Des poches dans la poche · avril 2017

vendredi, avril 07, 2017


Le printemps se pointe à petits pas et amène avec lui son lot de parutions en poche. De grosses pointures enfin éditées et maintes tentations, encore...

dans la catégorie Lu et approuvé

DADDY LOVE – JOYCE CAROL OATES – POINTS SEUIL
La grande Oates a encore frappé. Ce roman, de par son histoire, est terrible. Sa conclusion est tout simplement terrifiante.

Avec Daddy Love, Oates emmène son lecteur aux frontières de l’horreur. Une horreur qui commence dans le centre commercial où Robbie, cinq ans, l’enfant chéri des Whitcomb, est enlevé sous les yeux de sa mère. Le ravisseur, un technicien du kidnapping, collectionne les petits garçons dont il se débarrasse dès qu’ils atteignent onze ou douze ans. Devenu « Gideon », Robbie va ainsi passer sept ans à « obéir » à Daddy Love afin de survivre aux traitements abominables que celui-ci lui fait subir. Mais qui est Daddy Love? Un homme charmant du nom de Chet Cash. Pasteur itinérant de l’Église de l’Espoir éternel, dont les prêches subjuguent l’assistance, c’est aussi un citoyen actif et estimé du village de Kittatinny Falls, un artiste admiré faisant commerce d’objets en macramé (fabriqués par Gideon), un homme que les femmes trouvent irrésistible. Tandis qu’il continue allègrement « d’éduquer » ses proies. Et puis, soudain, le ciel ayant enfin, semble-t-il, décidé de se pencher sur cette affaire, Daddy Love est arrêté, Robbie retrouve sa famille. En apparence tout se passe bien… En apparence seulement, car pour nous faire vivre ce retour, Oates déploie de nouveau les raffinements d’une cruauté ravageuse que le lecteur ne manquera pas d’apprécier tout en se posant la question: Redevient-on un être normal après sept ans d’intimité avec un monstre? Une intimité qui a par instants des résonances de complicité?…

LA BELLE VIE – JAY MCINERNEY – POINTS SEUIL
J'ai lu ce roman de Jay McInerney il y a plusieurs années. Un roman sur la dérive des gens un peu riches et un peu célèbres. Dans la même veine que les romans de Jonathan Dee.

Ils avaient trente ans et des poussières. Le monde leur appartenait. Ils étaient, disait-on, le plus beau couple de New York. C’était en 1987. Quatorze ans plus tard, Corrine et Russell Calloway ont deux enfants et vivent dans un loft, à TriBeCa. Ce soir-là, ils ont invité des amis à dîner (Salman Rushdie vient de se décommander). Nous sommes le 10 septembre 2001. Dans quelques heures, le monde va basculer dans l’horreur. Cette horreur, Jay McInerney se garde bien de nous la montrer. Ce livre n’est pas le roman du 11 septembre. Il nous parle de ce qui se passe après, quand l’onde de choc de l’attentat du World Trade Center vient percuter des millions d'existences. Une étrange atmosphère se répand, mélange de chaos et de responsabilité collective, d’angoisse et d’euphorie. L’impossible est devenu possible. Désormais, tout peut arriver. Corrine fait du bénévolat sur le site de Ground Zero. Elle y rencontre Luke. C’est le début d’une passion qui, elle aussi, va tout balayer sur son passage. Dans cette ville qui ne ressemble plus à rien, sinon, peut-être, au Londres de La Fin d’une liaison, ils cachent leurs amours clandestines, au point d’oublier ce qui les entoure: le fric, le toc et le chic du milieu auquel ils appartiennent, l’érosion des sentiments, le poids des habitudes. Jusqu’au moment où… On retrouve dans ce livre tout ce qui a fait de Jay McInerney un des écrivains les plus brillants de sa génération: l’humour, la légèreté, l’élégance, et cet art de croquer avec férocité la comédie sociale, à une époque où tout le monde rêve de devenir riche et célèbre. Avec, en plus, une touche de gravité, un zeste de mélancolie qui donnent à ce roman magnifique une couleur plus sombre, à laquelle Jay McInerney ne nous avait pas habitués.

