Qu'est-ce que «bien écrire»?

samedi, août 26, 2017


En pleine discussion autour d’un roman, quelqu’un avance: «Et puis, il est tellement bien écrit, ce roman.» À quoi un autre répond: «Ah non, au contraire, je l’ai trouvé très mal écrit.» Un autre demande: «Vous pouvez me dire à quoi correspond un roman bien écrit?»

Qualifier un livre de «bien écrit»? Selon moi, le «bien écrit» est relatif. Tout est une affaire de goût et d’affinités. Le «bien écrit» de l’un ne sera pas nécessairement le «bien écrit» de l’autre.

Certains sont sensibles au style poétique; d’autres préfèrent un style concis, d'autres encore un style plus académique. Les grandes envolées lyriques ne plaisent pas à tous, idem pour les phrases courtes et sèches. Certains savourent les longues descriptions proustiennes, d’autres les fuient, préférant le minimalisme. Certains se délectent de métaphores pittoresques, d'autres se laissent bercer par la musicalité d'une phrase. Une question de goût, encore...

Pour ma part, j’aime qu’un auteur m’ouvre une porte sur son imaginaire, qu’il me parle de sa voix unique, singulière. J’aime avoir l’impression que nul autre ne pourrait présenter une histoire de la même façon (c'est la raison pour laquelle j'aime autant les romans d'Antonio Lobo Antunes). À l'inverse, je n’aime pas les auteurs impersonnels dont la voix chevrotante dégage le déjà lu. Je n’aime pas non plus un style trop recherché (j'ai reposé après deux chapitres Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo pour cette raison).

Des exemples? Voici le début de deux romans de la rentrée (je vais taire le nom des auteurs et les titres). Alors que l'envie de lire le premier meurt dans l'oeuf, je vais me précipiter pour lire le second. N'oublions pas qu'il s'agit de premières impressions. ici.

— Je vais où ? demanda Dave, coupant court à la conversation.
— Enligne-toi là, répondit J-P, d’un geste nonchalant.
La voiture s’immobilisa doucement derrière la plus courte des trois files de petites berlines, de camionnettes et de roulottes motorisées. Un groupe de quadragénaires caparaçonnés de cuir s’époumonait gaiement pour cou­vrir le vacarme de leurs Harley-Davidson. À gauche, des dix-huit roues patientaient dans la voie qui leur était réservée. Se découpant dans un ciel bleu presque sans nuages, des signaux lumineux verts et rouges indi­quaient les postes de douanes ouverts et fermés; l’éclat du soleil empêchait cependant de bien en distinguer la couleur. À droite, la silhouette angulaire de la boutique hors taxes ombrageait le stationnement; elle avalait et recrachait indifféremment des parents amenant d’ur­gence leur enfant aux toilettes, ou des consommateurs désirant profiter des bas prix. Seuls quelques éléments du décor rappelaient la solennité de l’endroit atténuée par cette magnifique journée d’été: un policier et son berger allemand, de grandes clôtures de part et d’autre, et les lourdes barrières qui défendaient noblement la frontière.

Ici, ce qui m’agace, c’est d’abord la lourdeur, puis le mélange de langage populaire («Enligne-toi là») et de mots recherchés («quadragénaires caparaçonnés»). Certaines images me plaisent («elle avalait et recrachait indifféremment…»), mais le fait qu’elles soient juxtaposées à des phrases sans âme («la silhouette angulaire de la boutique hors taxes», «des consommateurs désirant profiter des bas prix.») brise le rythme de lecture.

Si Samuel avait su que sa mère allait partir, peut-être aurait-il fait plus attention. Peut-être l’aurait-il davantage écoutée, observée, aurait-il consigné certaines choses essentielles. Peut-être aurait-il agi autrement, parlé autrement, été une autre personne.
Peut-être aurait-il pu être un enfant pour qui ça valait la peine de rester.
Mais Samuel ne savait pas que sa mère allait partir. Il ne savait pas qu’en réalité elle partait depuis des mois déjà – en secret, et par morceaux. Retirant des choses de la maison, une à une. Une robe de son placard. Une photo de l’album. Une fourchette du service en argent. Un édredon de sous le lit. Chaque semaine, elle prenait un objet différent. Un pull. Une paire de chaussures. Une décoration de Noël. Un livre. Lentement, sa présence s’atténuait dans la maison.

