Rentrée littéraire · hiver 2016 · repérage

dimanche, décembre 27, 2015


C’est la première fois que ça m'arrive: j'ai terminé la lecture de tous les romans que je voulais lire parus depuis le mois d'août 2015. J'ai été chanceuse que le bilan soit si riche en coups de cœur. Maintenant, place à ma rentrée d'hiver! Faut croire que je deviens de plus en plus sélective, puisque je ne retiens, au final, que dix romans. Mais ceux là, je veux à tout prix les lire. Je laisse les quatrièmes de couverture faire leur travail de tentation.


MES INCONTOURNABLES

LE CHANT DE LA TAMASSEE – RON RASH - SEUIL

La mort par noyade de la jeune Ruth Kowalsky, âgée de 12 ans, dans la Tamassee, une rivière de Caroline du Sud, provoque des affrontements entre des écologistes et le père de l'adolescente, un banquier influent qui obtenu la construction d'un barrage contre l'avis des locaux. Ce fait divers prend une ampleur nationale et déchaîne l'opinion.


L'ÉTOILE D’ARGENT – JEANNETTE WALLS – ROBERT LAFFONT

1970, dans une petite ville perdue de Californie. «Bean» Holladay a douze ans et sa soeur, Liz, quinze, quand leur artiste de mère, Charlotte, prend sa voiture et disparaît: elle a besoin de temps, d'espace, pour «chercher la magie en toute chose» et pour se trouver elle-même. Ce n'est pas la première fois qu'elle s'en va – mais «elle revient toujours», se disent les deux gamines. Seulement, l'argent vient bientôt à manquer et, alertés par quelque voisin, des agents des services sociaux se mettent à rôder autour de la maison. Bean et Liz n'ont guère le choix: il leur faut prendre un bus pour Byler, Virginie, aller trouver refuge chez cet oncle Tinsley dont elles ont un vague et lointain souvenir. Jeannette Walls signe ici un livre tour à tour amusant et émouvant, toujours juste, sur des thèmes qui lui sont chers: les abus de pouvoir des adultes, la capacité de résilience des enfants confrontés à l'abandon, aux familles instables, aux parents irresponsables et à des situations qui leur échappent.


LE PIQUE-NIQUE DES ORPHELINS – LOUISE ERDRICH – ALBIN MICHEL

La dernière chose que Mary et Karl entrevoient de leur mère, c'est la flamme de ses cheveux roux émergeant du biplan qui l'emporte pour toujours aux côtés d'un pilote acrobate... Devenus orphelins, les enfants montent dans un train de marchandises afin de trouver refuge chez leur tante, dans le Dakota du Nord. Ainsi commence, en 1932, une chronique familiale qui s'étend sur plus de quarante ans, et fait vivre toute une galerie de personnages hors du commun en proie aux paradoxes de l'amour. Cette nouvelle traduction du deuxième roman de Louise Erdrich, paru aux États-Unis en 1986, permet de (re)découvrir l'un de ses plus beaux livres, qui préfigure déjà la puissance et la beauté d'une des œuvres les plus singulières de la littérature américaine.


LE PREMIER MÉCHANT  MIRANDA JULY  FLAMMARION

Cheryl est une quadragénaire un peu dérangée, membre d'une association d'autodéfense pour les femmes. Elle est hantée par le souvenir d'un bébé rencontré à l'âge de six ans et obsédée par Philippe dont elle est persuadée qu'il est son amant. Ses patrons lui demandent d'héberger leur fille Clee, 20 ans, belle et cruelle, qui, à force de persécutions, transforme paradoxalement sa vie.


RETOUR À OAKPINE – RON CARLSON - GALLMEISTER

La petite ville d'Oakpine, au coeur des magnifiques paysages du Wyoming, offre une vie paisible à ses habitants. Et c'est à cela qu'aspire Jimmy, 50 ans, atteint du sida. Devenu un écrivain renommé à New York, il souhaite désormais retrouver sa ville natale pour y passer les derniers mois de sa vie, et renouer avec ses parents. Il découvre que le destin vient de réunir à Oakpine ses trois meilleurs amis d’enfance: Craig, Frank et Mason. Chacun a fait son chemin, construit une vie, mais tous se trouvent aujourd'hui à un tournant de leur existence. Petit à petit, au gré de ces retrouvailles, les quatre hommes vont se rendre compte que leur amitié est la meilleure arme pour effacer les fantômes du passé et affronter les obstacles du présent. Avec pour décor des images lumineuses et émouvantes de l'Ouest américain, Ron Carlson dépeint toute l'humanité de ses personnages et offre un portrait bouleversant de l'amitié, dans un nouveau roman qui confirme son infini talent à sonder les âmes. 