FIN D’ÉTÉ – JOHAN THEORIN – LIVRE DE POCHE
Comme tous les étés, des milliers de touristes débarquent sur l’île d’Öland pour fêter la Saint-Jean. Parmi eux, cette année-là, un vieil homme à l’allure inquiétante qui rôde autour du domaine de la famille Kloss, propriétaire d’un vaste complexe touristique. Un « Revenant » venu régler ses comptes… Initiée avec L’Heure trouble, prix du meilleur polar suédois, la série d’Öland s’achève avec Fin d’été, une histoire hantée par les fantômes du passé. Romancier des territoires inexplorés où les frontières s’estompent et le crépuscule envahit le paysage et le cœur des hommes, Johan Theorin s’impose comme un maître du thriller psychologique.






dans la catégorie le grand format m'attend

L’ÉTOILE D’ARGENT – JEANNETTE WALLS – POCKET
Après un grand coup de coeur pour Le château de verre, je vais poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Jeannette Walls.

1970, dans une petite ville perdue de Californie. Bean Holladay a douze ans et sa soeur Liz, quinze, quand leur artiste de mère disparaît. Elle a beau être fantasque, d’habitude elle finit tooujours par rentrer. Mais pas cette fois-ci. Quand l’argent vient à manquer, les deux jeunes filles n’ont guère le choix: il leur faut trouver refuge en Virginie, chez cet oncle Tinsley dont elles ne gardent qu’un vague souvenir. Figé dans le passé, le manoir Holladay, où habite Tinsley, ressemble à un vestige coupable de l’époque ségrégationniste, mais, entre ses murs délabrés, Bean et Liz se laissent bercer par la quiétude d’une vie familiale retrouvée. Jusqu’au jour où, pour gagner un peu d’argent, elles entrent au service de Jerry Maddox, le contremaître de l’usine locale, qui fait la pluie et le beau temps sur toute la ville et applique une loi très discutable…



dans la catégorie J'attendais votre parution avec impatience

LE GRAND MARIN – CATHERINE POULAIN – POINTS SEUIL
En arrivant à Kodiak, un port de l’Alaska, Lili Colt sait qu’elle va enfin réaliser son rêve: s’embarquer sur un de ces bateaux qui partent pêcher au loin. Pour la jeune femme, une runaway qui a fui le confort d’une famille française pour « faire la route », la véritable aventure commence. Le choc est brutal. Elle doit dormir à même le pont dans le froid glacial, supporter l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, les blessures... À terre, Lili partage la vie des marins – les bars, les clubs de strip-tease, les motels miteux. Quand elle tombe amoureuse du «Grand marin», les choses changent pour elle: comment choisir entre sa propre liberté et son attirance pour cet homme dont la fragilité la bouleverse?





NOS ANNÉES SAUVAGES – KAREN JOY FOWLER – 10-18
«Je n'avais que cinq ans lorsqu'elle disparut de ma vie, mais je me souviens d'elle. Je me souviens d'elle avec précision : son odeur, son contact, des images morcelées de son visage, ses oreilles, son menton, ses yeux. Ses bras, ses pieds, ses doigts. » Il était une fois deux soeurs, un frère et leurs parents qui vivaient heureux tous ensemble. Rosemary était une petite fille très bavarde, si bavarde que ses parents lui disaient de commencer au milieu lorsqu'elle racontait une histoire. Puis sa soeur disparut. Et son frère partit. Alors, elle cessa de parler... jusqu'à aujourd'hui. C'est l'histoire de cette famille hors normes que Rosemary va vous conter, et en particulier celle de Fern, sa soeur pas tout à fait comme nous...





