Des poches dans la poche · août 2015

jeudi, août 27, 2015


Quelques romans que j'ai aimés arrivent en format poche. Si les grands formats vous sont passés sous le nez, ça pourrait vous intéresser! Un petit copier/coller des résumés et, s'il y a lieu, le lien vers mes billets.

Quand les parents de Dell Parson, quinze ans, décident de commettre un vol de banque, celui-ci comprend qu'il doit dire adieu à jamais à son rêve de vivre une vie normale et paisible. Une amie de la famille l'aide à traverser en secret la frontière canado-américaine et le remet entre les mains d'un autre Américain en exil, Arthur Remlinger, qui sous ses airs pacifiques cache une nature d'une redoutable violence. Dell tente de retrouver son équilibre sous les ciels immenses de la Saskatchewan et de découvrir un sens à la conduite des adultes qu'il aimait et qu'il croyait connaître. Richard Ford révèle de façon magistrale la violence et le désordre moral qui se cachent sous la surface lisse du rêve américain. À travers les yeux de Dell, nous découvrons la complexité et l'ambiguïté du monde, que la culture de l'Amérique triomphante de l'après-guerre cherchait à gommer à tout prix. Le Canada, c'est pour Dell la porte vers l'autre, le lieu qui lui permet de voir son univers, qu'il croyait le seul possible et le seul véritable, selon une perspective nouvelle. Canada est un roman de la traversée des frontières et de la perte de l'innocence, sans doute un chef-d'œuvre, déjà un classique.

J'avais des attentes démesurées face à ce roman. Aussi, j'ai eu quelques réserves en tournant la dernière page. Le temps a bien fait son travail! Après mûrissement, plusieurs passages me reviennent souvent à l'esprit. Comme le bon vin, ce roman vieillit bien pour moi!


La condition pavillonnaire nous plonge dans la vie parfaite de M.-A., avec son mari et ses enfants, sa petite maison. Tout va bien et, cependant, il lui manque quelque chose. L'insatisfaction la ronge, la pousse à multiplier les exutoires: l'adultère, l'humanitaire, le yoga, ou quelques autres loisirs proposés par notre société, tous vite abandonnés. Le temps passe, rien ne change dans le ciel bleu du confort. L'héroïne est une velléitaire, une inassouvie, une Bovary… Mais pouvons-nous trouver jamais ce qui nous comble? Un roman profond, moderne, sensible et ironique sur la condition féminine, la condition humaine.

Je lis très très peu de romans français. Je ne me souviens plus pourquoi j'ai accroché sur celui-ci, mais ça a été le coup de foudre. J'écris ici: «Un roman bouleversant qui donne envie de vivre, libéré de ses chaînes, sans entraves.» Ce sera sans aucun doute le roman français que j'aurai préféré cette année. 



Un dimanche de printemps, une femme est agressée sexuellement dans une réserve indienne du Dakota du Nord. Géraldine, traumatisée, n'est pas en mesure de raconter à la police ce qui s'est passé, ni à son mari ou à son fils de treize ans, Jo. Ce dernier essaie d'aider sa mère qui s'enfonce peu à peu dans le mutisme et la solitude... Il n'aura d'autre choix que de mener sa propre enquête. Elle marquera pour lui la fin de l'innocence. Récompensé par la plus prestigieuse distinction littéraire américaine, le National Book Award, élu meilleur livre de l'année par les libraires américains, le nouveau roman de Louise Erdrich explore avec une remarquable intelligence la notion de justice à travers la voix d'un adolescent indien de treize ans.

C'est le premier roman de Louise Erdrich que j'ai lu. J'ai plongée dans cette histoire, en apnée. Du coup, je vais poursuivre la découverte de ses romans, notamment avec La malédiction des colombes, pour mon challenge 50 États en 50 romans / Dakota du Nord. 


Accueillie dans ce monde par une flopée d'injures, la petite Janie Ryan est vite projetée au milieu de cris, de fumées de cigarettes, de vapeurs d'alcool, mais aussi de beaucoup d'amour. Dans une langue saisissante et originale, elle remonte à ses premiers jours pour nous raconter sa jeunesse écossaise, de centres d'accueil en HLM minables et autres bed and breakfasts douteux… Alcool, drogue, fins de mois difficiles et beaux-pères de passage: rien ne lui est épargné. Mais, toujours prête à en découdre, Janie se débat, portée par un humour féroce et la rage de se construire une vie correspondant à ses attentes. Dans ce roman autobiographique, Kerry Hudson réussit ici l'exploit d'être à la fois drôle et triste, tendre mais jamais larmoyante. Un premier roman ébouriffant, comme son héroïne.

