Rentrée littéraire · automne 2018 · repérage

dimanche, juillet 15, 2018


Même si je tente de faire la sourde oreille, je narrive pas à rester insensible devant les futures parutions. Chaque année, c’est la même histoire: je fonds devant l’attrait des nouveautésIl faut dire que la prochaine rentrée littéraire s’annonce foisonnante. Elle marque notamment le retour de Maylis De Kerangal, Zadie Smith, Jennifer Egan, Jeffrey Eugenides, Nicole Krauss, Yasmina Khadra, Agnès Desarthe, Jérôme Ferrari, Olivier Adam et Antonin Varenne. Ceux-là, je vous les laisse pour l’instant. Pour ma part, je vais plutôt me concentrer sur ceux-ci!


· MES INDISPENSABLES ·

UNE DOUCE LUEUR DE MALVEILLANCE – DAN CHAON – ALBIN MICHEL

«Nous n’arrêtons pas de nous raconter des histoires sur nous-mêmes. Mais nous ne pouvons maîtriser ces histoires. Les événements de notre vie ont une signification parce que nous choisissons de leur en donner une.» Tel pourrait être le mantra de Dustin Tillman, psychologue dans la banlieue de Cleveland. Ce quadragénaire, marié et père de deux adolescents, mène une vie somme toute banale lorsqu’il apprend que son frère adoptif, Rusty, vient d’être libéré de prison. C’est sur son témoignage que, trente ans plus tôt, celui-ci a été condamné à perpétuité pour le meurtre de leurs parents et de deux proches. Maintenant que des tests ADN innocentent son frère, Dustin s’attend au pire. Au même moment, l’un de ses patients, un policier en congé longue maladie, lui fait part de son obsession pour une étrange affaire: la disparition de plusieurs étudiants des environs retrouvés noyés, y voyant la marque d’un serial killer. Pour échapper à sa vie personnelle, Dustin se laisse peu à peu entraîner dans une enquête périlleuse, au risque de franchir les limites que lui impose son rôle de thérapeute. Plongée dans les ténèbres, celles d’un homme submergé par ses propres contradictions et les failles de sa mémoire, Une douce lueur de malveillance est un livre virtuose et vénéneux. Une écriture glaçante, une inventivité littéraire qui bouscule les structures du roman contemporain: rarement un écrivain aura su explorer le mystère de l’identité avec un réalisme aussi obsédant.


LA SOUPLESSE DES OS – D. W. WILSON – DE L’OLIVIER

Kootenay Valley. Dans ce coin reculé de Colombie Britannique, la rudesse des hommes et de la nature cachent bien souvent des histoires secrètes, et des sensibilités qui n’osent pas révéler leur profondeur. On s’y bagarre, on boit des bières, on fume au bord des lacs. Et on y fait parfois de mauvaises actions: en sabotant une balançoire, deux adolescents provoquent un drame qu’ils n’avaient pas anticipé; un jeune homme décide de ne pas avertir son meilleur ami de l’arrivée d’une voiture sur la route, les fils défient leurs pères et les affrontent, au sens littéral… Le monde de D.W. Wilson est un monde de taiseux où les bonnes intentions mènent à l’échec, et où les personnages se blessent les uns les autres, sans le vouloir et sans se l’avouer. Pleines de violence sourde et de tension, ces douze nouvelles sont autant de cocktails d’adrénaline et de vulnérabilité, d’obstination et de dignité.




LE POIDS DU MONDE – DAVID JOY – SONATINE

Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle par où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aider se retrouvent soudaine avec une quantité de drogue et d'argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable? Après Là où les lumières se perdent, unanimement salué par la critique, David Joy nous livre un nouveau portrait saisissant et désenchanté de la région des Appalaches, d’un réalisme glaçant. Un pays bien loin du rêve américain, où il est devenu presque impossible d’échapper à son passé ou à son destin. Plus encore qu'un magnifique «rural noir», c’est une véritable tragédie moderne, signée par l’un des plus grands écrivains de sa génération.