Voilà une voix qui me plaît, une approche personnelle, une accroche qui donne envie d’aller de l’avant. Beaucoup de poids et d'images en peu de mots. La première phrase «personnalise le personnage» et ancre dans le concret. Les répétitions viennent donner du rythme. Je me laisse bercer…

Après (ou avant, c’est selon), il y a bien sûr l’intrigue. Elle attire ou non, incite à ouvrir le livre ou non. Une question de goût, encore...

Et pour vous, qu’est-ce qu’un roman «bien écrit»? Quel style vous plaît? et lequel vous rebute?

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25 commentaires

  1. Votre question mériterait plus qu'un simple commentaire.
    Chose certaine, même si un livre est décrété "bien écrit", cela ne voudra pas dire que je vais l'aimer. Parfois un style très littéraire me rebutera plus qu'un style plus populaire, disons.
    Je situe mes lectures entre les deux.
    J'ai de la difficulté avec Audrée Wilhelmy ou Dominique Fortier, mais je me suis lassée de Louise d'Estiambre et Michel Langlois. Ce qui ne signifie pas que les uns écrivent "mieux" que les autres. Certains diraient un style plus recherché. J'irais même jusqu'à dire que les hommes ne lisent pas les mêmes livres que les femmes, mais est-ce question de style ou plutôt d'histoire?
    En passant, j'ai cherché à savoir de quel roman les extraits étaient tirés. J'ai trouvé le second et je crois bien que je vais le lire. ;-)

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    1. Je partage entièrement votre point de vue. Au final, un livre décrété "bien écrit" par qui? On pourrait résumer: par celui qui l'a lu.
      Je suis d'accord: Audrée Wilhelmy ou Dominique Fortier n'écrivent pas «mieux» que Louise d'Estiambre et Michel Langlois. Ils utilisent un style différent, qui touche ou non le lecteur. Je tends à penser que notre appréciation d'un style peut aussi varier avec l'âge, avec certaines périodes de notre vie.
      Quand à avancer que les hommes ne lisent pas les mêmes livres que les femmes, je crois que c'est davantage une question de genre littéraire que de style. Sans vouloir tomber dans les généralités, disons que c'est connu que les hommes sont friands de romans policiers, mais énormément de femmes aussi! Ça c'est un autre débat!
      Bravo pour votre travail d'enquête! Ce roman semble fort passionnant et je vais assurément le lire aussi, quoique plus vers les Fêtes, compte tenu de son nombre élevé de pages.

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  2. Vaste, très très vaste question!
    Un roman bien écrit... Au-delà de l'histoire, du style personnel, un roman bien écrit je dirais que c'est un roman dont on s'accorde qu'il a des qualités littéraires. Il y a des romans "bien écrits" que je n'aime pas, mais dont je suis consciente qu'ils ont vraiment quelque chose. Le "bien écrit" est tellement variable en fait... et change aussi au fil des époques.
    Ça m'amène à penser plus en terme de "bon roman". Je n'ai pas le coup de cœur facile, mais j'ai le coup de cœur variable. Il y a des romans que j'adore mais qui sont mal écrits et j'en suis consciente. Sauf que je ne les lis pas pour les mêmes raisons que ceux dont je déguste chaque mot. Dans ce cas-là ce sont les personnages ou l'intrigue ou encore l'atmosphère qui me fascine. Et je les relis en sachant bien que les qualités littéraires sont moyennes.
    Il y a aussi des livres "parfaits", dont l'histoire est intrigante, le style est beau, la façon de raconter apporte quelque chose de différent. Ceux-là je les achète même après les avoir lus de la bibliothèque par exemple et je les relis de temps en temps. J'oserais dire qu'un "bon roman" est un livre qu'on a envie de relire (même s'il n'est pas forcément bien écrit).

    Je suis très sensible à l'image et à l'atmosphère autour d'un livre. Quand je vais en librairie, je vais d'abord être attirée par le titre et l'image de la couverture. Ensuite je lis le résumé. Il y a des tas de sujets qui m'intéressent mais aussi, des tas d'autres sur lesquels je n'ai absolument pas envie de lire. Ensuite, je lis au hasard quelques phrases. Le début, quelques mots au milieu. Si ça m'interpelle, j'achète. Le style est important. Il peut me pousser à choisir un livre ou à le reposer.
    Par contre j'ai du mal à cerner concrètement ce qui me plaît ou non quand j'aborde un livre, je parle uniquement de style. Ça va se faire naturellement, en lisant quelques passages. Je me vois (ou non) lire ce livre, et je me demande si j'ai envie de lire ça sur 200, 300 500 pages. Oui? J'adopte. Non? Je repose.
    C'est complexe le choix d'un livre tout comme c'est très subjectif de déterminer ce qui fait qu'un livre est bien écrit ou non. Certains romans deviennent des classiques parce qu'on leur reconnaît globalement des qualités particulières. Autrement, le reste est une question bien personnelle...