PLACE AUX ANIMAUX – PARLANTS OU NON!

LA DOULEUR PORTE UN COSTUMES DE PLUMES – MAX PORTER – SEUIL

Une mère meurt. Elle laisse derrière elle deux petits garçons et leur père terrassés par le chagrin. Un soir, on frappe à la porte de leur appartement londonien. Surgit alors un étrange personnage: un corbeau, doué non seulement de parole mais d'une verve enfiévrée, d'un aplomb surprenant et d'un sens de l’humour ravageur. Qu'il soit chimère ou bien réel, cet oiseau de malheur s'est donné une mission auprès des trois âmes en péril. Il sera leur confident, baby-sitter, analyste, compagnon de jeu et d'écriture, l'ange gardien et le pitre de service — et il les accompagnera jusqu'à ce que la blessure de la perte, à défaut de se refermer, guérisse assez pour que la soif de vivre reprenne le dessus. Bouleversante, hilarante, audacieuse et unique, cette fable moderne est un bijou littéraire qui nous rappelle ceci: ce sont les pouvoirs de l'imaginaire et la force des mots qui nous tiennent en vie.


L'OURS – CLAIRE CAMERON – KERO

Anna, cinq ans, et son petit frère Stick campent avec leurs parents dans un parc naturel sauvage lorsqu'ils sont surpris en pleine nuit par ce que la petite fille confond avec un gros chien. Le lendemain, Anna découvre qu'elle et Stick sont désormais seuls, et que c'est à elle, la «grande», qu'il incombe de protéger son frère. Débute alors pour les deux enfants isolés une dangereuse errance… Les mots d'une petite fille essayant de donner un sens à un monde soudainement devenu hostile confèrent à ce roman une puissance toute particulière. Entre Into the Wild et Room, un vrai tour de force.


ET QUELQUES CURIOSITÉS...

MEURTRES À WILLOW POND – NED CRABB – GALLMEISTER

Sur les rives d'un petit lac du Maine, Alicia et Six Godwin coulent une existence paisible, entre la librairie qu'ils ont créée et leur passion commune pour la pêche. Jusqu'au jour où ils décident de passer le week-end dans le luxueux lodge que leur richissime cousine, Iphigene Seldon, dirige d'une main de fer. Âgée de 77 ans et dotée d'un caractère bien trempé, la vieille femme a justement convoqué ce même week-end ses nombreux héritiers pour leur annoncer qu'elle modifie son testament. Au lodge, l'atmosphère devient électrique. Et tandis qu'un orage d'une extrême violence se prépare, tous les membres de la famille se laissent envahir par des envies de meurtre. Débordant d'un humour féroce, Meurtres à Willow Pond combine intrigue sans failles et rythme haletant. Ned Crabb mène le lecteur en bateau jusqu'à la dernière page, à la manière d'une Agatha Christie qui aurait appris à pêcher à la mouche, un verre de bourbon à portée de main.


LE LIVRE D'ARON – JIM SHEPARD – DE L'OLIVIER

«Aron, c'est le nom que mes parents m'ont donné, mais mon père dit qu'ils auraient mieux fait de m'appeler "Dans quoi tu t’es encore fourré".» Aron a huit ans lorsqu'il se retrouve enfermé, avec toute sa famille, dans le ghetto de Varsovie. Pour ce petit garçon pauvre, habitué à se faire corriger, le ghetto est un autre terrain de jeux, nouveau et excitant. Mais très vite, l'horreur s'installe au coeur de la vie de tous les jours. La faim, le typhus font rage. Comment survivre? Aron fait l'apprentissage du vol et du mensonge. Il découvre, mêlés l'un à l'autre, le sens de l'héroïsme et le goût de la trahison. Et rencontre l'homme qui va décider de son sort: le directeur de l'orphelinat, Janusz Korczak. Désormais, Aron a une mission. Saura-t-il se montrer à la hauteur de ce que l'on attend de lui?


