Une histoire des loups · Emily Fridlund

vendredi, juin 15, 2018


J’ai lu Une histoire des loups à reculons, sur une prescription littéraire d’Electra, qui m’a assurée que  Madeline/Mattie/Linda, l’ado dont il est questions dans le roman, avait tout pour me plaire.

Madeline vit avec ses parents dans une cabane isolée au bord d’un lac, dans le nord du Minnesota. Ses parents et elle sont les trois membres restants d’une communauté hippie. Au lycée, M. Grierson, le prof d’histoire de Madeline, lui demande de participer à un concours. Elle choisit de faire une présentation sur les loups, ce qui lui permet de remporter un prix pour l’originalité de son exposé. Quand elle n’est pas au lycée, Madeline passe son temps à éviscérer les poissons pêchés par son père et à promener ses chiens.

Débarque de nouveaux voisins sur la rive opposé du lac. Patra, Léo et leur jeune fils Paul. Léo passe beaucoup de temps loin de la maison pour le travail. Madeline se rapproche par curiosité de la mère et de l’enfant. Elle accepte d’être la baby-sitter de Paul et abandonne son travail de serveuse. Paul est malade. Paul va mourir. Madeline aurait-elle pu faire quelque chose? A-t-elle vu certaines choses? 
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Les cinquante premières pages auguraient plutôt bien. Puis, ça a commencé à se dérégler et à partir en vrille. Pour moi, la mayonnaise a commencé à tourner avec la temporalité décousue. Ça saute du coq à l’âne sans crier gare. L’intrigue en devient mollassonne et sans épaisseur. La structure de l’oeuvre aurait gagné à être mieux huilée pour en rendre le déroulement plus limpide. Je suis fanatique des récits non linéaires, mais encore faut-il que ça se tienne.  Entre la Linda trentenaire qui regarde son passé et la Linda adolescente, le manque de cohérence frappe.

L’intrigue parallèle qui implique M. Grierson, le prof pédophile de l’école, et sa relation ambiguë avec Lily, une lycéenne, n’apporte rien à l’intrigue, sinon de donner l’impression de tomber dans l’anecdotique. La relation de Madeline avec ses parents, avec son prof et avec Lily, manquent de consistance. Les questions autour de la culpabilité, du déni et de l’aveuglement volontaire auraient eu avantage à être plus développées. Celles autour de la science, de la religion et des milieux sectaires sont traitées en surface. Emily Fridlund survole son sujet, quand elle ne tourne pas autour du pot. Elle distille des indices, mais ne donne pas suffisamment de pistes pour les résoudre. J’ai l’impression d’avoir été menée en bateau et de m’être faite abandonner en plein milieu du lac. Comme je ne sais pas nager, jai séché dans le bateau.

Les personnages mont semblé creux, manquant de relief. Ils se laissent tous porter par la vague, sans véritable emprise sur leur vie. Madeline demeure un personnage fort intéressant par sa singularité. Enfin du positif! En fait, c’est elle qui m’a retenue.

Encore une histoire d’ado publiée chez Galllmeister qui me laisse sur ma faim. La dernière en date? My absolute darling de Gabriel Tallent. Là, j’ai besoin d’un p’tit break!

Une histoire des loups, Emily Fridlund, trad. Juliane Nivelt, Gallmeister, 304 pages, 2017.

J’ai lu ce roman dans le cadre de mon challenge 50 États en 50 romans (État du Minnesota).

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20 commentaires

  1. J'ai eu aussi le sentiment que c'était un peu confus, mais j'ai aimé le personnage de Madeline ;o)

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    1. Seul mon «attachement» pour Madeline m'a retenue. Sans ça, j'aurais abandonné le roman à la moitié!

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  2. Tu sais quoi? Je suis rassurée que la sauce n'ait pas pris pour toi. Ce que tu dis est exactement ce que j'ai ressenti tout au long de cette lecture qui m'a paru interminable !
    En tout cas j'ai fait une heureuse en envoyant mon exemplaire à Electra.