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    1. Oui, la question est vaste, voire sans fond! Tu résumes parfaitement bien ma pensée. Au final, un roman est décrété "bien écrit" ou non par celui qui l'a lu.
      «Un "bon roman" est un livre qu'on a envie de relire (même s'il n'est pas forcément bien écrit)». Ça aussi, ça me parle. Comme toi, ce sont ceux-là seulement que je garde dans mes bibliothèques.
      Ma question visait exclusivement le style et n'impliquait nullement l'histoire (même si je suis parfaitement consciente que pour faire «un bon livre», l'un est intrinsèquement lié à l'autre).
      J'ai beaucoup aimé lire «ton comportement» quand tu vas en librairie! Je me demande: peux-tu acheter un livre si l'image de couverture ne te plaît pas, mais tout le reste, oui?

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    2. Oui, je peux acheter un livre si la couverture est moche, mais que le reste me plaît. C'est un tout. La couverture, si elle est face à moi en librairie, est la première accroche. Mais bien souvent on n'a que la tranche quand on flâne. Ni le titre, ni la couverture ne m'arrête. Il m'arrive de m'arrêter au résumé, si le thème ne me parle pas. Parfois c'est au style, si ce sont les mots qui ne me parlent pas.

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  3. Grande question!
    Je te rejoins sur le fait qu'un roman bien écrit c'est un roman qui évoque des choses comme nul n'aurait pu mieux le faire. C'est vibrer de la magie des mots, c'est ressentir les silences. C'est de belles phrases mais pas pour faire joli,pour être vrai.
    Ton second exemple en est le plus bel exemple.( Et entre nous,de quel roman il s'agît ? Je trouve que c'est très beau!)

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    1. Oui, grande question!
      On se rejoint sur l'authenticité d'un style. Au final, un roman est décrété "bien écrit" ou non par celui qui l'a lu.
      Tu vois, par tes choix littéraires, je remarque que tu es souvent réceptive à un style poétique, alors que moi, je passe mon tour. Tu diras que ce livre est bien écrit, alors que moi, je pourrai dire le contraire si le le lisais!
      Aussi, quand on lit dans un billet: «j'ai trouvé ce roman très bien écrit», c'est relatif et personnel à celui qui l'a lu. Question de goût, encore et encore.

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    2. Tu commences à bien me cerner! C'est pour cela que j'aime autant Jeanne Benameur, Mauvignier et d'autres ...ils ont un style propre qui me fait penser à de la poésie. ( Et oui j'y suis très sensible)

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    3. Et qui sait, tu finiras peut-être par me convaincre!

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  4. Il est intéressant ton billet. Je pense que nos goûts concernant la plume sont assez proches: de Lobo Antunes à la dernière citation extraite d'un roman que je viens de refermer.

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    1. Je pense aussi que nos goûts face au style d'un auteur se rejoignent. Alors, tu viens de terminer ce roman dont la dernière citation est extraite? J'imagine qu'il t'a emballée? Dis-moi!

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  5. Tu sais que tu risques de faire le méga-buzz avec ta question ??!!!!
    Non, mais tu blagues ?
    en fait "bien écrire", pour moi, ce n'est pas une affaire de style et de narration, c'est surtout ce que l'auteur va réussir à transmettre au lecteur pile au moment où celui-ci lit son livre...super aléatoire...
    Parfois j'aime les textes super-léchés, presque académiques (n'allons pas jusqu'à Proust, mais bon...) et parfois, j'aime les lignes plus vives, plus crues (et pour autant, j'en suis sûre, au moins autant travaillées, parce qu'elles correspondent à une ambiance). et finalement, aussi, quand l'écriture ne restitue pas l'ambiance, je passe à coté de l'intrigue..
    Tiens "Summer" de Monica Sabolo, l'idée et l’intrigue sont bonnes mais le verbe m’ennuie, on a l'impression que l'auteur s'écoute écrire, cherche le mot, et elle annule tout l’intérêt, il y a trop de recherche linguistique et esthétique !
    Anne-Marie Garat écrit de très beaux testes, très poétiques mais qui m'emm...alors que Laurent Gaudé, aussi lyrique, mais aux phrases peut-être moins almabiquées, me rend admirative, je ne me perds jamais dans sa prose...
    Bien écrit, mal écrit, ça dépend peut-être d'abord du sujet du bouquin et surtout de la sensibilité (de l'humeur ?) du lecteur ?
    Y a de quoi débattre des heures avec ta question !!