LE PARADOXE D’ANDERSON – PASCAL MANOUKIAN – SEUIL

Plus rien n’est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes. À 17 ans, Léa ne s’en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir. La famille habite dans le nord de l’Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles. Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort, leur fille se prépare à passer le bac, section «économique et social». Pour protéger Léa et son petit frère, Aline et Christophe vont redoubler d’imagination et faire semblant de vivre comme avant, tout en révisant avec Léa ce qui a fait la grandeur du monde ouvrier et ce qui aujourd’hui le détruit. Comme le paradoxe d’Anderson, par exemple. «C’est quoi, le paradoxe d’Anderson?» demande Aline. Léa hésite. «Quelque chose qui ne va pas te plaire», prévient-elle. Léon, dit Staline, le grand-père communiste, les avait pourtant alertés: «Les usines ne poussent qu’une fois et n’engraissent que ceux qui les possèdent.»



· PLACE AUX DÉCOUVERTES · 

MADE IN TRENTON – TADZIO KOELB – BUCHET CHASTEL

New Jersey, 1946. Alors que le monde sort tout juste des horreurs de la guerre, travailler dans l’industrie florissante de Trenton est une des clés de l’émancipation pour les classes populaires de la côte est des États-Unis. Le rêve américain fonctionne à plein, et le mystérieux Abe Kunstler, nouveau venu à l’usine, semble déterminé à en tirer parti. Travailleur obstiné, bon camarade, buveur émérite, Abe est l’archétype du col bleu: sauf qu’Abe est un mirage, un imposteur qui cache un terrible secret. De l’après-guerre au Vietnam, l’histoire de Kunstler nous montre combien ce rêve américain est une machine implacable qui broie tous ceux qui ne sont pas nés dans la bonne classe, le bon corps, la bonne peau. Confronté à une société américaine au conformisme impitoyable, empêtré dans une vie de mensonges et menacé de voir son secret révélé, jusqu’où Abe Kunstler sera-t-il prêt à aller pour préserver l’existence qu’il a tenté de se forger?




LE GRAND NORD-OUEST – ANNE-MARIE GARAT – ACTES SUD

Fin des années 1930. Lorna del Rio quitte précipitamment les beaux quartiers d’Hollywood avec la petite Jessie et fonce vers le Grand Nord-Ouest du Yukon et de l’Alaska, sur les routes, par mer et jusque sur les anciennes pistes indiennes. Son périple croise les légendes de l’épopée de l’or et des trappeurs d’antan, avec pour seul guide une mystérieuse carte folle et ses munitions de première nécessité: son étole de vi­son, sa trousse à maquillage, son colt, une fortune volée dans le coffre d’Oswald Campbell, feu l’obèse papa de Jessie; et surtout une sacoche pleine de vilains secrets. D’où vient-elle, que fuit-elle? Que cherche l’intrépide pin-up, qui change de nom à tout bout de champ et ment comme elle respire? L’histoire de cette cavale, c’est Jessie qui, quinze ans plus tard, un soir d’avril 1954, la raconte à Bud Cooper, dans la banlieue d’Anchorage. Car qui d’autre que Bud tendrait l’oreille pour comprendre ce qu’a vécu Jessie, l’année de ses six ans, protégée par Kaska, l’Indienne gwich’in, puis réfu­giée dans une autre tribu, et enfin exfiltrée par l’homme que le FBI a payé pour «délivrer» la fillette? Roman de la mémoire et des dernières frontières, des lé­gendes et des mythes amérindiens, Le Grand Nord-Ouest in­vite également en filigrane entre ses pages, où plane l’ombre de Jack London, toute une galaxie de figures de fiction où l’Alice de Lewis Carroll rencontrerait le Petit Chaperon Rouge, Peau d’Âne ou Ali Baba, mais aussi le Kid de Chaplin et Citizen Kane. Avec ce magistral nouveau roman, Anne-Marie Garat convie une fois de plus le lecteur à un éblouissant voyage.