Une héroïne inoubliable, portée par un style enlevé. J'en parle ici. J'en connais une qui a détesté, au point de l'abandonner!



Bienvenue chez les Middlestein, une famille au bord de la crise de nerfs depuis que Edie, la mère, risque d'y passer si elle ne prend pas au sérieux ses problèmes d'obésité. Cerise sur le gâteau, le père la quitte pour découvrir à soixante ans les affres du speed dating. Une trahison impardonnable pour leur célibataire invétérée de fille, un rebondissement que voudrait bien oublier le fils en fumant son joint quotidien, si sa femme ne s'était pas mis en tête de sauver Edie à grand renfort de Pilates et de Weight Watchers, quand elle n'oblige pas leurs jumeaux à répéter leur chorégraphie hip-hop pour leur bar-mitsvah. Une question taraude toutefois les Middlestein: et s'ils étaient tous un peu responsables du sort d'Edie? Best-seller du New York Times, dans la lignée de Jonathan Franzen, un livre universel sur le mariage, la filiation et l'obsession de notre société pour la nourriture, porté par un humour aussi cinglant que désopilant et une humanité débordante.

Un roman qui m'a bien plu. Mais le «dans la lignée de Jonathan Franzen» de la quatrième de couverture m'a fait rager. N'est pas Jonathan Franzen qui veut! J'en parle ici.


Hank, Lee, Kip et Ronny ont grandi à Little Wing, bourgade agricole au coeur du Wisconsin. Arrivés à l'âge adulte, ils ont tous pris des chemins différents. Hank s'est marié avec Beth, son amour de jeunesse, et a choisi de rester cultiver les terres familiales. Kip, trader dans les matières premières, a fait fortune à Chicago. Ronny, ancien champion de rodéo, n'est plus tout à fait lui-même depuis qu'il a été terrassé par un AVC. Lee, le musicien de la bande, est devenu une star du rock indépendant. Tous quatre, où qu'ils se trouvent, restent profondément attachés à Little Wing et sa communauté – ville fictive magnifiquement évoquée – qui représentent leur seul et unique point d'ancrage. Dix ans plus tard, l'heure des retrouvailles – mais aussi des constats – a sonné. Ces quatre personnages hauts en couleur, tous plus attachants les uns que les autres, prennent la parole à tour de rôle pour partager, avec humour et tendresse, leurs espoirs et leurs doutes à ce moment clef de leur vie.

Un gros coup de coeur. J'en parle ici.

Enfin, un p'tit dernier, qui m'est passé sous le nez lorsqu'il est sorti. J'ai hâte de mettre la main dessus.

Septembre 2001. Alors que les Twin Towers viennent d'être attaquées à New York, un autre drame, plus intime, se joue à Tombstone, en Arizona. Debbie, la mère de Justin St. Germain, est retrouvée morte dans sa caravane, le corps criblé de balles. Son cinquième mari, Ray, est introuvable. Dix ans plus tard, Justin revient sur ce tragique événement, redécouvrant les paysages désolés de son enfance et ceux qui les ont peuplés, fouillant le passé pour tenter de comprendre l'inson­dable: la descente aux enfers d'une femme instable, fragile malgré les apparences, et aimante. Sa mère. Que Debbie ait été tuée à Tombstone – ville qui fut le théâtre de la fameuse fusillade d'O.K. Corral – prend alors une autre di­mension... Sans complaisance ni apitoiement, Justin St. Germain brosse le portrait d'une société qui n'est pas prête à rendre les armes. Une voix juste et percutante, tout en finesse et émotion. Un récit saisissant.

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18 commentaires

  1. Je viens d'emprunter "canada" à la bibliothèque. "Retour à little wing" était aussi un coup de coeur !

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  2. Oh ... tu m'as reconnue??!! Oui j'ai abandonné Tony Hogan mais bon j'ai pourtant essayé .. mais impossible et ce livre m'énerve toujours autant auj. J'assume ;-)

    Sinon que de bonnes nouvelles, pour Louise Erdrich, car j'adore tout ce qu'elle écrit et puis Condition Pavillonnaire que j'ai essayé de réserver à la bibli mais jamais dispo. Donc là je vais sauter dessus !
    Et Retour à Little Wing me tente aussi ...mais je vais l'emprunter.
    Sinon, j'ai réservé Son of a Gun à la bibli ! On va pouvoir faire une LC ;-)

    Enfin, j'avais aussi adoré Canada de Ford - je sais pour les avis mitigés mais bon, comme tu dis, en relisant ta chronique, tout me revient comme du bon vin et quel bouquin.

