Son of a gun · Justin St. Germain

mardi, octobre 20, 2015


En septembre 2001, à Tombstone, une petite ville de l'Arizona, une femme de quarante-quatre ans est retrouvée criblé de balles dans sa caravane. La victime était la mère de l'auteur, Justin St. Germain. Ce livre raconte son histoire  et celle de sa mère.

Dix  jours après l'attaque des tours jumelles du World Trade Center, alors que l'Amérique est encore ébranlée, Justin St. Germain, étudiant à Tucson, apprend par son frère Josh que leur mère a été assassinée. Ray, son cinquième mari, a pris la fuite. Il est retrouvé mort dans son pick-up, quelques mois après le meurtre.

Pour le fils de vingt ans, cette tragédie marque un tournant entre son monde d'avant et celui d'après. Dix  années seront nécessaires à Justin pour mettre des mots sur cette tragédie. Il a remonté à la source des événements, revisité les paysages de son enfance et déterré le passé pour essayer de comprendre l'inson­dable, pour que ce meurtre ne tombe pas dans l'oubli. Il confronte les gens de son passé et plonge dans les dossiers de la police pour donner un sens à la vie et à la la mort de sa mère, cette ancienne parachutiste de l'armée, femme instable et fragile. Une mère célibataire qui tirait le diable par la queue pour élever ses deux fils – malgré les coups du sort, elle ne les a jamais délaissés et leur a prodigué tout l'amour dont elle était capable. Par hantise de la solitude, elle collectionnait les amants de passage. Et Justin a vu défilé une brochette de beaux-pères peu recommandables. Il raconte les phases par lesquelles il est passé avant de faire son deuil: le douleur et la peine, la colère et l'incompréhension, le questionnement et l'écriture.

Les années ont passé. Justin s'est fait une autre vie à San Francisco, où il enseigne. Il mène une vie qui aurait rempli sa mère de fierté. Après tout ce temps, il dort encore avec un Beretta chargé sous son lit...


Au-delà du portrait familial, Justin St. Germain offre un document édifiant sur l'Amérique rurale contemporaine. La pauvreté, les vies de misère, les drames familiaux, la violence: il dépeint avec justesse une des faces les moins reluisantes de ces petites villes du Sud. En dressant le portrait d'une société qui n'est pas prête à rendre les armes, il pourfend l'obsession des Américains pour les armes à feu. Sans se complaire ni s'apitoyer, Justin St. Germain livre un récit courageux, d'une grand honnêteté.

Son of a gun, Justin St. Germain, Presses de la cité, 324 pages, 2014.

Son of a gun vient tout juste de paraître en poche, chez 10-18. 

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14 commentaires

  1. J'ai vu qu'il était sorti en poche. Je pense me le prendre pour les vacances, histoire d'être édifiée...

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    1. Dis-donc, tu lis du lourd, toi, pendant les vacances! Je ne te jette pas la pierre, je fais pareil!

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  2. Cela peut m'intéresser (l'Arzona, les USA, tout ça...)

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    1. Mouais... Mais pour bien sentir les États-Unis, il y a mieux!

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  3. J'ai vraiment plongé dans ce document, et l'ai trouvé solide, bien documenté, et pas dénué d'émotion... Bref, très réussi !

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    1. Je suis curieuse de te lire. Je vais aller voir si je trouve ton billet!

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  4. je l'avais repéré à sa sortie (le titre m'avait marquée, car c'est le titre d'une chanson de Nirvana) mais pas encore eu l'opportunité de le lire...

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    1. Le titre d'une chanson de Nirvana? Tu me l'apprends.

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  5. S'il est sorti en poche, je risque de craquer !

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    1. Oh! Mais c'est déjà, fait! Avec une très belle couverture de l'auteur, quand il était gamin, en plus.
      C'est chez 10-18!

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  6. Je viens de lire en diagonale ton billet car je suis en train justement de ''pondre'' le mien sur cette lecture. On s'en reparle.

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  7. Réponses
    1. Pas faux. Davis Vann a écrit "Dernier jour sur terre", qui nage dans les mêmes eaux. J'ai préféré, et de loin.

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