Des poches dans la poche · septembre 2018

dimanche, septembre 09, 2018


De grosses pointures arrivent en poche ce mois-ci. J’ai fait le tour des parutions, notant au passage les livres lus et appréciés, ceux que j’ai en grand format et ceux qui me font de l’oeil. C’est parti!


 LUS ET APPROUVÉS

UNE MORT QUI EN VAUT LA PEINE – DONALD RAY POLLOCK – LIVRE DE POCHE

1917, quelque part entre la Géorgie et l'Alabama. Le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, auxquels il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d'un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent leurs chevaux, décidés à troquer leur condition d'ouvriers agricoles contre celle de braqueurs de banque. Mais rien ne se passe comme prévu… Après Le Diable, tout le temps, couronné par de nombreux prix, Donald Ray Pollock revient avec une odyssée sauvage à l'humour très noir.



CRAY FATHER – BENJAMIN WHITMER – GALLMEISTER

Depuis qu’il a perdu son fils, Patterson Wells parcourt les zones sinistrées de l’Amérique pour en déblayer les décombres. Le reste du temps, il se réfugie dans sa cabane perdue près de Denver. Là, il boit et tente d’oublier le poids des souvenirs ou la bagarre de la veille dans un bar. Mais ses rêves de sérénité vont se volatiliser lorsqu’il fera la rencontre du fils de son meilleur ami, Junior, un dealer avec un penchant certain pour la bagarre. Les deux hommes vont se prendre d’amitié l’un pour l’autre et être peu à peu entraînés dans une spirale de violence.




ELEANOR OLIPHANT VA TRÈS BIEN – GAIL HONEYMAN – 10-18

Eleanor Oliphant est un peu spéciale. Dotée d’une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu’elle les pense, sans fard, sans ambages. Fidèle à sa devise « Mieux vaut être seule que mal accompagnée », Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d’une bouteille de vodka. Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses  Mais tout change le jour où elle s’éprend du chanteur d’un groupe de rock à la mode. Décidée à conquérir de l’objet de son désir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites. Car en naviguant sur les eaux tumultueuses de son obsession amoureuse et de sa relation à distance avec « maman », Eleanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d’un ami…



LE GRAND FORMAT M’ATTEND

UN JOUR, TU RACONTERAS CETTE HISTOIRE – JOYCE MAYNARD – 10-18

Après un mariage raté, un douloureux divorce et quelques brèves histoires, à cinquante-cinq ans, Joyce Maynard n’attend plus grand-chose des relations sentimentales. Et pourtant. Sa rencontre avec Jim vient tout bouleverser: l’amour comme elle ne l’imagine plus, celui qui va même lui faire accepter de se remarier. En 2014, après trois ans d’une romance tourbillonnante, on diagnostique chez Jim un cancer du pancréas. Au cours des dixneuf mois qui suivent, alors qu’ils luttent ensemble contre la maladie, Joyce découvre ce que signifie être un véritable partenaire, en dépit de la souffrance, de l’angoisse, du désespoir qui menace à chaque instant. « Un jour, tu raconteras cette histoire », lui avait dit Jim avec tendresse. C’est chose faite. Joyce Maynard retrace ces années heureuses faites de voyages, de petites et grandes folies, de bonheurs du quotidien – dîners sur leur terrasse près de San Francisco, escapades à moto, concerts de rock, baignades dans les lacs du New Hampshire ou du Guatemala. Puis, elle confie leur combat, leurs espoirs de guérison, les opérations et les médicaments, sa colère contre le sort, sa fatigue parfois, mais surtout la force de l’amour qui les unit. Avec sensibilité et finesse, Joyce Maynard se met à nu dans un texte empli de joies et de larmes, un récit bouleversant sur l’amour et la perte, une histoire unique qui a permis à chacun d’offrir à l’autre le meilleur de lui-même.


GLAISE – FRANCK BOUYSSE – LIVRE DE POCHE

Au cœur du Cantal, dans la chaleur de l’été 1914, les hommes se résignent à partir se battre, là-bas, loin. Joseph, tout juste quinze ans, doit prendre soin de la ferme familiale avec sa mère, sa grand-mère et Léonard, vieux voisin devenu son ami. Dans la propriété d'à côté, Valette, tenu éloigné de la guerre en raison d'une main atrophiée, ressasse ses rancunes et sa rage. Et voilà qu'il doit recueillir la femme de son frère, Hélène, et sa fille, Anna, venues se réfugier chez lui. Larrivée des deux femmes va finir de bouleverser un ordre jusque-là immuable et réveiller les passions enfouies.




HILLBILLY ÉLÉGIE – J.D. VANCE – LIVRE DE POCHE

Dans cet ouvrage à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l'industrie du charbon et de la métallurgie péricliter. Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest, ces « péquenots », que l'on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d'une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l'Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune?