LE MARS CLUB – RACHEL KUSHNER – STOCK

Romy Hall, 29 ans, vient d’être transférée à la prison pour femmes de Stanville, en Californie. Cette ancienne stripteaseuse doit y purger deux peines consécutives de réclusion à perpétuité, plus six ans, pour avoir tué l’homme qui la harcelait. Dans son malheur, elle se raccroche à une certitude: son fils de 7 ans, Jackson, est en sécurité avec sa mère. Jusqu’au jour où l’administration pénitentiaire lui remet un courrier qui fait tout basculer. Oscillant entre le quotidien de ces détenues, redoutables et attachantes, et la jeunesse de Romy dans le San Francisco de années 1980, Le Mars Club dresse le portrait féroce d’une société en marge de l’Amérique contemporaine.








AVEC TOUTES MES SYMPATHIES – OLIVIA DE LAMBERTERIE – STOCK

Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire. Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste. Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants.»





LE COMPLEXE D’HOFFMAN – COLAS GUTMAN – DE L’OLIVIER

Deux enfants, Simon et sa sœur Delphine, voient leur vie basculer quand leurs parents décident de se séparer. Pour supporter la situation, ils inventent des jeux cruels, des farces saugrenues, et même une vie quasi clandestine. Comme Simon, qui écrit un roman (83 ans) dans lequel il met en scène des parents monstrueux qui torturent une femme et son bébé. Une famille en crise, une mère psychanalyste, des enfants juifs et arabes confrontés au racisme ordinaire de leurs camarades: comique, émouvant, irrévérencieux  Le Complexe d’Hoffman est d’un réalisme extrême tout en recourant à l’imagination la plus débridée. Entre la B.D. (Reiser) et le surréalisme (Victor ou les enfants au pouvoir), Colas Gutman nous livre sa version du «roman familial». Et décrit les origines du racisme et de l’antisémitisme dès la cour de récréation. Colas Gutman écrit depuis 2006 des livres pour la jeunesse. Il est notamment l’auteur de la célèbre série Chien pourri.



MANUEL À L’USAGE DES JEUNES FILLES – MICK KITSON – MÉTAILIÉ

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville? Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur. Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins. Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature. Une vraie réussite.




HELENA – JÉRÉMY FEL – RIVAGES

Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d'une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres... Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena... Jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable? Après Les Loups à leur porte, Jeremy Fel aborde cette vertigineuse question dans une grande fresque virtuose aux allures de thriller psychologique.



L’ÉCART – AMY LIPTROT – GLOBE

Grande, fine, intrépide et avide de passion, elle vacille, tel un petit navire dans la tempête, elle hésite entre deux destins: se laisser emporter vers le sud, vers ce Londres qui brille, dans la nuit violente qui fait oublier le jour où l’on est trop seul, où tout est trop cher, où le travail manque. Ou se fracasser contre les falaises de l’île natale, dans cet archipel des Orcades battu des vents dont la vie rude lui semble vide et lui fait peur. Elle l’ignore encore mais il existe une troisième voie: écouter résonner l’appel qui la hante, qui vient toucher cette part d’elle assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté. Non pas rester mais revenir. Choisir. Troquer la bouteille assassine contre une thermos de café fort, troquer l’observation narquoise et éperdue de la faune des nuits de fêtes tristes pour la contemplation des étoiles et des nuages, et l’inventaire des derniers spécimens de râle des genêts, un oiseau nocturne comme elle, menacé comme elle, farouche comme elle. Sa voie s’appelle l’Écart. C’est l’humble nom d’une bande côtière où les animaux sauvages et domestiques peuvent se côtoyer loin des regards, où folâtrent des elfes ivres d’embruns. C’est le nom fier de son premier roman.


33 TOURS – DAVID CHARIANDY – ZOÉ

À Scarborough, on boit des bières au bord de la Rouge, on rêve d’Aisha, la fille la plus intelligente du lycée, on se bat avec les gangs rivaux. Ou alors, on se retrouve chez Desirea’s, qui tient autant du salon de coiffure que du night club. Michael et Francis, deux frères adolescents, mènent dans cette banlieue de Toronto une existence rythmée par les descentes de flics et le racisme ambiant. Ils n’ont jamais connu leur père et leur mère, Ruth, travaille nuit et jour pour leur donner une chance. Mais les espoirs de ces trois-là volent en morceaux lorsqu’une fusillade éclate, un jour d’été 1991. 33 tours est une histoire à haute tension, un hommage à l’art métissé du hip hop et un hymne à l’amour fraternel.