LES BRASSEURS DE LA VILLE – PHILIPPE REY

Port-au-Prince. Une famille négocie sa survie au jour le jour: il est maître pelle sur un chantier; elle est repasseuse chez les messieurs célibataires du quartier, n'hésitant pas à se donner à eux car sinon «la chaudière ne monterait pas le feu». Cinq enfants. Leur fille aînée, Babette, adolescente, est leur seul espoir: elle a son brevet, et sa beauté leur offrira un gendre riche. Sa mère la rêve en Shakira. Un certain M. Erickson se présente un jour, bien plus âgé qu'elle, généreux pour la famille qu'il installe dans une confortable maison. Mais qui est-il réellement, cet homme mystérieux aux trois maîtresses, vivant dans le luxe, entouré de gardes du corps? Pourquoi métamorphose-t-il Babette en blonde au point que le quartier la nomme dorénavant la Barbie d'Erickson? Sa mère constate, désolée: «Ma fille n'est plus ma fille». En «putanisant» Babette, ses parents semblent s'être engagés sur une voie aux multiples périls, dont ils pressentent avec effroi qu'elle est sans retour. Dans Les brasseurs de la ville, épopée à travers les quartiers pauvres de Port-au-Prince, chaque personnage invente ses propres pas pour danser avec sa croix. Evains Wêche signe un talentueux premier roman qui met en lumière la lutte du peuple haïtien contre la déchéance et la mort, un peuple qui brasse la ville entre les bruits et les fureurs où s'entremêlent des histoires de courage, d'amour et de folie.
Il reste la rentrée québécoise à éplucher. Je vais assurément y trouver quelques bonnes pioches dans le lot. Je tâcherai de me limiter à trois. À suivre…
De votre côté, y a-t-il des romans à venir qui vous font particulièrement envie?

Vous pourriez aussi aimer

30 commentaires

  1. De belles lectures en perspective! J'avais repéré L'étoile d'argent... Je n'ai pas encore fait mon magasinage... il faut dire que je suis en retard de deux saisons dans mes livres!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je craque pour "L'étoile d'argent" de Jeannette Walls, parce que j'ai eu un coup de coeur pour "Le château de verre". Tu l'as lu?
      La rentrée québécoise, pour ce que j'en au vu jusqu'à maintenant, est assez prometteuse.
      En retard de deux saisons?! C'est beaucoup! Il faut dire que ta boîte aux lettres débordent souvent!

      Supprimer
  2. Je pensais à préparer un billet équivalent sur mes envies de la rentrée littéraire mais tu me doubles et tu m'a permis d'en repérer déjà au moins 4 !
    Bonne pioche, je note que plusieurs romans concernent des enfants se retrouvant seuls pour affronter le monde, un choix délibéré ou ton inconscient qui s'exprime ???

    Bon, je prépare le mien... Peut-être vais-je arriver à te donner quelques envies ??

    Bon repos ! Le mien se termine ce soir, mais semaine calme au bureau et vendredi, c'est encore férié ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu te doutes bien que j'attends de lire un billet semblable chez toi. J'aurai assurément des ajouts à faire après!
      Les enfants se retrouvant seuls pour affronter le monde = un choix délibéré. Ça me captive toujours de voir comment ils arrivent à s'en sortir!
      Moi, encore sept jours de congé. J'en savoure chaque instant avant le retour au boulot qui me fera sans doute défriser! D'ici fin mars, ce ne sera pas de tout repos...
      Bonne semaine!

      Supprimer
    2. Les enfants qui se retrouvent tout seuls, ça me rappelle la série des "Enfants Tillerman" de Cynthia Voigt que j'avais dévorée quand j'étais gamine ... Et que j'ai toujours plaisir à relire !

      Supprimer
    3. Eva, tu me rappelles d'excellents souvenirs, avec cette série. J'avais adoré. Peut-être que ma piqure pour cette «thématique» vient de là!

      Supprimer
  3. Même si je suis rarement les rentrées littéraires, j'aime y retrouver des auteurs que j'adore déjà.

