Le samedi, c'est jeunesse!

mercredi, décembre 02, 2015
























Le Lièvre et La tortue, cette célèbre fable de La Fontaine, prend un coup de jeune avec l'adaptation d'Alison Murray.

Lièvre et Tortue décident de faire une course. Mais avant, une présentation des candidats s'impose.



Lièvre ne tient pas en place, il est comme monté sur des ressorts. Il peut «courir à travers les plus hautes herbes. Contourner rivières et étangs en un clin d'œil. Foncer à travers les prairies embrumées». Et lorsqu'une carotte apparaît devant lui, impossible d'y résister (un petit détail qui prendra toute son importance dans le dénouement de l'histoire).

Tortue, elle, est calme et posée. Elle «peut rester immobile pendant TRÈS longtemps». Aussi, entre un rocher et elle, difficile de faire la différence. La pauvre n'a aucun talent particulier, si ce n'est sa persévérance.

Et maintenant, que la course commence! Coq donne le coup de départ: Co-co-ri-GO! Lièvre part sur les chapeaux de roues. Tortue avance à pas de tortue, faisant son petit bonhomme de chemin, faisant des efforts comme pas une.

Avant d'atteindre la ligne d'arrivée, Lièvre bondit de page en page, batifole dans le champ de carottes. Sa gourmandise sera sa perte. Tortue, elle, progresse une patte à la fois.


Alison Murray a su dépoussiérer ce classique en proposant une histoire drôle et espiègle. À la différence de la fable de La Fontaine, Tortue ne cherche pas à triompher, et les deux concurrents partagent, pour finir, le carré de salades, récompense des coureurs. 

Le graphisme, la mise en page et la typographie sont superbes, d'un dynamisme fou. La fin, inattendue, donne toute sa saveur à ce magnifique album tonique et plein d'humour. Voilà une belle façon d'introduire des classiques à hauteur d'enfance. En complément, la fable de La Fontaine en fin d'album.

Lièvre et tortue, Alison Murray, Gründ, 36 pages, 2015.      À partir de 4 ans.

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4 commentaires

  1. Bon ma fille est encore trop petite mais je le note pour plus tard.

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    1. Tient, une petite nouvelle chez moi? Bienvenue!
      De mon côté, ce n'est que maintenant que je découvre ton blogue!
      Que j'aime ces découvertes!

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  2. Une question : elle change la fin ? La Fable est là donc l'enfant peut apprendre la vraie fin mais est-ce qu'ils modifient encore la fin ? Désolée, mais je n'aime pas les histoires "revisitées".
    Les enfants ont besoin d'histoires tristes (la mort de la maman de Bambi), effrayantes (le petit chaperon rouge) pour grandir or j'ai noté que récemment on entre dans une période où tout est édulcoré, minimisé comme si on vivait au pays des Bisounours !

    Bref, sinon j'aime beaucoup le dessin et la présentation des deux protagonistes et l'idée de partager le champ de carottes, pas de souci !
    Enfin, pour avoir eu une tortue, elles sont en fait assez rapides ! Elle venait nous pincer les chevilles et nous poursuivait à une vitesse ;-)

    Mes chats en avaient la trouille ;-)

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    1. mdr... J'ai l'image de ta tortue qui vous pinçait les chevilles, et qui filait, filait...

      Tout à fait d'accord avec toi que les p'tits loups ont besoin d'histoires tristes et effrayantes pour bien grandir. Je n'ai toutefois pas l'impression que nous sommes dans une période où «tout est édulcoré, minimisé comme si on vivait au pays des Bisounours !» Ça ne date pas d'hier, ça. On pourrait en parler longtemps!

      En cherchant, on trouve de tout, tant de l'édulcoré que du terrifiant. Il revient aux grands de choisir ce qu'ils veulent offrir aux enfants. Quant à moi, j'aime beaucoup les contes «revisités» dans la mesure où ils sont lus en parallèle avec les vrais contes. Histoire de comparer et d'ouvrir la discussion.

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