BALLES PERDUES – JENNIFER CLEMENT – FLAMMARION

Sur le parking d’un camp de caravanes, en plein cœur de la Floride, Pearl vit à l’avant d’une Mercury avec sa mère Margot qui dort sur le siège arrière. Elles se sont créé un quotidien à deux, fait de chansons d’amour, de porcelaine de Limoges, d’insecticide Raid et de lait en poudre. Outre ce lien fusionnel, l’adolescente peut aussi compter sur sa meilleure amie, Avril May, avec qui elle fume des cigarettes volées au bord d’une rivière pleine d’alligators, et sur les autres personnages excentriques des caravanes voisines. Mais cet équilibre fragile bascule à mesure que Pearl prend conscience du trafic d’armes qui s’organise autour d’elle, tandis que sa mère s’abîme dans sa liaison avec Eli, un mystérieux Texan au passé trouble qui prend peu à peu sa place dans la Mercury. Dans Balles perdues, Jennifer Clement signe un nouveau roman au lyrisme engagé. À travers le regard d’une jeune fille à peine sortie de l’enfance, elle dénonce avec humour et poésie le sort imposé aux plus démunis et les ravages causés par le marché de l’armement aux États-Unis.




PAR LES ÉCRANS DU MONDE – FANNY TAILLANDIER – SEUIL

Dans l’aube à peine levée sur un lac proche de Detroit, aux États-Unis, un vieil homme insomniaque laisse successivement le même message à sa fille et à son fils: il va bientôt mourir. Elle est une brillante mathématicienne et travaille à calculer les risques dans une compagnie mondiale d’assurances dont le siège est au World Trade Center, à New York. Lui est un vétéran de l’US Air Force, il dirige la sécurité à l’aéroport de Boston. C’est le matin du 11 septembre 2001 et un jeune architecte égyptien, Mohammed Atta, a pris les commandes d’un Boeing 767. Entre roman d’espionnage et méditation historique, entre western et fable dostoïevskienne, Fanny Taillandier propose de parcourir le labyrinthe cathodique d’un millénaire dont le spectacle, d’emblée, s’impose comme une énigme.






TROIS FOIS LA FIN DU MONDE – SOPHIE DIVRY – NOIR SUR BLANC

Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache au dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et un chat, au cœur d’une nature qui le fascine. Trois fois la fin du monde est une expérience de pensée, une ode envoûtante à la nature, l’histoire revisitée d’un Robinson Crusoé plongé jusqu’à la folie dans son îlot mental. L’écriture d’une force poétique remarquable, une tension permanente et une justesse psychologique saisissante rendent ce roman crépusculaire impressionnant de maîtrise.






JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE – ISABELLE DESESQUELLES – BELFOND

Loin du bruit du monde, Clémence grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n’a pas la voix d’une petite fille et ses mots sont ceux d’un mystère cruel. Que s’est-il passé pour que l’innocence se borde ainsi de noir? Plongée vertigineuse et poétique dans l’univers de l’enfance, Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre trouble et éclairs de joie, ce roman explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches. Et la redoutable force du souvenir.









LES CHANTS DU LARGE – EMMA HOOPER – LES ESCALES

À Terre-Neuve, sur une île au fin fond du Canada, vivent Finn, sa sœur Cora et leurs parents. A travers le brouillard, le vent et la pluie, Finn, onze ans, compte les bateaux de pêche, de moins en moins nombreux: il n’y a plus de poissons à pêcher et donc plus de travail. L’île se vide peu à peu de ses habitants et même ses parents sont obligés de travailler un mois sur deux dans l’Alberta. Sa sœur finit par partir. C’en est trop pour Finn: avec les caribous, le lichen et le vent comme seuls compagnons, il échafaude un plan pour sauver à la fois sa famille et son île.









