Des poches dans la poche · novembre 2017

jeudi, novembre 09, 2017


De nouvelles tentations paraissent en format poche en ce mois frisquet! Voici celles que j'ai repérées. 


dans la catégorie lu et approuvé

STATION ELEVEN – EMILY ST. JOHN MANDEL – ALTO CODA

Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.  Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…



dans la catégorie le grand format m’attend

DANS LA COLÈRE DU FLEUVE – TOM FRANKLIN & BETH ANN FENNELLY – LIVRE DE POCHE

Mississippi, 1927. Gonflé par les pluies diluviennes, le fleuve menace de détruire les digues qui protègent la région et d’engloutir le petit hameau de Hobnob, où les agents fédéraux Ted Ingersoll et Ham Johnson enquêtent sur la disparition de deux collègues venus arrêter un trafiquant d’alcool. Au cœur de ce paysage d’apocalypse, ils découvrent un bébé abandonné, qu’Ingersoll confie par hasard à Dixie Clay Holliver. Sans se douter que la jeune femme est le plus grand bootlegger du comté, et peut-être la dernière aussi à avoir vu les deux agents en vie… Chantre de la littérature du Sud, Tom Franklin unit ici sa voix à celle de son épouse, la poétesse Beth Ann Fennelly. Dans le contexte dramatique de la prohibition et de l’une des plus grandes catastrophes naturelles de l’histoire des États-Unis, ce roman est tout autant la fresque d’une époque que d’un lieu où la beauté côtoie chaque jour le danger.


L’INDIEN MALCOMMODE – THOMAS KING – BORÉAL COMPACT

L’Indien malcommode est à la fois un ouvrage d’histoire et une subversion de l’histoire officielle. En somme, c’est le résultat de la réflexion personnelle et critique que Thomas King a menée depuis un demi-siècle sur ce que cela signifie d’être Indien aujourd’hui en Amérique du Nord. Ce livre n’est pas tant une condamnation du comportement des uns ou des autres qu’une analyse suprêmement intelligente des liens complexes qu’entretiennent les Blancs et les Indiens.






LE RETOUR DE SILAS JONES – TOM FRANKLIN – LIVRE DE POCHE

Dans le Mississippi des années  1970, tout aurait dû séparer Larry Ott et Silas Jones: la classe sociale et la couleur de peau. Les deux adolescents sont pourtant devenus amis, jusqu'à ce que la disparition d'une jeune fille vienne bouleverser leurs existences. Vingt ans plus tard, Silas Jones revient sur les lieux de son enfance. Alors qu'il n'a aucune raison de reprendre contact avec Larry, une nouvelle tragédie les oblige à se confronter, ensemble, à un passé douloureux. À travers le portrait croisé de ces deux hommes, l’auteur de La Culasse de l’enfer nous offre un roman magnifique.




LES PETITES CONSOLATIONS – EDDIE JOYCE – RIVAGES POCHE

Les Amendola rêvaient d'Amérique. Le pays de tous les possibles a tenu ses promesses pour ces italo-irlandais: d'une génération à l'autre, la vie s'est faite plus douce. Mais le 11 septembre 2001 annonce la fin de l'innocence. Bobby, le fils préféré, meurt dans l'effondrement des tours. Bien sûr, la nation honore le héros, pompier new-yorkais. Et après? Les petites consolations suit pas à pas chaque membre du clan une décennie plus tard. Père, mère, épouse ou frères, tous réagissent à leur manière. Certains affrontent, d'autres se noient dans le travail ou n'existent qu'à travers le souvenir. Tina, la veuve de Bobby, se sent enfin prête à aimer de nouveau. Elle craint la réaction de sa belle-famille. Comment les convaincre qu'ils ont encore le droit d'être heureux? Avec humour et sensibilité, Eddie Joyce excelle à recréer les trajectoires intimes de ceux qui restent.


