Le lagon noir · Arnaldur Indridason

mercredi, avril 20, 2016


Je suis une Erlendurette finie! Comme le retour des bourgeons, j'attends chaque année la parution d'un nouveau titre d'Indridason avec impatience.

C'est assise à la terrasse d'un café, par une inespérée journée de chaleur, que j'ai débuté ce nouvel opus. Le lagon noir se situe juste après Les nuits de Reykjavik. 

Comme dans Les nuits de Reykjavik, Indridason fait remonter le temps à Erlendur. Cette fois, il plante son enquête en pleine guerre froide, en 1979.

Le jeune Erlendur et sa chef Marion Briem enquêtent au sein de la base militaire américaine de Keflavik, après que le corps de Kristvin, un technicien en aéronautique, ait été repêché dans les eaux d'un lagon. De toute évidence, l'homme ne serait pas mort noyé, mais aurait été laissé là après une chute vertigineuse entraînant sa mort.

L'enquête s'annonce périlleuse. L'armée américaine n'est pas chaude à l'idée de laisser la police islandaise s'immiscer dans ses affaires. Après bien des réticences, Caroline, une jeune militaire noire, officier de la base américaine, décide de collaborer et de leur prêter main-forte.

En parallèle, Elendur tente, en solo, de lever le voile sur la disparition de Dagbjört, une jeune fille disparue sur le chemin de l'école. Une disparition vieille de 25 ans...


Indridason creuse chaque piste, s'intéresse aux moindres détails. Les questions sans réponses s'enchaînent et la tension monte. Il maîtrise chaque filon de son intrigue avec une fluidité implacable. La dimension historique et sociale, sur fond de marché noir et de transports de missiles nucléaires, est passionnante.

Avec Indridason – comme avec Mankell –, le plaisir de lecture ne provient pas tant de la résolution de l'enquête que de l'évolution de son personnage phare. Quel plaisir de retrouver Erlendur en début de carrière, fraîchement divorcé, père d'une gamine dont il n'a pas la garde, toujours hanté par les disparitions non résolues. Indridason a le don de construire des personnages forts et attachants. Leur profondeur, leurs histoires intimes et leurs failles m'envoûtent à chaque fois. La nature sauvage et indomptable, avec ses landes désertiques et son climat glacial, me fascine. Eric Boury réussit une fois encore à faire vibrer la plume acérée et limpide d'Indridason.

J'ai pensé à mon Bison préféré qui aurait été bien malheureux dans l'Islande des années 1980, où la consommation de bière était interdite!

Le lagon noir, Arnaldur Indridason, Métailié, 320 pages, 2016.

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20 commentaires

  1. Sans bière, mais les gens se débrouillaient pour e n avoir! J'ai appris l'existence de ces trafics...

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    1. C'est vrai. Le trafic existait, bien évidemment.

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  2. J'ai beaucoup aimé cet opus ! je suis comme toi, toujours impatiente de lire Indridason !

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    1. Le connaître, c'est l'adopter! Apparemment, qui s'y frotte l'adopte. Et nous en sommes!

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  3. Je suis en train de le lire, et j'avais très peur d'être déçue car le précédent ne m'avait pas convaincue (je suis pourtant une Erlendurette moi aussi). Cette fois, ça démarre très bien.

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    1. Moi aussi, le précédent m'avait un peu déçue au niveau de l'intrigue. Mais Erlendur est toujours à la hauteur, lui!

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  4. j'aime retrouver Erlendur , c'est un plaisir à chaque fois.

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    1. Moi aussi, même si il y a des opus moins bons que d'autres, mais le contraire serait étonnant!

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  5. Journée de dingue au boulot et je finis par enfin voir ton billet, oui on est des Elendurettes ! Je l'adore et comme toi impossible de passer à côté, et tous les ans, février (cette année mars..) rime avec Islande !!!

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    1. Tu auras toujours l'avantage sur moi de pouvoir le lire un mois avant moi!

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  6. Il va vraiment falloir que je m'y mette!

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    1. L'avantage, c'est que tu pourras les découvrir en ordre chronologique!

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  7. Je ne suis pas aussi accro que toi, mais j'y reviendrais bien volontiers à cet Erlendur...

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    1. Et cet opus est excellent pour poursuivre l'aventure.

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  8. Erlendurette ! Mais moi aussi ! Je retiens le mot : trop beau.

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    1. Ça ne vient pas de moi, mais je l'endosse à 100%!
      Heureuse que tu fasses partie aussi de ce club!

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  9. C'est pour cette raison que j'ai arrêté de lire Erlendur. Pas possible de cautionner un pays où la bière est intedite.

    En fait, j'en ai lu un, il y a quelques années. Mais depuis je n'ai pas pris le temps de poursuivre les investigations. Pourtant, la nuit, le froid, l'Islande, ça me botte bien. Mais je sais que comme j'en ai plusieurs dans ma pal, j'y retournerai certainement.

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    1. Il reste la contrebande. Et je te verrais bien en pusher!
      «ça me botte bien»... Traduction stp?!

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  10. C'est une invitation à te botter ?! :D

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    1. Punaise, ça veut dire quoi? Je doute que ça signifie la même chose qu'ici, soit: fourrer!

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