MAGMA TUNIS – AYMEN GHARBI – ASPHALTE

Ghaylène, urbaniste intello et tourmenté, est au bout du rouleau. Il stagne professionnellement, sa salle de bain est sur le point de s’effondrer et sa relation avec Chiraz, étudiante en socio excentrique, touche à sa fin. Suite à une violente dispute, il quitte leur appartement dans l’intention de se donner la mort, rongé par la culpabilité. Mais rien ne va se passer comme prévu ce jour-là à Tunis: des chats étranges envahissent la ville, des lancers de pétards génèrent de dangereux mouvements de foule, et des happenings d’art contemporain loufoques perturbent un peu plus le quotidien… Les forces de l’ordre sont sur les dents, et Ghaylène ne tarde pas à remarquer qu’il est suivi. Le long des grandes avenues ou dans les rues tortueuses de la Médina, les personnages de Magma Tunis se croisent, s’évitent, se pourchassent… Une jeunesse tunisienne désenchantée est mise en scène dans ce récit solaire, éloge à la fois de la nonchalance et de la rébellion. Ce premier roman est également un portrait plein d’humanité de la ville de Tunis et de ses habitants.


Prochain repérage: la rentrée made in Québec. Mais celle-là, elle arrive plus tard.

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38 commentaires

  1. Evidemment, le Manoukian est dans mes propres repérages.
    Je n'avais pas remarqué Made in Trenton, mais ça semble intéressant. J'irai voir ça de plus près.
    J'ai le Manuel à l'usage des jeunes filles et je viens de terminer le Taillandier... assez intéressant.
    J'adore la rentrée... littéraire ! :-))

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    1. J'attends chaque roman de Manoukian comme l'hostie à la messe! Il fait partie des rares auteurs français que je suis à la trace.

      "Made in Trenton" est très intriguant. On verra bien.

      Le Taillandier... assez intéressant? Le «assez» me laisse songeuse!!!

      La rentrée est toujours une période excitante, hein?!


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    2. Toujours !
      Pour le Taillandier, j'en sortais tout juste. Besoin de laisser décanter. La réflexion est vraiment intéressante, mais il faut que je rédige mon billet pour y voir plus clair, voir vraiment où l'auteure veut précisément en venir...

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    3. Je vais rester à l'affût de ce billet. La réflexion me passionne. Quant au traitement qui en ait fait, ça reste à voir!

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  2. Comment veux tu que je sois raisonnable avec toutes ces tentations....!
    J'ai noté le Manoukian sur, le Joy et le Divry sans doute ( par contre j'en ai toujours deux de D'ivry dans ma pal ;-) )
    Le Fanny Tallandier me tente bien...Rrrr et l'Ecart aussi à l'air top....
    Il va falloir faire des choix

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    1. Il faut définitivement faire des choix!

      Te connaissant (un peu!), le Joy sera à lire. Si tu n'as pas encore lu son premier roman, fonce!

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    2. Ok ok je fini le blues de La harpie et je commence le David Joy....

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    3. Bonne fille!!!

      Ah, ce "Blues de La harpie"... Il traîne dans ma pal. Et son nouveau roman, qui paraîtra à la rentrée, semble pas mal du tout.

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  3. Alto va publier Les chants du large au Québec ;) Je vais le lire celui-là!
    Sinon j'avais déjà repéré Le poids du monde.
    Pour les autres, il n'y en a pas vraiment qui m'attire...

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    1. Depuis le temps que j'attends le prochain roman de David Joy. Enfin, il arrive!

      "Les chants du large"... On l'attend chez Alto. J'avais lu son premier roman, "Etta et Otto (et Russell et James)". Un beau roman doudou. J'espère que celui-ci sera moins «doudou»...

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  4. J'ai déjà lu le Desesquelles et le Lamberterie, je confirme que ça vaut le détour ! et sur le reste de ta liste, on en a qq1 en commun ;o)

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    1. Sapristi... Tu as de l'avance. Et dire que de mon côté, rien n'arrivera avant septembre!