LA NEIGE NOIRE – PAUL LYNCH – LIVRE DE POCHE

L’âpreté lyrique du premier roman de Paul Lynch, Un ciel rouge, le matin, métamorphosait le paysage irlandais en un vaste territoire à l’horizon sans limites, au fil d’une impitoyable chasse à l’homme qui poussait inéluctablement un jeune métayer vers l’exil américain, dans un récit visuel fracassant. Son nouveau roman raconte le retour d’un émigré irlandais au pays. Après des années passées à New York, Barnabas Kane retrouve le Donegal en 1945 et s’installe sur une ferme avec sa femme et son fils. Mais l’incendie, accidentel ou criminel, qui ravage son étable, tuant un ouvrier et décimant son bétail, met un frein à ce nouveau départ. Confronté à l’hostilité et à la rancœur d’une communauté qui l’accuse d’avoir tué l’un des leurs, il devient un étranger sur son propre sol. Confiné sur cette terre ingrate où l’inflexibilité des hommes le dispute à celle de la nature, Barnabas Kane va devoir choisir à quel monde il appartient.


dans la catégorie un jour peut-être…

LES PORTES DE FER – JENS CHRISTIAN GRONDAHL – FOLIO

C’est le portrait d’un homme, de ses remords et de ses désirs les plus profonds, que Jens Christian Grøndahl entreprend de brosser en trois moments de vie. Les jeunes années d’abord, la découverte de la littérature et de la langue allemande, l’engagement communiste et la découverte de la sensualité. Un jeune homme romantique et plein d’idéaux, prêt à quitter son confort bourgeois pour rejoindre Erika à Berlin où il découvrira ses premières désillusions. Arrive ensuite l’âge de raison, le mariage, la naissance de sa fille Julie, et le divorce. Le narrateur a une quarantaine d’années, il est à présent enseignant et accueille un garçon d’origine serbe dans sa classe. Stanko le fascine mais c’est la rencontre avec la mère du jeune homme qui le trouble encore davantage. Passion à nouveau éphémère qui le renvoie à sa condition d’homme solitaire et de père en alternance.  À la veille de ses soixante ans enfin, c’est à Rome que nous le retrouvons. Grand-père depuis peu, le narrateur fait une nouvelle rencontre inopinée, avec une jeune photographe cette fois-ci. Elle l’invite chez elle pour lui montrer son travail avant d’accepter de partir avec lui à Paestum, photographier des ruines encore vivantes… Les femmes sont omniprésentes dans la vie du narrateur, à chaque basculement dont elles sont souvent à l’origine. Les Portes de Fer parle d’amour et de solitude, mais également du désenchantement de l’individu occidental, de ce drame bourgeois que le grand auteur danois réussit à croquer avec une lucidité et une élégance toutes singulières.


NIGHT TRAIN – NICK TOSCHES – RIVAGES POCHE

Une biographie de Sonny Liston, que Nick Tosches définit comme «le plus redoutable des hommes, le plus invincible des boxeurs poids lourds». Devenu champion du monde des poids lourds en 1972, Liston semblait avoir alors exorcisé son passé de fils d'esclave, d'homme de main de la pègre, de forçat condamné pour vol à main armée. Il s'était frayé un chemin jusqu'au sommet, et ceux qu'il affrontait sur le ring disaient que personne ne pouvait l'arrêter. Sonny, de son côté, savait qu'il en était autrement. Ses liens avec la pègre, sa violence, provoquée par l'alcool, en avaient fait un champion impopulaire mais craint. Et lorsqu'il perdit son titre face à Muhammad Ali, presque sans combattre, tout le monde - à commencer par lui - semblait s'en moquer. Sans comprendre qu'il avait commencé sa lente descente aux enfers, qui ne trouverait de fin qu'avec sa mort.


FROG MUSIC – EMMA DONOGHUE – LIVRE DE POCHE

À l’été 1876, la ville de San Francisco suffoque sous une chaleur accablante. Dans un saloon, en lisière d’une voie ferrée, un coup de feu retentit. Blanche Beunon échappe de justesse à la mort qui n’épargne pas son amie Jenny Bonnet, fauchée sur le coup. Inconsolable, Blanche, une danseuse de burlesque française, met tout en œuvre pour conduire le meurtrier de Jenny devant la justice. Les événements qu’elle s’efforce de recomposer impliquent tout un monde d’indigents au désespoir, de souteneurs, d’enfants perdus... Peu à peu, elle découvre les secrets de Jenny. Emma Donoghue livre une envoûtante histoire de femmes bataillant pour s’affranchir du monde sans foi ni loi de la grande ville de l’Ouest.



