Mésaventures à Honolulu · Jack Handey

mercredi, septembre 09, 2015


Les romans hawaïens sont rares. Je me demande bien pourquoi. Dans le cadre de mon challenge 50 États en 50 romans, j'avais noté, pour cet État, Les descendants de Kaui Hart Hemmings. Lu il y a quelques années et n'ayant pas envie de le relire, je cherchais un autre titre pour le remplacer.

Mésaventures à Honolulu… Quand j'ai vu Honolulu dans le titre, je n'ai pas hésité. Ni une ni deux, j'ai embarqué le roman. Après la lecture de Illska, j'avais envie d'un peu de légèreté. L'objet est joli, affriolant et coloré. J'ai ouvert le roman de Jack Handey bien disposée. Je m'attendais à un texte truculent, jubilatoire, hilarant. Je m'attendais à ce que ce livre alimente mon larynx d'un rire compulsif. Eh ben, pas du tout.

Jack et son comparse Don mettent la main sur une mystérieuse carte sur laquelle figure la cachette d'un singe d'or enfoui dans la jungle hawaïenne. Les deux compères débarquent à Honolulu. Et c'est parti pour tous les clichés de ce type de roman des mers du Sud: la jungle, les indigènes, l'alcool, les femmes, les pirates et les chemises à fleurs. Jack et Don doivent faire face aux innombrables dangers de la jungle: le diabolique docteur Ponzari, les féroces hommes-tortues, des membres de la tribu des Patangis, des fléchettes empoisonnées, des peaux de banane et des pirates.


Honolulu, le paradis des mers du Sud? Pas sous la plume de Jack Hardey. L'endroit se révèle hostile, répugnant et nauséabond. On est à mille lieux des idées préconçues d'un paradis exotique.

Refusant de recourir aux ressorts habituels du roman d'aventures, Jack Handey opte plutôt pour une avalanche de scènes absurdes, une succession de courts chapitres, une cascade de gags: les actes manqués, les mauvaises décisions et les hasards les plus improbables sont les moteurs de l'action. Au final, l'intrigue se révèle aussi mince qu'une feuille de papier trouée.

J'adore l'humour absurde, le non-sens. C'est un art subtil, qu'il faut savoir bien doser. Et dans le cadre d'un roman, c'est d'autant plus ardu et délicat. Mésaventures à Honolulu m'est apparu comme un roman sans queue ni tête parsemé d'invraisemblances.

Jack Handey est un humoriste américain, un ancien de Saturday Night Live. Mésaventures à Honolulu est son premier roman. Le premier et le dernier que je lirai!

Un petit extrait pour conclure, avec un des passages les plus drôles!

J'avais des rêves autrefois. Je rêvais de construire le pont suspendu le plus long du monde. Et puis j'avais découvert qu'il existait déjà. Je rêvais de devenir astronaute mais on m'avait dit que je devais me former. C'est ça, allons tous nous former ! Quel monde génial ce sera ! Je rêvais de mettre fin à toutes les guerres - sauf celles entre femmes, pour que le spectacle continue. Je rêvais de devenir inventeur. Mais les pouvoirs en place avaient décrété que le monde n'avait pas besoin du canoë en carton qu'on peut abandonner dans l'eau lorsqu'on est trop paresseux pour le tirer sur la terre ferme après avoir canoté une heure ou deux. Je m'étais aussi rêvé un destin de naturaliste avant de découvrir que ce n'était pas ce que j'avais cru. Les naturalistes portent des vêtements. Je rêvais de fonder une grande famille. Chaque nuit les enfants se seraient réunis dans le salon et auraient joué de leurs instruments de musique. Et je leur aurais dis lequel était le meilleur et lequel était le pire. J'avais même rêvé de fabriquer un robot géant qui aurait conquis le monde. Et pour ne pas contrarier les gens, je l'aurais fait marcher à l'énergie solaire. Un à un, mes rêves s'étaient fracassés sur le mur de la réalité comme des noix de coco impuissantes.

