Qu'est-ce que ça mange en hiver?

vendredi, février 05, 2016


J'en parle-ti? J'en parle-ti pas? J'ai hésité, craignant de donner l'impression de vouloir faire de la pub. Ce n'est pas le cas. (De toute façon, cette collection n'a pas besoin de moi pour faire son p'tit bonhomme de chemin.) Les livrets de lecture Alphabétik, sur lesquels j'ai travaillé, sont parus récemment et j'en suis fière! Si j'en parle, c'est surtout pour aborder une facette du métier de «faiseur de livres».

Certains, sachant que je travaille dans le milieu de l'édition scolaire, se demandent ce que je fais, concrètement. J'espère élucider une partie de la question ici! Ce petit billet vous donnera donc une idée de comment j'occupe mes journées!

Qu'est-ce que mange en hiver une chargée de projets dans une maison d'édition scolaire? La meilleure façon de définir ce rôle, selon moi, serait de dire qu'une chargée de projets assemble les pièces d'un puzzle.

Il y a la version papier.
Une chargée de projet reçoit un manuscrit de l'éditeur, réfléchit à la meilleure façon d'aménager le texte pour en assurer la lisibilité et l'harmonie, s'assure que le contenu est conforme avec le programme du Ministère, s'assure aussi que le niveau est adapté aux élèves. Pour l'aspect visuel, soit qu'elle cherche des photos ou des illustrations pour accompagner le texte, soit qu'elle passe une commande précise auprès d'un illustrateur.

Enfin, avec l'accord de l'éditrice qui approuve le tout, elle fait parvenir le manuscrit complété à un graphiste qui met en page le texte et les illustrations. De retour, elle lit la 1re épreuve, fait des corrections et des ajustements avant de présenter le travail à l'auteur. Retour chez le graphiste et réception d'une 2e épreuve, et ainsi de suite (généralement jusqu'à une 3e ou 4e épreuve). Après, c'est la vérification des «bleus», soit la version finale qui partira chez l'imprimeur. Après le ok final, il n'y a plus de retour en arrière possible! Grosso modo, ça ressemble à ça.

Il y a la version numérique.
Si la procédure de réception, de recherche et d'allers et retours est sensiblement la même qu'avec la version papier, il y a une grande différence au niveau du comportement. Le plus important, ici, est de rendre le tout le plus instinctif possible.   

J'ai travaillé l'été dernier sur les livrets de lecture Alphabétik destinés aux élèves du premier cycle du primaire. Une version papier (8 livrets en 1re année et 8 en 2e année), ainsi qu'une version numérique interactive pour TNI, qui reprend le contenu des livrets, avec une partie audio. À cela s'ajoute une partie interactive. J'ai cherché plus d'une centaine d'images (6-7 illustrations en lien avec chaque page/écran) pour accompagner chaque livret. Ainsi, l'élève a la possibilité de choisir des illustrations et de les glisser sur l'illustration de chaque page/écran de manière à créer sa propre version de l'histoire.

Les livrets de lecture d'Alphabétik sont une des composantes d’un ensemble didactique en français, destiné aux élèves du 1er cycle. Lorsque ma sauterelle était en 2e année, elle utilisait à l'école le cahier de savoirs et d'activités Alphabétik. Pas besoin de vous dire que la maman avait grand plaisir à l'accompagner dans ses devoirs! Ai-je besoin de préciser que j'adore mon travail?

En parallèle, j'ai aussi travaillé sur des activités interactives destinées au préscolaire: Pirouette au présco. Une première incursion pour moi dans l'univers du préscolaire et du numérique (sans papier, cette fois-ci). Pour voir à quoi ça ressemble, c'est par ici. Ça a l'air tout simple, mais le nombre de pièces qu'il a fallu pour assembler tout le puzzle est inimaginable! Ai-je besoin de préciser que j'adore mon travail?

Motus et bouche cousue sur le projet sur lequel je travaille depuis plusieurs mois. Tout ce que je peux dire, c'est que je sors de ma zone de confort avec une nouvelle matière qui ne m'est pas familière. J'en profite pour apprendre une foule de choses et paraître moins bête lorsque ma sauterelle me questionne sur ces sujets!

Ai-je besoin de préciser que j'adore mon travail? (J'me répète, je sais!)

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20 commentaires

  1. je ne saisis pas très bien la nuance entre la chargée de projet et l'éditrice...
    Je dis ça parce que, même si je ne connais pas dans le détail le milieu de l'édition scolaire, de ce côté-ci de l'Atlantique, il me semble que c'est la même personne qui suit l'ensemble du projet depuis la remise, voire la conception du manuscrit, jusqu'à la remise du fichier d'impression.
    En tout cas, c'est ce que je fais, en tant qu'éditrice, pour des livres pratiques grand public !
    ;-)

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    1. Ici, l'éditrice et la chargée de projets travaillent en étroite collaboration. C'est vrai que les deux tâche sont similaires. Toutefois, la chargée de projets ne recrute pas d'auteurs et ne touche pas à tout ce qui concerne les budgets.
      J'ignorais que tu es éditrice! Beau métier, hein!