L’INTÉRÊT DE L’ENFANT – IAN MCEWAN – FOLIO
À l’âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire: Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort. Les croyances religieuses de ses parents interdisant la transfusion sanguine qui pourrait le sauver, les médecins s’en remettent à la cour. Après avoir entendu les deux parties, Fiona décide soudainement de se rendre à l'hôpital, auprès du garçon. Mais cette brève rencontre s’avère troublante et, indécise, la magistrate doit pourtant rendre son jugement.  Dans ce court roman, Ian McEwan allie avec justesse la froideur de la justice à la poésie et à la musicalité qui imprègnent la vie des personnages. Dans un style limpide, il crée une ambiance oppressante et fait preuve d’une complexité thématique impressionnante. Les certitudes se dérobent: où s’arrête et où commence l’intérêt de l’enfant?


MAGIC TIME – DOUG MARLETTE – 10-18
1965. Alors que le mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s'étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi. Quatre jeunes activistes y ont péri dans l'incendie d'une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité. 1990. L'un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy. De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes. Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l'a marqué à jamais. Et c'est dans le passé qu'il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu'inattendue. Doug Marlette retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques. Avec une intrigue haletante et des personnages d'une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d'oeuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.



dans la catégorie Un jour, peut-être

UN ÉTÉ À KEY WEST – ALISON LURIE – RIVAGES POCHE
Ce livre d'Alison Lurie est l'un des classiques du catalogue - un somptueux festin romanesque dans le cadre exotique de Key West. Au centre du livre, un couple en crise: Jenny et Wilkie Walker. Ils décident d'aller vers le soleil de la Floride. Plus Wilkie se replie sur lui-même, plus Jenny cherche à échapper à la mélancolie. Elle rencontre alors toute une galerie de personnages aussi drôles qu'inoubliables.









LA RENVERSE – OLIVIER ADAM – J’AI LU
«Ce n'est qu'au moment d'entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m'a vraiment heurté, qu'elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J'ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s'allumait sur une chaîne d'information en continu. A l'instant où j'y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s'est figé sur l'écran. J'ai demandé qu'on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l'information, qu'il n'avait pas été fait mention de ma mère m'a traversé l'esprit.» Dans La renverse, Olivier Adam retrace l'itinéraire d'Antoine, dont la vie s'est jusqu'à présent écrite à l'ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l'impunité et l'humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l'univers politique.



PEINDRE, PÊCHER ET LAISSER MOURIR – PETER HELLER – BABEL
Peintre en vogue, pêcheur ardent, philosophe artisanal, Jim Stegner tombe dans un engrenage fatal le jour où, témoin accidentel, il prend la défense d’une petite jument maltraitée. C’est qu’il est un poil sanguin, ce père orphelin, en quête d’une sérénité à jamais perdue avec sa fille violemment arrachée à la vie, son mariage pulvérisé, son rapport au monde passablement conflictuel. Pour ne rien arranger, l’homme est profondément allergique à l’injustice, et dangereusement réactif à la violence. Pourtant, au large de la petite ville de Paonia, Colorado, concentré sur une discipline et une sobriété appliquées, c’est dans l’exercice de son art que le peintre tente de tout canaliser: la douleur, la colère, la peur même. Et voilà que, du jour au lendemain, son quotidien vire à la course poursuite permanente : Jim devient la proie mouvante – et la terreur numéro un – d’une bande de solides ordures qui ne plaisantent pas avec la vengeance. Mélange explosif de virilité tendue et de lyrisme écolo, d’humour noir et de métaphysique maison, d’action haletante et de poésie contemplative, Peindre, pêcher et laisser mourir raconte avec maestria les dérapages incontrôlables de la vie, le pied sur l’accélérateur et l’oeil sur la beauté des paysages.

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23 commentaires

  1. J'ai déjà lu le Olivier Adam - un peu moins fort que les précédents, mais ça reste du Adam donc forcément on aime, tristesse ô désespoir et solitude une bouteille de whisky...

    Sinon, je ne connais pas grand chose à ce que tu proposes aujourd'hui, je me ferais bien quand même le Peter Heller dont j'avais adoré sa constellation du chien.

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    1. J'y viens à ce fameux Olivier Adam! J'ai mis la main sur "Peine perdue". C'est un bon, un moyen ou un pas terrible?
      Je ne me souviens pas avoir vu passer ton billet sur "La constellation du chien". Tu en as parlé? Il me tente depuis longtemps. Je l'ai feuilleté 2 ou 3 fois en librairie sans jamais arriver à me décider... Mauvais signe!