Mésaventures à Honolulu, Jack Handey, Seuil, 224 pages, 2015.

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17 commentaires

  1. J'ai aussi eu du mal à trouver un roman pour cet état. J'ai croisé celui-là lors de mes recherches et ce que j'en ai lu m'a dissuadée. J'en suis contente en te lisant. J'ai choisi Christopher Moore, pas sûr que ça me convienne car ce que j'ai lu de lui jusqu'à présent ne m'a pas convaincue de son humour...

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    1. J'avais hésité avec Christopher Moore... Et puis, voilà le résultat! Je suis seulement contente que le roman pour État soit derrière moi! Je vais passer à d'autres beaucoup plus intéressants!

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  2. ah bah mince parce que un roman hawaïen cela m'aurait bien tenté !

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    1. J'allais te conseiller de lire "Les descendants" de Kaui Hart Hemmings. Mais commençant à connaître tes goûts... Il n'y aura pas de roman hawaïen pour toi de sitôt!

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    1. N'est-ce pas?! C'est tout de même étonnant - dommage - qu'il y ait si peu de romans hawaïens. Un si bel État devrait en inspirer plus d'un, il me semble.

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  4. L'absurde c'est un quitte ou double avec moi. Je me régale parfois (notamment avec certains auteurs anglais comme W.E Bowman) mais il arrive aussi que ça me tombe littéralement des mains.

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    1. Tout à fait d'accord avec toi, Jérôme. C'est quitte ou double. Et les Anglais sont à mon avis les meilleurs de ce côté.

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  5. Je ne connaissais pas du tout mais ça donne bien envie.

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    1. Bon courage!!! Sans blague: plusieurs sur la blogo ont aimé. Et l'objet est sublime: beau format, beau papier, belle couverture, et ces petites illustrations... Tout à fait charmant. Mais le contenu n'était simplement pas pour moi.

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  6. oh pas vu ce billet ! J'étais à la mer toute la journée hier et en allumant mon ordi ce midi, j'ai trouvé ton dernier billet - tu tires plus vite que ton ombre ma belle! Je rigole car la queue de mon chien est posée sur le A et le Q de mon clavier donc un challenge de t'écrire !

    Désolée ma belle pour ton challenge, par contre je vais virer les Descendants et mettre Moore à la place, car moi j'adore Moore et son délirium intense ! En tout cas, tu l'as fini et tu en fais une critique bien détaillée (et elle est mimi la petite danseuse...)

    Il fait 27 à l'ombre aujourd'hui alors je file profiter du soleil dans un parc, enfin après la sieste de mon chien. Bonne journée !

    Il va falloir que je fasse une mise à jour de mon challenge.

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    1. Tu m'avais manqué, toi!
      Si tu fais des fautes à cause de la queue de ta saucisse, tu es toute pardonnée!
      Je te souhaite une bonne lecture avec le Moore. Tu ne manqueras rien! Mauvais choix pour moi! La p'tite danseuse vient tout droit d'Hawaï! Un cadeau ramené par ma maman pour ma sauterelle. Je lui ai piqué pour les besoins de la cause!
      Moi aussi, un nouvel update de mon challenge se prépare, avec quelques changements (la faute à la rentrée littéraire).
      N'oublie pas la crème solaire!

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  7. Il est dans ma PAL, je sens que je vais bien rire en fait ^^

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    1. Je te le souhaite. J'ai bien hâte de lire ton billet!

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  8. Juste la couverture me donne envie de m'enfuir en courant... Pas sûr que j'aurais envie de le lire, surtout après ce que tu en dis!

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    1. Même pas la peine de t'arrêter, Gab! Ce roman n'est pas pour toi! Avoir su...

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  9. Moi j'ai adoré. En même temps, c'est normal, je suis le traducteur! Et c'est aussi moi qui ai traduit La croisière des poissons parlants de W. E. Bowman.

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