Le revenant · Michael Punke

samedi, novembre 28, 2015


C'est la première fois que ça m'arrive: j'ai décidé de lire Le revenant après avoir vu la bande-annonce du film qui sortira au début 2016, avec Leonardo DiCaprio dans le rôle titre. C'est rare, mais pour une fois, je sens que le film sera plus inspirant que le roman.

Tandis qu'une première expédition a été attaquée par une tribu indienne, la Rocky Mountain Fur Company engage une poignée d'hommes dans une nouvelle tentative pour étendre son commerce vers l'Ouest en implantant un fort à Fort Union. Parmi l'équipée, le trappeur Hugh Glass. Quelques jours après le départ, alors qu'il chassait près de la rivière Missouri, il est attaqué par un grizzli. Défiguré, la gorge et l'abdomen déchirés par les coups de griffes de l'animal, il est en piteuse état. Alors que le reste de l'équipe poursuit son chemin, Fitzgerald et Bridger se portent volontaires: ils veilleront Glass jusqu'à sa mort et l'enterreront. Les plans changent. Fitzgerald et Bridger disparaissent à leur tour dans les bois, abandonnant leur compagnon agonisant à son sort.

Contre toute attente, Glass reprend connaissance. Il est seul en territoire indien, sans arme, sans nourriture. Incapable de se déplacer, souffrant le martyre, déshydraté, délirant, il s'accroche à la vie comme un damné, avec une obsession: traquer ceux qui l'ont abandonné. Commence alors le récit d'un homme prêt à tous les sacrifices pour se venger.

Un roman rude et violent, qui se lit vite et bien, même si le style n'a rien de révolutionnaire. Michael Punke arrive à donner un souffle épique à son histoire, surtout lorsque Glass est seul, blessé et sans ressources, à la merci de la nature et des méchants Indiens.

Le revenant est tiré d'une histoire vraie. Très bien! Mais j'ai peine à croire qu'un homme affaibli puisse disputer une carcasse de bison à une bande de loups affamés. Qu'un homme arrive à faire du feu, en plein vent, avec quelques brindilles humides et un peu d'amadou. Qu'un homme parvienne à se lier d'amitié avec des Sioux qui n'ont jamais vu d'hommes blancs. Qu'un homme rampe pendant plusieurs centaines de kilomètres, le ventre vide. J'ai fini par m'ennuyer ferme devant tant d'invraisemblances. Michael Punke s'est très bien documenté, ça se sent. Mais pour le côté fictif, je trouve qu'il y est allé un peu fort. Si le suspense demeure omniprésent, les redondances sont fréquentes: l'impression de traverser les mêmes paysages, d'entendre les mêmes sons, de sentir les mêmes odeurs. Tout ça pour dire que je courrai voir le film!


Le revenant, Michael Punke, Presses de la cité, 360 pages, 2014.

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14 commentaires

  1. Euh... très moyennement tentée, en fait ;-)

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    1. Tu peux passer ton tour sans hésiter! Facile de lire mieux!

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  2. Alors que moi je suis très tentée! Le livre était déjà sur ma liste et j'ai toujours très envie de le lire. Je vais d'ailleurs le commander, et j'ai hâte de voir le film!
    Comme quoi même un avis négatif peut donner envie!

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    1. Super! En v'la une courageuse. Pour une «fille des bois», j'ai très hâte de connaître tes impressions. Surtout sur le côté de la vraisemblance... ou plutôt de l'invraisemblance!

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    2. Bon, ben moi je suis masochiste, je viens de le commander ;) Il est déjà expédié! Lecture probablement début janvier ou fin décembre :) Je t'en reparlerai! Je suis très très curieuse ;)

      (Et puis contrairement à tout le monde ici, j'adore la tête d'illuminé de Léo dans la bande annonce! :D Masochiste je disais - et probablement un peu cinglée aussi... ;) )

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    3. Je suis sûrement aussi masochiste et cinglée que toi! Mais là, la coupe était pleine devant tant d'invraisemblances. La description des grands espaces étaient toutefois sublime. Pour l'atmosphère, je n'ai aucun reproche.
      J'ai très hâte de savoir ce que tu vas en penser...

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    4. Je suis en train de le lire ;)

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    5. J'espère que tu l'apprécieras plus que moi!
      Le film me tente en maudit, par exemple!

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    6. Jusqu'à maintenant ça va mais je ne suis pas loin! Je compte voir aussi le film, il est vraiment tentant!

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  3. Heu !!! Un peu "too much" la tête de Léonardo, non ? le souffle épique, soit, mais pour ce titre, je te suis, il faut quand même savoir raison garder ...

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    1. N'est-ce pas... À vrai dire, tout est un peu trop "too much" de ce côté-ci!

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  4. Oh pas eu le temps hier d'aller faire un tour par chez toi, et quel cadeau : Leo tout défiguré ! Bon, apparemment tu émets pas mal de bémols à ta lecture, les redondances (un défaut que j'ai du mal à supporter sauf si ça apporte quelque chose au roman), et des invraisemblances comme ramper sur des "centaines" de kilomètres .. Je reste sur mes gardes. Je te trouve en tout cas très courageuse de lire ce livre qui ne me tente pas du tout ce coup-ci ! Ouf, un de moins dans ma très très longue liste d'envies !

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    1. C'est bien, ça! Tu seras tranquille cette semaine en venant ici. Tout pour alourdir ton porte-monnaie, et rien pour le vider. Mais tu ne perds rien pour attendre!

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  5. Un véritable souffle épique ? Voilà qui me tente.

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