Chacun sa vérité · Sara Lövestam

dimanche, décembre 11, 2016


Il y avait longtemps que je n’avais pas lu de polars scandinaves. Après avoir dévoré l’œuvre de Henning Mankell, Arnaldur Indridason, Karin Fossum et Ake Edwardson, faut dire que j’étais saturée. Si je reste fidèle à ces auteurs, je ne cherche plus à en découvrir de nouveaux. Les places sont limitées!

Mais voilà qu’une nouvelle venue, Sara Lövestam, s’impose dans l’univers du polar nordique. Ce polar suédois, ou polar tout court, est ma foi excellent. L’intrigue n’a rien d’originale: il y est une fois de plus question d’une disparition d’enfant. Pernilla, mère monoparentale suédoise, perd sa fille Julia, six ans, lors d’une virée au centre commercial. Le hic, c’est que Pernilla ne peut pas prévenir la police. Pas le choix, elle doit faire appel au privé. Kouplan, un jeune iranien qui s’est autoproclamé détective, fera l'affaire.

L’originalité de ce polar vient justement de ce personnage. Journaliste iranien, il vit maintenant en Suède illégalement. Un immigré sans-papiers qui vit sans le sou. Paranoïaque sur les bords, il se sent constamment surveillé. Au gré des chapitres, son histoire personnelle et familiale se dévoile: une mère psychologue, un père professeur, un frère disparu... Il «a voyagé dans des cars bondés de réfugiés, habité dans des centres de demandeurs d'asile, vu des familles entières recevoir leur avis de rejet et des lits superposés sur lesquels on dormait à cinq».


L’intrigue captive par ses non-dits et ses zones de mystère. Bonne joueuse, je n’ai rien vu venir du dénouement. Il y a bien quelques coïncidences tirées par les cheveux, mais je suis vite passée par-dessus! L’intrigue a les deux pieds ancrés dans l’époque actuelle (immigration, clandestins, médias sociaux). Cette Suède urbaine multiculturelle fait changement des petits villages nordiques reculés!

Un polar addictif comme je les aime: des personnages au caractère bien trempé, une intrigue bien ficelée, un rythme soutenu et un style accrocheur. Nul doute, je serai au rendez-vous pour suivre les prochaines enquêtes de Kouplan (trois autres tomes sont à prévoir). Dommage que la couverture, plutôt ordinaire, ne soit pas plus inspirante…

Chacun sa vérité, Sara Lövestam, Robert Laffont, 304 pages, 2016.

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18 commentaires

  1. C'est la première fois que je lis un article au complet à propos de ce roman, je trouvais effectivement la couverture trop moche... Au final, il semble intéressant !!

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    1. Au final, oui! Jamais je n'aurais été tentée d'aller vers ce polar si cela n'avait été de mon club de lecture. Carrément rebutée par la couverture. Et pourtant, quelle agréable surprise. Au point que je compte bien lire les prochains tomes à paraître.

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  2. C'est quoi c'te bête sur la photo ? L'hibernation d'un ours...

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    1. J'ai un rhume carabiné et, à cause de toi, j'ai bien failli m'étouffer et en crever à cause du fou rire que tes mots ont déclenché. T'aurais bien été débarrassé, là, hein!

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  3. j'ai beaucoup de mal avec les polars suédois. Aucun n'a trouvé véritablement grâce à mes yeux si ce n'est quelques Camilla lackberg (et encore) et Judi Adler Olsen. Mais étant donné que ce journaliste iranien a l'air bien atypique, j'attendrais la sortie poche de ce roman.

    ps: j'adore le chat qui trône à côté du roman ;)

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    1. À mon sens, tout l'intérêt de ce polar vient précisément du fait que le personnage principal est iranien. La Suède occupe, au final, bien peu de place au coeur du roman.
      Camilla Lackberg... je me suis lassée après quatre tomes et Judi Adler Olsen, après quatre aussi. Comme quoi, plus que trois tomes et je décroche! Faut dire que j'avais au préalable amplement donné avec Wallander et cie!
      Merci pour Mousse, mon aîné qui ne passera sans doute pas les Fêtes...

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    2. oh :( désolée pour Mousse

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    3. C'est la vie! Et puis, il en a eu une très belle.

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  4. Les seuls polars lus sont ceux de Camilla Lackberg (en été, à la plage, ça fait l'affaire!) (Oh et le cycle de polars «Les Visages de Victoria Bergman» de Erik Axl Sundn)
    Mais voilà.
    Alors si je ne t'avais pas lue, je serais surement passée à côté de celui-ci parce que vu la couverture... (affreuse non?). On verra si je me repenche sur des polars.

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    1. Tu m'intrigues avec Erik Axl Sundn. Je vais aller zieuter ça de plus près.

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  5. Je viens de lire un suédois et un norvégien .. et j'ai failli acheter Asa Larsson ce soir ! bref, je réitère pour la couverture .. l'histoire m'interroge : pourquoi ne peut-elle pas alerter la police ??? voilà ma curiosité titillée !

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    1. Un suédois et un norvégien? Dis donc, tu es à fond dans le scandinave!
      Oui, la couverture est plus que bof!
      Je ne peux rien révéler. chut!

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  6. Cette couverture est la photo d'une station de métro de Stockholm, mise dans les tons bleus : dans la réalité, le plafond est brique.
    Pour moi, cette couverture est très réussie, montrant très bien le métro de Stockholm, où la majorité des stations a été décorée par des artistes.

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    1. Merci pour ces précisions.
      Tous les goûts sont dans la nature et c'est très bien ainsi. Il est rare qu'une couverture fasse l'unanimité.
      Pour ma part, au-delà de l'illustration, il y a aussi la typo du titre. En somme, le mariage de tous ces éléments ne rendent pas, à mon avis, justice au contenu.

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  7. En général, j'aime bien les polars nordiques, c'est noté pour celui-là ! PS : effectivement, en matière de couverture, j'ai vu mieux

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    1. Tu fais bien de le noté. Il sort de l'ordinaire, malgré sa couverture plus qu'ordinaire!

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  8. Je suis inquiète, Mousse? le plus beau chat de ta collection???
    Donne-moi des nouvelles.

    Je trouve toujours amusant de lire les + et les - sur les visuels des couvertures! je pense que j’ai tout entendu. Pour les romans l’enjeu est commercial, une véritable folie.
    Pour celle-ci, on a dirigé le lecteur ou un potentiel d’acheteur de livre, vers un lieu, froid, dur, il manque d’émotion. Pour ce qui est de la signature... alors là c’est raté.

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    1. De la belle visite! Que je suis contente de te lire ici. Mousse va assez bien, mais tu sais, la vieillesse. Sourd, aveugle et maigre comme un clou... Je doute qu'il passe l'hiver. Au moins, il mange et marche!
      Tu n'as pas tort, l'enjeu est toujours commercial, à moins qu'une maison décide de miser sur la signature (comme Le Quartanier, La peuplade, Cheval d'août ou La mèche, par exemple). Mais ne nous illusionnons pas, ça demeure de «petits joueurs» qui ont leur lectorat (même s'ils ont tendance à en gagner de plus en plus).
      Dans le cas présent, pour avoir lu le roman, je trouve justement que la froideur et le manque d'émotion sont déplacés et ne rendent pas service à la richesse de l'histoire. Pour la signature, nous n'en parlons même pas!
      Reviens quand tu veux me donner des «cours d'oeil» et partager ton point de vue! J'adore.

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