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    1. Pitié, pas de méga-buzz ici. Ce n'est pas le but!
      Tes exemples m'éclairent sur la question.
      Pour "Summer", par exemple, tu dis qu'on a l'impression que l'auteur s'écoute écrire... Je connais cette impression (je l'ai d'ailleurs eu avec "Règne animal"!). Mais il faut avouer que là encore, c'est une question de goût et de disponibilité, non? Certains pourrait trouver le style de ce roman captivant?
      Je me souviens du mari d'une amie à qui j'avais prêté "Sukkwan Island" de David Vann. Il avait trouvé le style indigeste (rien de moins), idem pour "Ce que tient ta main droite t'appartient" de Pascal Manoukian. Lorsqu'il me parlait de ses romans préférés, ils avaient en commun un style plus académique, traditionnel, linaire et sans audace stylistique. Après, j'ai mieux compris pourquoi les romans que je lui avais prêté lui avaient déplu!
      On pourrait tellement continuer à en débattre!

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  6. Voilà un billet fort intéressant qui mériterait une table ronde. Ta tentative de définition et/ou de réponse me parle et me convient assez. J'ai aussi besoin de cette voix singulière et d'une histoire. Qu'on m'entraîne, qu'on m'invite à me glisser entre les lignes, qu'on me nourrisse avec un univers, une plume, qu'on me mette entre parenthèses le temps de tourner les pages.

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    1. «Qu'on me mette entre parenthèses le temps de tourner les pages.» Quelle belle tournure... Je n'aurais su mieux dire.

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  7. Je suis assez d'accord avec tout ce qui s'est dit, mais pourtant, je demeure avec l'impression que certains livres sont de façon plutôt unanime bien écrits, et d'autres non. Je m'explique. Certains livres plus populaires vont être écrits dans un style efficace, qui coule, qui est fluide afin de rendre service à l'histoire. D'autres vont mettre de l'avant un style plus complexe, car c'est ce qu'on a voulu mettre en valeur. Ce sont pour moi deux choses bien différentes. Pour ma part, un livre dont je dirai qu'il est bien écrit, signifie que le style s'est accordé avec l'histoire. J'aime des romans au style plus minimaliste, tels Le grand cahier, Héritières de Marie Redonnet, les livres de Jean-Philippe Toussaint, car ce style sert bien le type d'histoire, voire même il permet de la mettre plus en valeur. Mais j'aime aussi les romans plus poétiques, tels ceux de Mishima, ou plus près de nous, Nirliit. Styles différents, histoires différentes aussi. Finalement, par expérience, certains livres que j'ai fait lire dans mon club de lecture ont reçu le même commentaire quant au style, mais cela ne faisait pas pour autant que le roman était apprécié ou non. La route étroite vers le nord lointain de Richard Flanagan avait emballé tout le monde quant au style, mais les avis étaient très partagés sur le livre en soit; tandis que Un parc pour les vivants nous avait tous laissés froids et perplexes quant au style... Comme quoi, oui, il y a quelque chose de personnel quand on dit que c'est bien écrit, mais je demeure avec l'impression que si le style d'écriture rend justice à l'histoire, c'est une réussite: qu'on parle d'écriture minimaliste ou verbeuse, d'histoire simple ou complexe.

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    1. On en reparle vendredi autour d'une bonne bouteille!!!

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  8. Petit indice pour les curieux-curieuses. Pour trouver de quels romans il s'agissait, j'ai procédé comme avec les arnaques: tu copies quelques phrases (ici des extraits) et tu colles dans Google. Si tu trouves, c'est qu'il existe déjà, si tu ne trouves pas, c'est qu'il n'est pas encore sur le web!

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  9. Quelle discussion ! Bon en lisant tous les commentaires, je comprends que ta question parlait uniquement du style et non de l'histoire.
    Je pense que tu connais mes goûts, j'aime la fluidité et la simplicité mais parfois des plus "lourds" par contre j'ai du mal avec les romans où la prose domine sur l'histoire. Où l'auteur est plus passionné par les mots que le texte qu'il véhicule. Comme dit une autre internaute, le style ne sert pas l'histoire. Or dans mon cas, je pense à Vuillard son style est supposé servir à l'histoire, la grande, celle de la révolution (14 Juillet) mais dans mon cas, ce choix produit chez moi l'effet inverse : je me détache totalement des personnages et leur sort m'indiffère.

