Mille femmes blanches · Jim Fergus

lundi, décembre 05, 2016


Mille femmes blanches est paru en France en 2000. Ce roman m’est complètement passé sous le nez. Il faut dire qu’à l’époque, les Indiens et leur sort me laissaient plutôt indifférente. Les choses ont bien changé depuis! Leur histoire et leur culture me passionnent, de plus en plus d'ailleurs.

La récente parution de La vengeance des mères m'a amenée à lire d'abord Mille femmes blanches, le premier tome de cette fameuse saga de l’Ouest. Comme je n’en avais entendu que du bien, mes attentes étaient, disons, très élevées. Ont-elles été déçues? Que nenni! Ce roman m’est rentré dedans comme un couteau dans une livre de beurre.

Vous êtes nombreux à avoir lu Mille femmes blanches, mais pour les autres, voici de quoi il en retourne.

En septembre 1874, à Washington, un marché saugrenu (et odieux) est conclu entre le chef cheyenne Little Wolf et le président Ulysse S. Grant. En échange de mille chevaux, le président s’engage à «prêter» mille femmes blanches afin de les marier aux hommes de la tribu pour favoriser leur intégration parmi les Blancs et assurer la descendance du peuple. Ces femmes, recrutées sur une base volontaire, vivront deux ans parmi les Cheyennes, après quoi elles seront libres. Le premier convoi de femmes est recruté dans le Nebraska. Certaines sortent de l’asile, d’autres de prison, d’autres encore veulent changer de vie ou fuir un présent misérable.

Parmi ces femmes se trouve May Dodd. Trop moderne, trop émancipée pour la bonne famille dont elle est issue, elle a été arrachée à ses deux enfants nés d’une union illégitime avec un homme d’un rang inférieur au sien, et envoyée de force à l’asile. Le marché avec les Cheyennes est pour elle un moyen d’échapper à son sort et de retrouver ses enfants. May rédige des carnets pour eux, au cas où elle ne les reverrait jamais. Elle y consigne ses impressions, ses rencontres, son quotidien, ses amitiés et ses amours. 

Il me vient la curieuse impression que nos vies personnelles ne sont pas les chapitres d’un même livre, mais des volumes entiers, détachés et distincts. Et, pour cette raison, je commencerai demain un nouveau carnet, un nouveau volume donc, qui aura pour titre Ma vie de squaw.


Le rapprochement forcé entre les femmes blanches et les Cheyennes entraîne un attachement sincère et réciproque. Tout n’est pas rose pour autant… Les problèmes ne manquent pas: tensions entre les différentes tribus, disparition rapide des bisons, Grant qui ne remplit pas sa promesse... Sans compter l’Agence indienne qui impose à la tribu de se sédentariser. Tout tourne au vinaigre. L’extermination est en marche... Pas besoin d’ajouter que ça finit mal. D’ailleurs, n’était-ce pas perdu d’avance?


Le premier roman de Jim Fergus a fait un malheur et je comprends très bien pourquoi. L'intrigue contient tous les ingrédients d’un bestseller: un rythme haletant, des personnages hauts en couleur, des bons et des méchants et un contexte historique «exotique» à souhait.

J’ai pris un malin plaisir à faire le voyage avec ces femmes et à découvrir le mode de vie des Cheyennes du 19e siècle. L’idée de transmettre l'histoire de May par ses carnets s'avère un excellent choix narratif. L'adaptation au milieu, la dureté de la vie, la solidarité, les peines, doutes et joies... tout passe par les yeux de May, apportant au roman un côté intimiste.

La fin du roman est terribleAu final, les plus «sauvages» ne sont pas ceux qu’on dit.

Jim Harrison à écrit, à propos de Mille femmes blanches: un « livre splendide, puissant et exaltant». Je ne saurais mieux dire! Un roman inoubliable, peuplé de personnages plus grand que nature.

Je compte plonger dans La vengeance des mères dès que j’aurai terminé ma lecture obligatoire du moment (au demeurant excellente)!

Au fond, plus ça change, plus c’est pareil… Ce n'est pas d'hier que les Indiens sont traités comme des indésirables. Déjà, à la fin du 19e siècle, les Blancs voulaient les parquer dans des réserves afin d'avoir le champ libre pour exploiter leur territoire et le vider de ses ressources. On n’a qu’à lire l’actualité pour réaliser à quel point les choses n'évoluent pas. Pensons aux Sioux de Standing Rock ou aux Innus de la Côte-Nord... May Dodd aurait pu écrire ces mots aujourd’hui même: «Le contact de la civilisation blanche n’a réellement apporté à ces pauvres âmes que la ruine et le désespoir.» Est-ce mieux aujourd’hui? Sous le calme apparent, les tensions demeurent omniprésentes. Comme quoi, plus ça change, plus c’est pareil... 