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    2. Disons que je ne le crie pas sur tous les toits !
      C'est vrai que c'est un beau métier, mais les conditions pour l'exercer deviennent de plus en plus difficiles. En tout cas, il nous donne l'occasion de rencontrer beaucoup de gens venus d'horizons très différents. Et ça, c'est vraiment sympa !

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    3. «Les conditions pour l'exercer deviennent de plus en plus difficiles». Tout à fait raison. Le marché est en complète transformation. J'ai hâte de voir, dans dix ans, où nous en serons!

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  2. Je n'ai pas vu le nom de la maison d'édition. J'ai cherché, j'ai trouvé. Je ne connaissais pas. Fait longtemps qu'elle existe? Il y a... un siècle, j'ai publié quatre livres chez Beauchemin. Je crains fort que la maison n'ait pas survécu à toutes les réformes. Le processus pour faire accepter un livre par le ministère et les commissions scolaires était long. La seule fois où il a fallu que je change mon prénom pour que ça fasse "fille". L'aventure aura duré plus longtemps avant qu'après la publication. Les livres ne se sont rendus que dans une seule commission scolaire et encore, pas longtemps.
    Alors toute mon admiration.

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    1. Tu ne connaissais pas? Pourtant, Pearson-ERPI vient de fêter ses 50 ans d'existence. Pour ton info, Beauchemin a été acheté par les Éditions de la Chenelière, qui ont été acheté par le groupe Transcontinental.
      L'édition scolaire est un monde très différent des éditions «littéraires». Beaucoup plus contraignant, je dirais.

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  3. C'est bien d'en découvrir un peu plus! En France, je pense que l'organigramme est différent. Bien que je ne travaille pas pour leur partie purement scolaire, j'ai deux éditeurs qui font du scolaire: rue des écoles et Pemf. Pour eux, j'interviens sur le parascolaire. Cependant, je n'ai jamais entendu parler de chargé de projet. En tout cas, ça a l'air fun pour apprendre! Bravo pour cette belle collection.

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    1. Merci Véronique. Je pense que le rôle de chargée de projets est inexistant en France. Ici, il existe dans l'édition scolaire, mais dans les maisons «grand publics», on parle plutôt d'éditeur adjoint.
      J'ignorais que la maison Rue des écoles faisait aussi dans le scolaire. Je savais pour Pemf.

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    2. Rue des écoles publie entre autres le Littré écoles! Rue des enfants fait le parascolaire, Circonflexe les albums "détente", Mila les loisirs créatifs et Millepages les livres cartonnés pour les plus petits. Voilà en gros comment se compose le groupe. C'est mon principal éditeur.

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    3. Merci de l'info! J'y vois plus clair. Je connais la plupart de ces maisons, mais j'ignorais qu'il s'agissait d'un groupe.

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  4. J'en apprends sur toi (et Delphine) . l'essentiel que je retiens est que c'est passionnant!

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    1. Oui, passionnant! Comme il n'y a pas deux projets identiques, on touche à différentes matières et on rencontre différentes personnes. Pas de routine ici!

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  5. Je trouve cela super intéressant, cela doit vraiment être passionnant :) J'espère moi aussi trouver un métier qui me plaira autant :)

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    1. Je te le souhaite, Léa. On ne s'ennuie pas un instant. Mais il faut y mettre beaucoup de temps (ce qui veut dire, moins de lecture!)

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  6. merci pour ce joli billet où j'en apprends plus sur ton métier ! oui, on sent en lisant toute ta passion pour ton métier, quelle chance ! Hâte de venir te voir en tout cas !

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    1. Si tu es gentille, je vais peut-être te laisser fouiller dans mes «réalisations»!

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  7. Beau travail que le tien! Je suis assez familière avec ce type d'ouvrage, car je suis technicienne en documentation pour les bibliothèques d'une université montréalaise et c'est moi qui suis en charge de cataloguer les matériel et les accessoires didactiques! Si au début, cela me donnait du fil à retordre, maintenant j'adore ça! J'ouvrirai l'œil dans les prochaines semaines, il est probable que ces livrets de lecture me passent entre les mains! ��

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    1. Oui, il y a de fortes chances qu'ils te passent entre les mains.
      Ton métier aussi semble pas mal intéressant!

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  8. Je comprends mieux d'où vient ton talent pour écrire de beaux billets, l'esthétique irréprochable sur ce blog et ton "toujours sans faute"! :) Tu as de la chance de faire un tel métier et ça me semble être une très belle collection!

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