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    1. Electra est souvent surprenante! On s'emballe souvent pour un même livre, mais quand ça ne colle pas, nos avis divergent complètement.

      Heureusement de savoir qu'on s'entend sur ce coup. Aussi, je vais te faire confiance pour "Aquarium"!

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  3. J'ai voulu le lire suite à plusieurs avis emballés lus au moment de sa parution. Puis j'ai vu peu à peu fleurir des avis se rapprochant du tien... dommage (quoiqu'il s'agisse d'une plutôt bonne nouvelle pour ma PAL). J'ai en revanche toujours l'intention de lire My absolute Darling, qui m'a l'air plus intense que celui-ci, mais j'attendrai sa parution en poche.

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    1. Autant j'ai pu enfoncer le pieux dans "My absolute Darling", autant je peux reconnaître qu'il est nettement mieux maîtrisé que le roman de Fridlund. Il y a plusieurs éléments qui m'ont déplu, mais ça reste dans l'ordre du personnel, n'enlevant rien à la qualité du roman. À l'opposé, le roman de Fridlund aurait mérité un sérieux travail d'édition...

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  4. C'est un roman qui ne laisse pas indifférent. Perso, il m'a bien plu car je ne m'attendais pas du tout à tomber sur ce genre d'histoire. J'ai été d'abord déroutée, puis finalement ce qui me reste de cette lecture après plusieurs mois, c'est l'étrangeté de cette adolescente au mode de pensée un peu baroque.

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    1. Je suis totalement d'accord avec toi pour l'ado. Le personnage et sa vision du monde portent entièrement le roman. Tout ce qu'il y a autour a très peu d'intérêt pour moi, dans la mesure où c'est trop brouillon.

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  5. Qu'est-ce que je me suis ennuyé avec ce roman ! Tout sauf une réussite pour moi aussi, on est raccord sur ce coup-là^^

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    1. Une fois de plus raccord!
      Pour ma part, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer, occupée que j'étais à me gratter la tête en me demandant où est-ce que j'étais rendue!

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  6. Il ne m'attire pas ce livre. Les loups du titre auraient pu m'attirer, mais le contexte de l'histoire n'a rien pour me tenter.
    (et pourtant moi j'aime My Absolute Darling!)

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    1. Je ne te l'aurais pas conseillé, quoique... si tu aimes "My Absolute Darling", ça pourrait le faire!
      J'ai hâte de te lire sur ce dernier!

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  7. Je l'ai lu, au début enthousiaste, puis avec un léger agacement de "où veut-elle en venir ?", surtout concernant le prof pédophile qui n'a rien à faire dans l'histoire. J'ai terminé le bouquin avec un goût d'inachevé et ne l'ai même pas chroniqué ...

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    1. C'est exactement ce qui m'est arrivée: un début fort et engagement, puis le sentiment de perdre le fil.

      J'ai appris que l'intrigue autour du prof pédophile constituait une histoire à part. Ce n'était pas judicieux, à mon avis, de chercher à l'inclure dans son roman. À trop vouloir en mettre, ça brouillonne!

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  8. Sur ce coup, je penche du côté d’Electra. J’ai beaucoup aimé ce roman, son rythme lent, son ambiance et même ses zones grises où on ne comprend pas trop ce qui se passe (comme l’ado). Une auteure à suivre à mon avis.

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    1. Electra sera ravie d'avoir enfin quelqu'un de son côté!

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  9. je l'ai lu et je n'arrive pas à me souvenir si je l'ai fini ou pas... dire à quel point il m'a marqué !

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  10. Je l'ai lu à sa sortie et j'avais apprécié. Mais en voyant sur instagram que tu l'avais lu, j'ai essayé de me rappeler l'histoire et alors... zéro souvenir ! C'est rare que ça m'arrive pour un livre lu il y a seulement quelques mois...

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    1. «zéro souvenir»: ce n'est pas bon signe...! Ce n'est donc pas ce qu'on peut appeler une lecture marquante?!

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