    Ron Rash est un auteur que j'aime d'amour et que je conseille beaucoup. Je n'ai pas tout lu encore, et je vais remédier à ça en 2016. J'ai déjà son petit nouveau à paraître sur ma liste ;)

    Sinon je note L'ours, que je ne connaissais pas. Ça l'air bien quand même!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. De Ron Rash, je n'ai lu que son recueil de nouvelles "Incandescences". Un immense coup de coeur. Après cette lecture, j'ai décidé de tout lire. Mis à part "Serena", tous ses romans m'attendent. Je vais les déguster en 2016.
      Ma sauterelle et moi sommes en train de se bourrer la face de barres tendres sans cuisson. Excellente recette. MERCI!

      Supprimer
    2. Ravie que ça vous plaise! :D Bonne dégustation Marie!

      Supprimer
    3. se bourrer la face de barres tendres sans cuisson ? du Québécois pour moi !

      Supprimer
    4. À comprendre et à goûter! Toi, va voir mon commentaire sur le recueil "Les lumières de Central Park"!...

      Supprimer
  4. J'ai encore des dizaines de romans de Septembre qui me font de l'oeil donc je vais essayer d'être raisonnable en Janvier mais je vais me précipiter sur la suite de L'Amie Prodigieuse d'Elena Ferrante, Le Nouveau Nom...
    Dans ta liste je lirai très certainement le Ron Rash et il serait êgalement temps que je découvre Louise Erdrich !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai commandé "L'Amie Prodigieuse" d'Elena Ferrante grâce à toi. Si, comme je le pense, ça me plaît, je vais enchaîner avec "Le nouveau nom".
      De Louise Erdrich, je n'ai lu que "Dans le silence du vent". Et quelle lecture! Le résumé de son nouveau roman m'intrigue beaucoup. Après quoi, je me laisserai tenter par "La malédiction des colombes" et "Love medecine".

      Supprimer
    2. Love Medicine très bon souvenir ! Ces romans sont aussi dans ma liste d'envies .. je n'ai pas encore terminé mon tour des maisons d'éditions mais mon billet arrivera la semaine prochaine !

      Supprimer
    3. J'ai hâte de le voir, ce billet. Je le crains un peu aussi! Je devrai faire des choix. Grossir ma PAL ou économiser pour les billets d'avion!

      Supprimer
    4. J'ai hâte de le voir, ce billet. Je le crains un peu aussi! Je devrai faire des choix. Grossir ma PAL ou économiser pour les billets d'avion!

      Supprimer
  5. De belles sortie en perspectives ! je note les 2 Galmeister et l'Ours ( je ne connais pas la maison d'édition )

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une inconditionnelle de Gallmeister?! Une de plus?!
      J'avais entendu grand bien du roman de Claire Cameron, lorsqu'il est paru en anglais. J'attendais avec impatience sa traduction. Voilà chose faite. Très hâte de mettre le nez dedans.

      Supprimer
  6. Rash et Carlson, forcément (j'ai lu ceux déjà parus...)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as de l'avance sur moi... Je n'ai pas encore tout lu d'eux, mais ça ne saurait tarder!

      Supprimer
  7. Je suis très tentée par le livre d'Aron. Je le retiens sur ma liste. Bon, y'a quoi après Noël? La Saint Valentin!!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis contente que tu le soulignes. Très intriguant, ce Livre d'Aron...
      Après Noël? La Saint Valentin!!! Tu nous prépares un bel album?

      Supprimer
  8. J'attends le second roman de Julie Kerninon ( éditions le Rourgue) car elle m'avait bluffée avec son premier roman.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu veux parler de "Buvard"? Si oui, ce roman m'intrigue beaucoup... Tu attends "Le dernier amour d'Attila Kiss"?

      Supprimer
  9. Je suis en train de finir Louise Erdrcih. Pour un second roman, c'est vraiment excellent !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu termines "Le pique-nique des orphelins"? Il n'arrivera pas par ici avant février.
      J'ignorais que c'était son deuxième roman. Et que tu le trouves «vraiment excellent» me donne d'autant plus hâte de le lire...

      Supprimer
    2. Oui il est paru en 1986 et là, c'est une nouvelle traduction.

      Supprimer
    3. Merci du renseignement, Jérôme. C'est certain qu'il passera entre mes mains!

      Supprimer
  10. On a presque les mêmes haha ! La littérature américaine en force !! ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. N'est-ce pas?
      Et avec, en plus, le challenge Gallmeister, ce sera la littérature américaine à fond de train!

      Supprimer

· J'aime m'y promener ·

· visites ·