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  5. j'attends avec impatience le Nicole Krauss!! sans doute ma plus grande attente pour cette Rentrée Littéraire!
    sinon comme toi je vais également lire le Olivia de Lamberterie, le Rachel Kushner, le Dan Chaon, le David Joy, le Amy Liptrot, le Mick Kitson...
    chez Stock je lirai aussi le Boltanski, chez Albin Michel le Kevin Hardcastle, chez Gallmeister le Julia Glass... je me demande aussi ce que vaut le nouveau Jeffrey Eugenides...

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    1. Je m'en doutais bien pour le Nicole Krauss! Je sais à quel point tu affectionnes ses romans. Je vais rester aux aguets!

      Pffff... Elle sera costaude, ta rentrée!

      Ah oui, tu me rappelles que j'ai oublié de noter le Kevin Hardcastle!

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  6. effectivement on a des tentations communes! Le Divry, le Fel et le Gutman sont dans ma pal :) Très tentée par le Manoukian, le David Joy et le Mick Kitson!
    encore une fois on devrait se régaler ;)

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    1. Il y a l'embarras du choix! Autant la dernière rentrée d'hiver était mollo côté tentations, autant celle de l'automne est trop tentante!

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  7. Eh ben ! je me disais que j'allais résister, mais je craque sur le D.H WILSON et le Joy et curieuse pour TRENTON (je crois que je l'ai vu à plusieurs reprises sur les sites anglophones). Pour Joy et Wilson, je me dis que du coup, je vais acheter leurs livres au festival et les faire dédicacer :-)
    Je suis en train de lire le Mick Kitson et c'est du bon ! tout pour te plaire, une ado hyper débrouillarde, la lande écossaise ...

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    1. Comment veux-tu résister? T'as vu les titres?!

      Comme le Wilson arrivera ici seulement le 23 octobre 2018, je vais le prendre au Festival. Idem pour le Joy.

      Je me doute bien que le Mick Kitson est fait pour moi!

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  8. J'avais aussi repéré Trois fois la fin du monde. Sophie Divry a entamé une oeuvre singulière qui m'enchante de plus en plus. Etant fan de Chien pourri, je suis aussi très intéressée par ce que Colas Gutman a à nous dire côté adultes. Dans ta liste, Made in Trenton et Une douce lueur de malveillance sont bien alléchants. Et je crois que je succomberais facilement au Manuel de survie à l'usage des jeunes filles et au Grand Nord Ouest. Pfiouh... Moi qui voulais relire mes classiques, ça paraît cuit!

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    1. Tu as raison, l'oeuvre de Sophie Divry est singulière et originale. Une auteure que je suis de près.

      Le Colas Gutman m'intrigue pour la même raison que toi. Comment ne pas être fan de "Chien pourri"?!

      Devant tant de tentations, tu n'auras pas trop le choix: enchaîner un classique après une nouveauté!

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  9. David Joy est bien sûr sur ma liste ! Et aussi Mick Kitson, Sophie Divry, Wilson et Dan Chaon. Je rajouterais aussi le nouveau Joe Meno "prodiges et miracles" qui sort fin Aout et que j'attend avec impatience :)

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    1. David Joy... Comment passer à côté? Son premier roman a été un gros coup de coeur.

      J'ignorais que Joe Meno sortait un nouveau roman. Tu me rappelles que je dois lire "Le Blues
      de La Harpie". Mais comment résister à son nouveau roman? Je viens de lire le résumé. Il me le faut!

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  10. A part quelques rares exceptions, soit je ne connais pas les auteurs, soit je les connais de noms mais je ne les ai jamais lus. Donc, aucune envie, ni réelle tentation.
    En revanche, je viens tout juste de lire une critique du Chaon qui ne va pas me pousser à le lire.
    Je vais guetter les retours sur le Jennifer Clement dont j'ai beaucoup aimé Widow Basquiat et sur le Chariandy qui est dans ma PAL.

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    1. Merci pour le lien. Je viens de lire le billet sur le roman de Dan Chaon. Je comprends ta réticence... Pour ma part, la curiosité l'emporte, car je lis tout de cet auteur.

      J'ai dans ma pal le premier roman de Chariandy. Je devrais peut-être le lire avant de recevoir son nouveau.

      "Widow Basquiat" m'avait échappée... Je vais aller voir de ce côté!