    Je pense que la rentrée en poche vaut vraiment le coup !

    PS : ça y est je t'ai approuvé et tu peux écrire sur mon blog autant que tu veux. Je viens de poster mon premier Gallmeister de la rentrée.... du bon, du très bon ;-)


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  3. J'approuve et applaudis des deux mains ! (sauf pour Canada qui m'avait laissée un peu sur ma faim, mais d'autres l'ont aimé)

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  4. "Sun of a gun" bonne idée ; j avais croisé l auteur à l une des tables rondes du dernier "Festival America" de Vincennes, bonne impression

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  5. J'en ai lu - et aimé- 4 sur 7 ! Reste à me pencher sur les autres ;-)

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  6. Jolie sélection ! j avais beaucoup aimé Canada, je crois bien que c'était le premier billet de mon blog d'ailleurs... retour à Little Wing m'avait fait passer un bon moment, sans plus..
    la condition pavillonnaire m'intrigue, tout comme Son of a Gun

    Ps: rien à voir, mais je suis toujours bluffée de ce que tu arrives à faire comme design de blog à partir de blogspot! Une belle réussite :-)

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  7. En voilà quelques uns qui me tentent bien. Et dire que la rentrée littéraire arrive!

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  8. Merci à toutes pour ces commentaires. Tout n'est pas encore au point et je ne peux répondre à chacune, comme avant. Je tente de trouver le problème. Grrrr....

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  9. M'attendent: Son of a gun, Retour à Little Wing et celui de Kerry Hudson.
    Et billets à faire de Canada et Dans le silence du vent.

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  10. Décidément, ma chère Suzanne, nous nageons dans les mêmes eaux! J'attends toujours que ma bonne fée m'envoie Son of a gun. Ça ne devrait plus trop tarder!

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  11. J'avais beaucoup aimé "Retour à Little Wings", un de mes lectures préférées de l'automne dernier, j'ai à peine commencé "Canada" mais je vais le réouvrir prochainement j'espère. Très tentée par "La condition pavillonnaire" que j'ai laissé passer l'an dernier ;o)

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  12. @ Virginie: "Retour à Little Wings" fait aussi partie de mes lectures préférées de ces derniers mois. Un auteur que je vais suivre de près. Pour "Canada", j'avais envie de l'abandonner à chaque cinquante pages! Je l'ai finalement terminé. C'est plus tard que son souvenir s'est rappelé à moi, en bien. Moi qui lis peu de romans français, j'ai été happé par "La condition pavillonnaire". J'en ai été profondément marqué. Si le pitch te tentes, fonce!

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  13. Des tentations de partout et surtout des très très bons livres ;)

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  14. Viens de finir la condition pavillonnaire: au début, je n'aimais pas du tout du tout - trop de "tu" tue le" tu"! - puis je me suis mise à aimer... de plus en plus! Comme quoi, il faut savoir persister.

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    1. J'avoue que c'est une lecture déroutante de par son style. Moi aussi, il m'a fallu un temps d'adaptation! Étonnamment, j'ai persisté. D'habitude, j'abandonne avant. Ça en valait vraiment le coup! Liras-tu son nouveau roman, qui vient de paraître?

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    2. J'ai commencé la condition pavillonnaire dans une salle d'attente... Et j'ai détesté - le livre et l'attente! Du coup, moi aussi, j'ai persisté, me disant que le contexte m'avait joué des tours. Une fois chez moi, j'étais plus concentrée, et c'est venu petit à petit, car il y a forcément des moments où l'on se sent proche de ce personnage, proche jusqu'au frisson, parfois! Je serai sans doute curieuse de découvrir son nouveau roman.

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    3. Autant j'ai adoré La condition pavillonnaire, autant je n'ai pas pu terminer, par ennui, La cote 400.
      Du coup, j'hésite à lire Quand le diable sortit de la salle de bain. Et il me reste tant de livres à lire...

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    4. Oui, je comprends, il faut faire des choix, et voilà un bon moyen de choisir. Moi aussi, j'ai du mal à suivre un auteur après une grande déception.

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