lourd qui s'enlise dans un banc de neige. L'homme toque à la porte de la dame. Lui, c'est un trucker. Elle, une femme seule, plus âgée, qui vit dans un village isolé du Québec. Elle lui offre gîte et couverts. Elle lui donne un coup de main pour dégager le camion. Puisqu'il part en Arizona, elle lui demande de l'emmener au Grand Canyon. Il accepte… Deux solitudes se rencontrent, s'apprivoisent, s'aiment. Ils vivent l'instant présent et s'émerveillent à nouveau de la beauté qui les entoure.

Pour l'histoire d'amour, on repassera. Je n'étais pas loin de me demander si ce n'était pas un scénario pour un gros mélo hollywoodien. Il faut croire que mon côté fleur bleue n'est pas assez exacerbé pour que je puisse apprécier ce type d'histoire.

Pour en ajouter une couche, les auteurs ont beurré épais sur le québécois en saupoudrant ici et là des maudite marde, maudits totons, slush, hostie, crisse. Pas de problème, ça donne une touche d'authenticité! Mais d'arriver un peu plus loin avec un merde tout propre et un langage de bon garçon devant la dame, ça manque de cohérence. «J'vas essayer…» aurait sonné plus juste, dans le contexte, que «Je vais essayer…». Puis les mots typiquement français reprennent le dessus avec ces putain, nana, pote, fait gaffe. Disons que ce n'est pas le genre de vocabulaire qu'emploieraient des truckers canadiens et américains... Bref, pour la cohérence du registre de la langue, c'est du grand n'importe quoi.



Si le côté mièvre et doucereux de l'histoire m'a rebuté, les dessins de Gabriele Gamberini m'en ont mis plein les yeux. Les illustrations à la gouache sont d'un réalisme saisissant. Les dessins des paysages sont tout simplement somptueux. Pour les personnages, je ne m'y suis pas trop attardée: ils m'ont donné la frousse (trop figés, vieillots).

Finalement, je repasserai du temps à feuilleter Far Away. Mais le lire, no way! Pour les splendeurs de l'hiver, la beauté des érables en automne, les somptueux déserts des États-Unis. Pour la route de La Tuque, de Péribonka, de Trois-Rivières en passant par les chutes Niagara, jusqu'aux verts pâturages du Dakota du Sud et à la chaleur de l'Arizona. Pour le camion devant un lac gelé, les forêts d'automne, les grandes routes américaines...

J'aurais préféré le road trip tout court au road trip romantique!

Far Away, Jean-François Charles et Maryse Charles (texte) et Gabriele Gamberini (dessins), Glénat, 144 pages, 2011. 

laissez-vous tenter

9 commentaires

  1. Effectivement le road trip sans la romance, en général, c'est vraiment mieux : ça évite de parler de nombrils. ;) . Je note quand même cette BD au cas où je la trouverais en bibliothèque.

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    1. Pour le côté grandiose des paysages, il vaut vraiment le détour...

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  2. Je partage totalement ton avis sur ce livre-là. Ça me tanne beaucoup quand des auteurs européens essaie de donner un air "québécois" en utilisant à tout vent du vocabulaire qui sonne tellement faux...
    Le road trip aussi aurait gagné à être approfondi.
    Les dessins par contre, sont vraiment fabuleux!

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    1. Oui, les dessins sont effectivement fabuleux. C'est tout ce qui m'a plu!

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    2. C'est à peu près tout ce qui m'a plu aussi ;)

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  3. Oh le vocabulaire québécois ! Je n'aurais pas compris grand chose ;-) Enfin, l'erreur de vouloir donner un genre et l'oublier la page suivante... Tu n'es pas tendre avec l'histoire par contre oui les illustrations ont l'air très sympas.

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    1. Pas tendre, peut-être. N'empêche... J'ai été exaspérée, mais cela pourra plaire à plein de gens. Au risque de me répéter, pour les dessins de Gabriele Gamberini, c'est à voir. Ils nous promènent dans des endroits que j'adore. On s'y croitait.

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  4. Hou là; une étoile!!!
    Mais pour les illustrations, je veux tout de même lire cette BD.

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    1. Une petite étoile, ouais... C'est rare que ça m'arrive.
      Peut-être aimeras-tu l'histoire plus que moi?!
      Pour les illustrations, cet bd vaut vraiment le détour.

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