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  11. J'avoue ne pas avoir trop regardé cette rentrée littéraire ( à part sur le groupe Facebook géré par Léa). Le Manoukian me fait bien sûr envie (je n'ai pas encore lu son deuxième)je vais lire le nouveau de mon chouchou islandais Jon Kalman Stefansson !
    Je me laisserai guider alors... (J'ai d'ailleurs sorti mon billet sur ma PAL de l'été :-) )

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    1. J'ai toujours l'impression que les premiers échos de la rentrée arrivent de plus en plus tôt. C'est à peine si on a le temps de reprendre notre souffle!

      Le Manoukian... C'est l'un des rares romans français que je ne veux absolument pas manquer. Ses deux précédents romans ayant été des coups de coeur...

      Je file lire ton billet!

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  12. Pas d'envie dans ce que tu nous présentes ... ;-) Par contre, j'attends le Nicole Krauss ! "L'histoire de l'amour" est un de mes livres de chevet ...

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    1. J'ai l'impression que le roman de Nicole Krauss est très très attendu. J'avais lu "L'histoire de l'amour" à sa parution et il ne m'en reste plus rien, sinon une impression de confusion.

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  13. Made in Trenton fera partie de mes lectures. Pour le reste je ne me suis pas encore franchement penché sur la rentrée.

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    1. Tu n'es pas le premier à vouloir lire "Made in Trenton". Il semble très attendu, ce roman.

      Je resterai aux aguets! Ton avis risque de faire pencher ma balance d'un côté ou de l'autre.

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  14. Belle sélection! nous avons pas mal de titres enviés en commun : je recevrai en avant-première le David Joy (hiii cri de joie) ainsi que "Onze jours" de Gallmeister, grâce au Picaco River Book Club. Je reluque sur le premier roman d'Olivia de Lamberterie aussi, le sujet est fort! Après, je suis aussi ravie de retrouver Sophie Divry et... que dis-tu Agnès Desarthe, Maylis de Kérangal??? A surveiller tout ça!

    Ceci dit, je reste plongée dans mes "vieux" romans qui m'attendent depuis des lustres, avant de penser aux nouveaux.

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    1. QUOI?! Tu liras le David Joy avant moi?! Je verdis de jalousie!

      Pour le sujet, et pour l'auteure, je suis plus que curieuse de lire le premier roman de Lamberterie.

      Moi aussi, je suis dans mes "vieux" romans. L'été est LA période propice pour aller puiser de ce côté, et ça fait du bien!

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  15. Je n'avais pas repéré le nouveau Isabelle Desesquelles, un auteur que j'aime.

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    1. J'apprécie aussi cette auteure, que j'avais découvert avec "Les hommes meurent, les femmes vieillissent".
      Hâte de lire son petit nouveau!

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  16. Merci de m'avoir fait ajouter deux nouveaux titres sur ma liste déjà bien longue !! il me faut " Manuel à l'usage des filles " et " le Grand Nord ouest " absolument ! par contre cas de conscience pour le dernier, car je déteste le format des grands formats acte sud Argn!!

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    1. Ah, c'est drôle. Tu n'es pas la première à dire ne pas aimer les formats Actes Sud. Est-ce au point de te priver d'acheter un livre qui te fait envie?

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    2. Oui clairement ! ou alors j'attends la version poche. j'ai acheté un Claudie Gallay, impossible de le lire alors je me le suis procuré l'eBook. L'année dernière j'ai retenté avec l'homme de l'hiver de Peter Geye, je l'ai commencé puis abandonné ! je vais me forcer à le reprendre cet hiver, mais c’est fini. Le format me dérange vraiment, je ne le trouve pas "naturel"

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    3. Il faut vraiment que ce format te rebute pour t'empêcher de te procurer le livre. Heureusement, que le format poche existe. Mais encore faut-il que ledit livre sorte en poche.

      Ici aussi, il y a une maison qui publie dans ce format. Selon ma libraire, plusieurs passent leur tour... Tout ça pour dire que ce n'est pas un format gagnant pour plusieurs. Perso, ça ne me dérange pas trop, même si je préfère un format plus carré...

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