    Après, je lis aussi parfois des textes qui sont moins travaillés (les thriller) mais je reprends une autre internaute "Sauf que je ne les lis pas pour les mêmes raisons que ceux dont je déguste chaque mot. Dans ce cas-là ce sont les personnages ou l'intrigue ou encore l'atmosphère qui me fascine. Et je les relis en sachant bien que les qualités littéraires sont moyennes".

    Enfin, pour un roman bien écrit, j'avoue que les fautes de grammaire ou d'orthographe à répétition, les tournures de phrases alambiquées peuvent me lasser. Et puis surtout, chez moi, je ne supporte pas les mauvaises traductions, vu que je lis aussi en anglais, je sens lorsque c'est du mot à mot, et c'est horrible ! ça m'est arrivé une ou deux fois, et là j'abandonne.

    Et puis après on peut aussi discuter des heures du "bon roman" l'histoire ? Les personnages ? l'atmosphère ?? bon là tu vas lire mes billets sur deux mauvais moments de lecture donc je réponds en partie à ta question !

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    1. Que le style, oui. Mais difficile d'isoler cette pièce du casse-tête sans prendre le reste en compte!
      Pareil à toi, lorsque la prose prend le pas sur l'histoire, je n'arrive pas à accrocher (comme avec Delerm, Bobin et cie). Mais quand la prose et l'histoire dansent le tango (comme avec Antonio Lobo Antunes), je lévite et déguste.
      Je suis d'accord avec toi et Geneviève sur le fait qu'on lit différents genres pour différentes raisons. Mais je n'irai pas jusqu'à dire que le style des thrillers est moins travaillé...
      Même si je ne lis pas en anglais, je peux «sentir» lorsqu'une traduction est boiteuse, et franchement, c'est très très agaçant. Alors, j'imagine ta réaction, toi qui lit en anglais!
      Tes billets grinçants sur tes deux déception m'ont beaucoup fait sourire. Je me rappelais les «billets en live», à Nantes!

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  10. Question difficile en effet ;) C'est très personnel je trouve de définir un beau style. C'est en fonction de notre humeur, de notre sensibilité... Comme toi, il y a quelque chose qui m'exaspère au plus haut point : les phrases interminables qui traînent sur des lignes et des lignes; les romans au vocabulaire trop élevé comme tu le soulevais ; je n'aime pas non plus les style trop poétiques et qui relèvent de l'imaginaire. Je m'explique : pour que je puisse entrer dans un récit, il me faut du concret, du terre à terre, que je sache me représenter les scènes. Par exemple, je n' ai pas du tout accroché à Jeanne Benameur avec Les Demeurées, je ne comprenais rien! Et enfin, les alternances de narrateurs et les discussions trop nombreuses me fatiguent aussi. il faut un juste milieu, un équilibre.

    Ce que je préfère: la simplicité, un tout petit peu de poésie, mais surtout surtout, de l'honnêteté et de la générosité. Cette écriture, je la retrouve chez Joyce Maynard et Philippe Besson, entre-autres mes auteurs préférés. Comme je le disais, c'est hyper subjectif d'évaluer ces éléments-là.

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    1. TRÈS personnel, et c'est là où je voulais en venir.
      J'étais aussi curieuse de lire quel style intéresse l'un et non l'autre. À quoi tu as parfaitement répondu!
      Comme toi, il me faut du «concret, du terre à terre». Là-dessus, ma deuxième citation correspond bien à un style qui me plaît.
      Pour ce qui est de Jeanne Benameur, tu t'éloignes, comme moi, de Fanny, qui aime beaucoup!
      Moi, par contre, les alternances de narrateurs, j'aime beaucoup (surtout dans un roman choral).
      D'accord à 100% pour Joyce Maynard. On sent l'authenticité et la voix unique. Pour Philippe Besson, jamais lu et, du coup, tu piques ma curiosité...

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    2. J'aime beaucoup les romans choral aussi! Je voulais plutôt parler des dialogues nombreux.

      C'est vrai, mes goûts diffèrent de ceux de Fanny sur ce point-là et on en rigole parfois! Mais sur d'autres, on est à 100% d'accord :D

      Si tu as l'occasion de lire Philippe Besson, dis-moi ce que tu en penses :) Et Delphine Bertholon aussi! Elle est géniale!

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    3. Philippe Besson, il me reste à le découvrir. Mais Delphine Bertholon, je l'ai découverte avec "Coeur naufrage" et... j'ai adoré. Je compte d'ailleurs poursuivre ma découverte.
      J'ai tellement hâte d'aller en Belgique et de vous rencontrer ensemble! La discussion s'annonce riche et stimulante!

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