Qu'il est bon de se noyer · Cassie Bérard

lundi, avril 11, 2016


En 2012, à Asbestos, les noyades inexpliquées se multiplient. De l'eau. Partout de l'eau. L'eau du lac, l'eau de la piscine, l'eau du bain, l'eau du robinet. La pluie, la neige. De l'eau partout.

Jacinthe vient vivre dans la maison de ses grands-parents. Elle demeure hantée par la disparition de son frère Alec. Elle fuit, cherche à oublier. Cherche aussi à comprendre. 

C'est puissant le passé. On avance en le fuyant, mais la première chose qu'on sait quand on se retourne, c'est que pendant tout ce temps, hop, il nous marchait sur les talons.

Jacinthe cherche un coupable à ces noyades. Certains lui prêteront main forte dans sa quête, pour un temps du moins. D'autres préfèreront se tenir loin.

En parallèle, dans les rues de la ville, près de la mine à ciel ouvert, la colère gronde. Après plusieurs années de déclin, certains voient poindre la relance de la mine d'amiante. D'autres n'y croient plus, désabusés. Et la situation s'envenime…


J'avoue ne pas avoir tout compris, je me suis empêtrée ici et là. Mais étonnamment, ça ne m'a aucunement dérangée. C'est que l'atmosphère du roman, les mots de Cassie Bérard m'ont pris dans leur filet. J'ai plongée en apnée entre ces pages. Le mystère et la folie m'ont tenue captive et captivée. La situation d'une ville en déclin, de ses habitants qui espèrent et désespèrent est parfaitement aboutie. Et ces pans de l'histoire d'Asbestos... Une histoire méconnue à découvrir.

Un deuxième roman hautement maîtrisé, habilement brodé, porté par une écriture envoûtante.

Qu'il est bon de se noyer, Cassie Bérard, Druide, 319 pages, 2016.

© Jean-Daniel Cossette.

laissez-vous tenter

12 commentaires

  1. Étrange lecture que la tienne ! Tu t'es empêtrée mais tu as aimé alors que tout s'écroule .. Jamais entendu parler de cet auteur, ni de ce roman...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Étrange lecture, en effet. C'est rare que ça m'arrive! Ne pas s'y retrouver, se perdre un peu, mais être à ce point envoûtée... Il s'agit du deuxième roman de cette jeune auteure.

      Supprimer
  2. J'apprends sur facebook que tu ne sais pas nager? What! Figure toi que j'ai appris très tardivement et très difficilement d'ailleurs (grosse peur)mais on y arrive, alors fonce!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Peur terrible de l'eau... Tu m'encourages!
      Ma sauterelle de 9 ans nage comme un poisson dans l'eau et se prend pour une sirène. Elle veut me donner des cours. Je vais sans doute finir par accepter!

      Supprimer
  3. Moi aussi, j'ai appris tard: à 20 ans (because une phobie de l'eau). Maintenant, la brasse, ça va. Jamais trop tard pour bien faire!!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. À 20 ans? C'est pas si tard! À 43, là c'est tard. Mais comme tu dis, il n'est jamais trop tard.
      J'ai connu une dame qui en a fait son projet de retraite. À 65 ans, elle a suivi des cours et maintenant, 10 ans plus tard, elle fait des longueurs 3 fois pas semaine. Comme quoi il y a de l'espoir!

      Supprimer
  4. Impressionnant cette mine à ciel ouvert et ses quartiers résidentiels en bordure. Juste cette image me donnerait envie de m'y plonger et de découvrir la vie, l'histoire d'une telle cité industrielle. Pas sûr qu'il y fasse bon y vivre, mais lire là-dessus doit être enrichissant.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Impressionnant, tu dis?! Et dire qu'il y a eu un glissement de terrain en janvier 1971 et qu'une rue complète de la ville est disparue.
      Dommage que le roman en dise si peu sur l'histoire du patelin. Pas sûr du tout que ce roman te plairait...

      Supprimer
  5. Comme le Bison, je trouve l'image assez impressionnante. Après pour le bouquin, j'hésite encore.
    En passant, je t'ai taguée, si le coeur t'en dit...
    http://unmomentpourlire.blogspot.ch/2016/04/tag-le-pourquoi-du-comment.html

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le coeur m'en a dit! Billet publié! Merci pour l'invitation...

      Supprimer
  6. Ça a l'air assez étrange comme lecture, du coup, je ne sais pas si la curiosité l'emportera sur le «je-suis-trop-fainéante-en-ce-moment-pour-lire-des-livres-que-je-suis-pas-sûre-de-comprendre».

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il faut être bien ferré pour embarquer dans la folie d'un personnage de roman. Si folie il y a, car je n'ai pas tout saisi!

      Supprimer

· archives ·

· visites ·