Brenda Ann Kenneally · ces vies qu'on ne veut pas voir

dimanche, juin 07, 2015





Après l'impression que m'a laissée ma lecture d'Incandescences de Ron Rash, je me suis rappelée les photos de l'Américaine Brenda Ann Kenneally. J'ai senti une forme de parenté entre eux. Comme chez Ron Rash, elle raconte les vies cauchemardées des laissés-pour-compte de l'Amérique, dans les entrailles d'un enfer social où tout pourrit dans la pauvreté, la solitude, l'alcoolisme, la drogue, la violence, l'ignorance, le crime. Glauques maladies du désespoir. 

Brenda Ann Kenneally  est née en 1959 à Troy, dans l'État de New York. Très tôt livrée à elle-même, elle tombe dans la petite délinquance. Maison de redressement à douze ans, toxicomanie à seize. Sa majorité atteinte, elle fuit en stop. Direction: la Floride, où elle fuit l'univers dans lequel elle étouffait. Une descente aux enfers qui dure plus de dix ans. À vingt-six ans, elle reprend sa vie en main et entame une cure de désintoxication. À trente ans, la lecture d'un livre sur Diane Arbus l'oriente vers la photographie. Elle suis des cours de sociologie et de photographie à l'université de Miami, avant de passer une maîtrise au Studio Art, à New York. Elle vit maintenant à Brooklyn.

Brenda Ann Kenneally a vécu dans un environnement familial semblable à celui qu'elle photographie. Ces vies qu'elle immortalise auraient pu être la sienne si elle n'avait pas quitté son milieu. Avec une grande sensibilité, elle saisi des moments forts d'intimité et instaure une proximité naturelle qui fait la particularité de ses photos.









Souvent, on ferme les yeux. On ne devrait pas... Après tout, on est tous dans le même bateau.

Pour découvrir une partie de son travail, c'est par ici.

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6 commentaires

  1. Ouf, saisissantes ces photos.

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    1. Tout à fait, Suzanne. On ne peut rester indifférent...

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  2. J'ai passé au moins 30 minutes à parcourir tout un tas de photos sur son site ! Terrible...

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    1. Oui, terrible, bouleversant, éprouvant, désolant... Les mots me manquent! Et pourtant, il faut, à mon avis, se confronter à ce type de photos. Parce que la vie, c'est ça aussi.

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  3. Je trouve son travail intéressant parce que justement, elle parle de gens différents, de choses que la société ne veut pas voir, mais qui existent. Tout le monde n'a pas un quotidien facile, tout le monde ne mange pas à sa faim le matin, tout le monde ne roule pas sur l'or et la misère existe, souvent bien plus proche qu'on le pense. C'est un thème qui me rejoint et qui me touche beaucoup. Je te remercie pour ce billet parce que je pense que c'est important de montrer d'autres réalités, d'en parler.

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    1. Merci, Gabriel. Je pense aussi que c'est important de montrer (et de voir) d'autres réalités et d'en parler. Et oui, pas besoin d'aller loin pour voir la misère, étant plus proche qu'on le pense.

      Dans le cas de Brenda Ann Kenneally, elle est bien placée pour en parler, étant elle-même issue d'un milieu social défavorisé.

      Étant privilégiée, ces réalités me passionnent. D'où mon intérêt pour les auteurs américains qui transposent admirablement bien la réalité de ces milieux, avec tout ce que cela sous-tend: violence, drogue, solitude... Personne n'est à l'abri. De la misère, on en voit tous les jours, pas loin. Mais de pénétrer au coeur de ce milieu et dans la tête des gens, c'est plus difficile. L'art le permet!

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