Mille femmes blanches, Jim Fergus, trad. Jean-Luc Piningre, Pocket, 512 pages, 2011.
© Steven Lang.

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24 commentaires

  1. Ce livre mérite amplement ce qualificatif: inoubliable.
    Excellent billet Marie-Claude.
    Belle journée.

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    1. Merci, Suzanne. Difficile de quitter cet univers!
      Je plonge ce soir dans "La vengeance des mères".

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  2. Rholalala moi aussi je finis ma lecture en cours et hop !sous la couette ,je me plonge dans LA VENGEANCE DES MERES ...trop hâte ! et tu as tout à fait raison !"Plus ça change, plus c’est pareil".
    Bonne lecture MYMY des cousines de lectures

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    1. J'avance à petits pas dans "La vengeance des mères". Quelle agréable surprise de retrouver les jumelles... Je sens que ça va barder!
      Tu as commencé?

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    2. Non finalement je suis allée voir REPARER LES VIVANTS au ciné...bouleversant mais j'ai hâte de retrouver les jumelles KELLY !bonne lecture MYMY

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    3. Et puis là, tu avances? J'ai presque terminé!

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    4. COUCOU ,ah oui j'avance !! j'ai lu plus de 150 pages et je me régale encore une fois ...et puis MOLLY et HAWK ♥ ♥ ♥ et ce sale SEMINOLE...bref c'est juste passionnant !MYMY

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    5. Super! Je vais publier mon billet tantôt. Défense de le lire avant que tu aies terminé ta lecture!!!

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    6. À tes ordres !! je suis sous la couette et je poursuis ma lecture. ..c'est compliqué de le lâcher ce livre ! ������

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  3. Ah, je m'absente quelques jours, et tu en profites pour faire la révolution sur ton blog! (D'habitude, ce sont les français qui font ça...) Cette nouvelle bannière sent Noël, chouette! A part ça, je suis heureuse, que dis-je, je suis excitée comme une puce que tu aies adoré ce livre qui est, comme tu commences à le savoir, l'un de mes livres préférés de ma bibliothèque idéale, c'est dire!

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    1. Il fallait bien que je me désennuie pendant que tu étais à Montreuil!
      Je sais qu'il s'agit d'un de tes romans préférés et je suis tout aussi excité que toi de l'avoir autant aimé. Un gros coup de coeur. Je suis plongée dans la suite. Tu la liras?

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  4. quelle jolie chronique ! et tu rends parfaitement compte de la magie de ce roman. Vive les best sellers populaires!

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    1. Il est rare que j'accroche aux bestsellers, mais là... comment être insensible à cette histoire et à ses personnages? Je n'ai pas boudé mon plaisir!

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  5. Tu m'as donné trop envie et ton billet me confirme : il est sur la liste du Père Noël (avec la suite) ....

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    1. Tu fais bien! Si tu étais près de moi, je te le mettrais dans les mains, comme tu m'a mis Bojangles!

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  6. Je me souviens quand il est sorti en France (ma mère le lisait) mais comme toi, à l'époque les histoires d'indiens ne m'intéressaient pas du tout... aujourd'hui j'ai vraiment très envie de le lire !!

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    1. Les temps changent, ou est-ce nous qui vieillissons?!
      N'hésite pas à le lire si tu en as l'occasion. Tu ne peux pas le regretter!

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  7. La vengeance des mères me tente énormément mais je sais qu'il faut en passer par celui-là avant. Il va falloir que je trouve le temps et c'est pas gagné !

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    1. Il n'est pas absolument nécessaire de passer par "Mille femmes blanches" avant d'en arriver à "La vengeance des mères". Toutefois, ce serait te priver d'un très agréable moment de lecture...
      Le cadeau Pandora pour ta douce étant réglé, ça te laisse un peu de temps...!

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  8. Je suis plongée dedans.. Envoutant !

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    1. Je suis ravie de l'apprendre. Passe un bon moment auprès de May et de sa gang!

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  9. J'espère qu'il sera amené par le père Noel .j'ai très envie de le lire

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    1. Oh! Je te le souhaite. Et si le père Noël passe tout droit, ça vaut la peine d'aller le chercher par tes propres moyens. Comme disait l'autre, on n'est jamais si bien servi que par soi-même!

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  10. Un beau billet qui me donne envie de découvrir ce roman ainsi que sa suite. Changer d'univers me fera grand bien ;-)

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