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  2. beaucoup de titres tentants! j'ai bien aimé Nos années sauvages ;)

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    1. Depuis que j'au lu sur un blogue le «grand mystère» contenu dans ce roman, je suis un tantinet moins tentée... Mais comme il est en poche, je risque de craquer!

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  3. J'ai emprunté Nos années sauvages à la biblio! Dès que mon mois belge est terminé je me plonge dedans!

    Je crois que je vais me laisser tenter par la version poche du Olivier Adam! ( Un de mes auteurs préférés !)

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    1. Et dire que je n'ai jamais lu de roman d'Olivier Adam!
      J'ai "Peine perdue" dans ma PAL. Tu me dis quel est ton roman préféré de lui?

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    2. "Des vents contraires" et " à l'abri de rien" ��

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    3. Si j'accroche à "Peine perdue", je vais plonger dans "Des vents contraires" et "À l'abri de rien"!

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    4. "Peine perdue", je l'ai lu et je l'ai bien aimé! Un roman choral bien ficelé, toujours sur le même ton de la mélancolie propre à Olivier Adam. Jamais lu?? Mais il faut que tu te lances!

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  4. j'ai très envie de lire "Nos années sauvages", mais il y a un twist qu'une blogueuse (pourtant sérieuse) a nonchalamment révélé dans son billet, ce qui me gâche par avance mon plaisir de lecture!
    j'ai beaucoup aimé Magic Time, et je pense que c'est un roman pour toi!

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    1. Nous avons sans doute lu le même blogue, car je suis aussi au courant du twist!
      Du coup, ça me refroidit un peu!
      J'avais noté "Magic Time" suite à ton billet, malgré les minuscules bémol. Je l'attendais en poche. Son tour est venu, mais il devra attendre le bon moment pour être lu. Pas de pavé avant les vacances!

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  5. Très fan d'Alison Lurie. J'avoue ne pas avoir lu celui-ci.

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    1. Moi aussi, je suis fan. Je n'ai pas lu non plus celui-ci, mais je me souviens avoir adoré "Liaisons étrangères" et "Des amis imaginaires".
      Ton préféré??
      Tu as lu son essai publié chez Rivages: "Il était une fois... et pour toujours. À propos de la littérature enfantine"?

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  6. Magic Time me tente beaucoup, mais il n'est pas encore sorti au Québec... sortie prévue le 15 mai ;) Je l'ajouterai peut-être à mes achats quand j'irai en librairie dans ce coin-là!

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    1. Tu as raison, 15 mai. Gros pavé. Je vais attendre les vacances pour le lire.

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  7. Le grand marin, nos années sauvages, et Magic time seront mien...

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    1. Rien de moins?! Je pense bien commencer par "Le grand marin". Je me garde "Magic Time" pour les vacances (vu son nombre de pages). Maintenant que j'ai appris le twist, j'hésite pour "Nos années sauvages". Je verrai!

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  8. Ian McEwan toujours aussi fort en si peu de pages!

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    1. Lequel as-tu préféré, parmi ceux que tu as lu?

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  9. "Nos années sauvages", c'est un jeunesse? Je ne connais pas du tout. Oh "L'intérêt de l'enfant" est magnifique! Ce fut ma première lecture de Mc Ewan. Depuis j'ai acheté "Opération Sweet Tooth".

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    1. Non, non. "Nos années sauvages" est bien un roman pour adultes. Il y a, à l'intérieur, un gros punch. Plusieurs lecteurs ont décroché en l'apprenant, d'autres ont été happé. Comme j'ai appris la «teneur» de ce punch sur un blogue trop bavard, j'ai moins envie de le lire!
      Il y a très très longtemps que je n'aie pas lu de Mc Ewan et, justement, j'ai envie d'y revenir avec ce titre.

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  10. ahahahaha. J'achète direct le Daddy Love ! Et en effet je te conseille Le Ian Mc Ewan

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    1. Ce Oates est impitoyable, surtout la fin! Le Mc Ewan est bien noté.

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