Notre petite vie cernée de rêves · Barbara Wersba

vendredi, juin 19, 2015

Années 1960, New York. Albert Scully vit avec ses parents dans un petit lotissement de banlieue, dans le New Jersey. Albert est un ado quelconque, un solitaire, «un individu très ordinaire qui a des problèmes avec son âme». Albert ne va pas très bien. Il est persuadé d'être un raté.
Je savais que j'étais un raté depuis l'âge de quatre ans environ, à la maternelle, quand je n'arrivais pas à tenir mes crayons de couleur.
Entre se suicider et devenir marin sur un remorqueur, il hésite. Sinon, il collectionne les fiches de cuisine, il aime la Nouvelle-Zélande, le jardinage et la littérature. Il est à la recherche de réponses sur le sens de la vie - d'où sa collecte de citations de grands auteurs qu'il colle sur les murs de sa chambre.
Sa mère, elle, rêve de vivre à Beverly Hills, d'avoir une piscine, des domestiques et des télés dans toutes les pièces. Elle passe son temps à râler en regardant des magazines de mode et des vieux films avec Bette Davis. Son père, lui, rêvait de devenir pilote de ligne. Mais en rencontrant sa future femme, il a mis son rêve de côté et est devenu courtier en assurances. Pour tromper son ennui et oublier ses soucis, il boit.
Albert fait la connaissance d'Orpha Woodfin, une octogénaire déjantée, excentrique. Elle boit du xérès au coin du feu, brûle ses ordures dans le jardin, mange et dort dans la poussière et ne paie pas ses factures. Mais cette vieille dame conte, elle conte sa vie, parsème le tout de citations de Thoreau et de Shakespeare, de scènes de théâtre. Posséder une télé? Un meuble de plus? Quelle importance! Madame Woodfin vit très bien avec tous ses livres, son parterre plein de déchets et de tulipes rabougries.
Tout un numéro, cette Madame Woodfin. Petit à petit, elle va emmener Albert dans des territoires qu'il ne soupçonnait pas, à commencer par l'étendue des possibles qu'il porte en lui. Il découvrira que la différence est une richesse, même dans la plus grande des pauvretés.
Publié en 1968 aux États-Unis, Notre petite vie cernée de rêves est un roman réjouissant, réconfortant, sur la différence, le partage, les rencontres qui changent une vie. Sur les concessions qu'on doit faire ou non pour être bien avec soi. Si les références sont un peu surannées (hippies, guerre du Vietnam, début de la société de consommation), le message, lui, reste intemporel et porte toujours autant.
Notre petite vie cernée de rêves, Barbara Wersba, Thierry Magnier, 176 pages, 2008. 

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9 commentaires

  1. Quel joli titre! Je ne connaissais pas du tout ce livre! Je le note!
    J'ai découvert votre blogue il y a quelques mois et je l'adore!
    Autant pour l'esthétisme épuré et le choix de vos lectures! Votre challenge américain me donne pleins d'idée de lecture! Bonne continuité! :-)

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    1. Un joli titre, une très belle histoire (originale, bien amenée, avec de l'humour et de l'émotion), un style fluide. Que du bonbon!

      Et merci pour ces bons mots, Sabrina. J'apprécie.

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  2. Oh oui, le titre est très évocateur!!! Et tout ce que tu en dis me donnes envie de le découvrir! je note le titre!!

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    1. Même si c'est une lecture destiné aux ados, elle passe la rampe pour les adultes.

      Si tu as lu et apprécié l'un ou l'autre des romans que j'ai mis en bas de mon billet, tu apprécieras "Notre petite vie cernée de rêves".

      Quant à moi, ce fut une très sympathique lecture, qui m'a changée de mes romans noirs et sombres!

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  3. Où déniches-tu toutes ces belles trouvailles sirop de sirop?
    Je note!
    La couverture est fort jolie.

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    1. Suzanne, je sens qu'il te plairait fort, ce roman.

      Où je déniche mes trouvailles? C'est que je suis une insatiable fouineuse!

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  4. Oh la coquine ! A voir, s'agissant d'un livre pour ados ... mais oui en lisant ton billet j'ai pensé de suite à Harold Et Maude ;-)

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  5. Quelle belle couverture ! Elle transporte tout droit vers le titre magnifique...

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    1. Tu as bien raison, cette couverture donne envie de s'y plonger!

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