JE LES ATTENDAIS

MANUEL À L’USAGE DES FEMMES DE MÉNAGE – LUCIA BERLIN – LIVRE DE POCHE

Elle est une grande écrivaine injustement méconnue, une reine de la narration. Lucia Berlin (1936-2004), mariée trois fois, mère de quatre garçons, raconte ici ses multiples vies en quarante-trois épisodes. Élevée dans les camps miniers d'Alaska et du Midwest, elle a été successivement une enfant solitaire au Texas durant la Seconde Guerre mondiale, une jeune fille riche et privilégiée à Santiago du Chili, une artiste bohème dans le New York des années 1950 et une infirmière aux urgences d'Oakland. Elle a su saisir les miracles du quotidien jusque dans les centres de désintoxication du sud-ouest des États-Unis, égrenant ses conseils avisés et loufoques tirés de ses propres expériences d'enseignante, standardiste, réceptionniste, ou encore femme de ménage. Un destin exceptionnel.


PACIFIQUE – TOM DRURY – POINTS

L’océan Pacifique est son nouveau foyer. Après avoir quitté son Midwest natal, Micah goûte à la liberté. Ses retrouvailles avec sa mère Joan et son amour pour l’intrépide Charlotte font de lui un adolescent comblé. Pourtant, la nostalgie le gagne: son ancienne vie lui semble désormais trop lointaine. Pas d’inquiétude, Micah. Le comté de Grouse pourrait se trouver bien plus près qu’il n’y paraît. Né en 1956 dans l’Iowa, Tom Drury a été désigné par la revue Granta comme l’un des 20 meilleurs romanciers américains. Dans Pacifique, on retrouve avec délectation les habitants du comté de Grouse, bourgade imaginaire du Midwest américain, rencontrés dans La Contrée immobile, La Fin du vandalisme et Les Fantômes voyageurs.



À MALIN, MALIN ET DEMI – RICHARD RUSSO – 10-18

North Bath, ancienne cité industrielle du New Jersey mal remise de la crise, continue de dépérir. Cette ville, Douglas Raymer ne l’a jamais quittée. Dégarni, enclin à l’embonpoint, il est veuf d'une femme qui s’apprêtait à le quitter. Pour qui? Voilà une question qui torture ce policier à l’uniforme mal taillé. Avec Sully, vieux loup de mer septuagénaire qui noie son diagnostic fatal dans l’alcool et la cigarette, ils sont les deux piliers branlants de cette ville bâtie de travers. Mais en quarante-huit heures, plus rien ne sera comme avant : un mur de l’usine s’effondre, les serpents envahissent les rues, les morts s’accumulent et entre catastrophes et révélations, tous les habitants de North Bath sont pris dans une sacrée tempête. Richard Russo retrouve ici les personnages d’Un homme presque parfait, et nous livre une symphonie humaine féroce et déjantée.



ILS ME FONT DE L’OEIL

LA RUE – ANN PETRY – 10-18

Des rues comme la 116e, réservées aux Noirs, ont tué Mom, fait de Pop un ivrogne, poussé Mrs Hedges au bordel, et broyé des milliers d'autres avant eux. Mais cela ne lui arrivera pas à elle, Lutie: parce qu'elle a la volonté de lutter. Contre l’argent-roi, qui manque toujours, contre la folie des hommes, qui abusent inlassablement des femmes, contre la loi de la rue, qui tôt ou tard risque de lui prendre son fils. Et quel choix peut avoir une jeune femme noire, pauvre, mère célibataire, piégée dans le ghetto de Harlem au cœur des années 1940? Celui de livrer un combat acharné pour tenter de déjouer sa condition, et rêver du meilleur, en espérant ne pas récolter le pire… Ode aux âmes fortes, ce roman paru aux États-Unis en 1947 est un morceau de bravoure – noir, brut, poignant. Un chef-d’œuvre à découvrir absolument.


À CONTRE-COURANT – RICHARD FLANAGAN – BABEL

Aljaz Cosini, guide de rivière, se noie sous les yeux du groupe de clients qu’il était censé encadrer sur un parcours de rafting, en plein cœur de la Tasmanie. À mesure qu’il sombre vers le fond et juste avant que son cerveau ne s’éteigne tout à fait, les souvenirs remontent à la surface, comme autant de visions terribles et merveilleuses. Ce roman puissant, considéré comme un classique de la littérature australienne, est le premier de Richard Flanagan (Man Booker Prize 2014 pour «La Route étroite pour le Nord lointain»).




DÉCEPTION

D’EXTASE ET D’AMOUR FÉROCE – DYLAN LANDIS – 10-18

Le bouleversant roman d'apprentissage d'une jeune femme dans le New York bohème des années 1970.New York, Greenwich Village, années 1970. Rainey Royal, quatorze ans, habite une maison autrefois élégante mais aujourd'hui délabrée. Elle vit avec son père, musicien de jazz culte, qui mène une existence bohème dans cette grande demeure ouverte à tous. Sa mère ayant déserté le foyer pour aller vivre dans un ashram, Rainey est livrée à elle-même, proie facile pour les protégés de son père qui vont et viennent dans la maison. À l'extérieur, l'adolescente rebelle se révèle forte et cruelle, violente même, jouant du pouvoir de séduction qu'elle exerce sur les autres pour trouver son chemin. Avec une élégance rare, Dylan Landis dessine le portrait d'une jeune fille à la fois conquérante et vulnérable. Personnage envoûtant, Rainey Royal déploie sa beauté au fil de ce bouleversant roman d'apprentissage.