LA FILLE DU FERMIER – JIM HARRISON - FOLIO

Dans ce texte âpre, «Big Jim» nous emmène dans un Montana aussi beau qu'hostile et livre un portrait féminin subtil, non sans échos avec son majestueux Dalva: celui d'une jeune fille meurtrie, aussi blessée qu'en quête de vengeance... «Sarah cria: Putain de Dieu!, puis elle s'élança à toute vitesse sur un sentier pentu qui grimpait le long de la montagne jusqu'à ce qu'elle soit certaine que sa blessure allait éclater et qu'elle en aurait fini avec elle.»
Nouvelle extraite du recueil Les jeux de la nuit.



Un titre vous tente?

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21 commentaires

  1. J'ai adoré Station Eleven. Je l'ai fait lire autour de moi: carton plein. Quant au reste, pas tentée cette fois-ci... Mais tellement de choses en attente...

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    1. Comme toi, je garde un très très bon souvenir de "Station Eleven".

      Pour le reste, ça fait du bien un peu moins de tentations!

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  2. Dans la catégorie ils m'attendent en grand format j'ai aussi "Les petites consolations" et "station eleven". Ce dernier repéré sur ton blog. Ainsi que deux poches qui m'attend piochés dans tes lectures, "Les étoiles s'éteignent à l'aube" et " là où les lumières se perdent".
    Tentation encore... les romans de Francklin ont l'air pas mal du tout... Le Mississipi me facine, le dessin animé Tom Sawyer de mon enfance sans doute...:)

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    1. Ah là là... "Les étoiles s'éteignent à l'aube" et "Là où les lumières se perdent". J'aimerais ne jamais les avoir lus afin de pouvoir les découvrir!

      "Dans la colère du fleuve" m'intrigue aussi. Je ne rechigne jamais à replonger dans l'ambiance du Mississippi.

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  3. J'en ai déjà lu (et aimé) pas mal en version "broché", mais là, j'ai repéré "Le retour de Silas Jones" et "Station Eleven" ! Merci pour la piqûre de rappel !

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    1. Si tu veux ma copie de "Station Eleven", fais-moi signe!

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  4. Station Eleven est un livre magnifique, j'avais beaucoup aimé. Et la venue de L'indien malcommode en poche est une bonne nouvelle! C'est le seul que j'ajoute à ma liste! ;)

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    1. Tu vois que tu n'est pas si faible que ça? Un ajout, ce n'est pas si mal du tout!

      Dommage que la couverture du Thomas King ne soit pas top...

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    2. Oui, j'ai échappé au pire! :P
      Eh bien je ne la trouve pas si moche que ça... Elle est moyenne. Plus belle qu'en grand format je trouve!

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    3. Oui, définitivement plus jolie que celle du grand format, avec le fond écran vintage de télé!

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  5. Je note Station Eleven si tu l'as approuvé ;) Le retour de Silas Jones me tente aussi beaucoup

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    1. Comme je le disais ailleurs, "Station Eleven" est un roman post-apocalyptique lumineux et, ne serait-ce que pour ça, ça fait changement de la noirceur habituelle.

      "Le retour de Silas Jones" me tente beaucoup, aussi.

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  6. Il n'y a que le Danois qui me tente! Je pense l'avoir croisé en bibliothèque d'ailleurs !
    Pour les autres, pas plus d'intérêt que ça et j'ai déjà lu Station Eleven ;-)

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    1. Je disais bien que c'était un petit mois en tentations!
      Pour le Danois, tu en as lu quelques-uns, déjà. Lequel as-tu préféré?

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    2. Non c'était un Islandais :-) . Je crois que je n'ai pas encore lu de littérature danoise.

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  7. J'avais note datation élèvent l'an dernier .je me laisserais bien tenter par le format poche

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    1. La parution en poche est une bonne occasion de t'y mettre! Si le genre t'intéresse le moindrement, tu aimeras. Et sinon, c'est un bon roman pour sortir des sentiers battus!

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  8. Je n'ai lu que "Les portes de fer", que j'avais adoré !

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    1. Il va bien falloir que je me décide à lire ce fameux Grondahl.

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  9. Des sorties en poche bien tentantes !

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    1. Et dire que c'est un petit mois de tentations!

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