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26 commentaires

  1. Eleanor bien évidemment et je garde un bon souvenir du Maynard! Le Vance m'attend aussi en grand format! Très curieuse de découvrir Whitmer que je n'ai jamais lu et le Bouysse!

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    1. C'est grâce à toi que j'avais finalement craquer pour "Eleanor". Je t'en remercie encore!

      Le Maynard, je n'arrive pas à passer au travers! Je le prends et le repose tout le temps...

      Pour Bouysse, tu as lu "Grossir le ciel"? Je ne me souviens plus.

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  2. Il n'y a que Pacifique qui me tente pas...
    Le hilligie, c'est sur, va rejoindre ma pal, pour les autres on va attendre un peu ;-)

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  3. Le Russo a déjà rejoint mes étagères et comme toi, Glaise m'attend en grand format. Si une LC te tente...

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    1. Pour "Glaise", une LC me tente, mais ce ne sera pas avant un bout!

      Le Russo... Il faut vraiment que je m'attaque à cet auteur!

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    2. On peut prévoir de lire le Bouysse pour quand tu veux, même si c'est dans plusieurs mois (j'ai de quoi voir venir !!)

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    3. Ok, je te fais signe lorsque son tour arrivera!

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  4. aaaah Pollock et Bouysse !! que d'excellents souvenirs de lecture !! trooooop bien !
    Par contre, le Maynard m'a profondément ennuyée ...

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    1. Pareil pour le Pollock. J'en garde un souvenir jouissif!

      De Bouysse, je n'ai lu que "Grossir le ciel". Un coup de coeur. Je compte bien remettre ça.

      J'ai feuilleté ce Maynard, mais je n'ai pas encore eu l'envie de passer le pas et de le lire... Pas bon signe!

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  5. J'ai été moins enthousiaste à la lecture de Glaise qu'à celles de Plateau et Grossir le ciel. On verra ce que tu en penses.

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    1. Du coup, j'hésite à la lire. Je garde tellement un bon souvenir de "Grossir le ciel"...

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  6. Le Pollock me fait terriblement envie!
    De ta sélection, il n'y a que Lucia Berlin qui est passé par moi!

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    1. Je garde un très bon souvenir du Pollock. Peut-être un peu trop déjanté et trash pour toi. Ça reste à voir!

      Le Lucia Berlin me fait hésité depuis sa parution en grand format. À trop hésiter, ce n'est jamais bon signe... Non?

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  7. j'adore la couverture d'Eleanor ! c'est une lecture qui m'a beaucoup plu, il faut que j'écrive mon billet ! je manquais de concentration pour le Lucia Berlin, je l'ai abandonné au bout d'une centaine de pages...
    Glaise me tente bien, et il faudra que je lise Hillbilly Elegie un jour...
    en tout cas, il y a du lourd au niveau des sorties en poche !

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    1. Moi aussi, je trouve que la couverture d'Eleanor est sublime. Ce roman m'a vraiment surprise. Très rafraîchissant, sans mièvrerie.

      Dommage pour le Lucia Berlin. J'hésitais à le prendre en grand format... Je verrai pour la version poche.

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  8. Une belle sélection. Pour ma part j'en retiens La rue d'Ann Petry. Merci!

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    1. Bon choix! C'est aussi celui qui me fait le plus de l'oeil. La couverture et le résumé sont très tentateurs...

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  9. Oh la jolie couverture d'Eleanor, là ça donne encore plus envie ! Désolée, j'ai chopé un méchant virus et du coup, pas d'ordi ce week-end - et aujourd'hui je bosse encore comme une folle, trop hâte d'être enfin en vacances !! et d'être à Vincennes .. j'ai repéré les mêmes que toi (évidemment)
    j'ai la déception dans ma PAL (la version brochée) du coup .. on en reparlera ?
    sinon j'adore ta coquille dans ton billet ! J'ignorais que tu connaissais même ce mot en anglais ;-)

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    1. Je plussoie, la couverture d'Eleanor est magnifique. Quoique celle en grand format m'avait particulièrement accroché l'oeil.

      Encore un virus?!

      Où ça, la coquille? Ce sont les résumés des livres, repiqués des maisons d'édition!

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  10. Réponses
    1. Tu as raison, c'est un mois particulièrement fructueux, sans compter toutes les tentations en grands formats!

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  11. Le Russo est vraiment excellent, tu peux foncer les yeux fermés !

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    1. Je le note et le souligne, alors! Depuis le temps que je me dis que je dois enfin lire Russo!

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