Les héros de la frontière · Tenir jusqu'à l'aube

mercredi, février 20, 2019


Deux romans: un américain, un français. Leur unique point commun est de mettre en scène une mère célibataire. Il n’y a pas lieu de comparer ces deux romans, mais je ne peux m’empêcher de mettre côte à côte ces deux portraits de mère, pour le meilleur et pour le pire!


LES HÉROS DE LA FRONTIÈRE – DAVE EGGERS

Ma première incursion dans l’œuvre de Dave Eggers se fait sur le tard. J’avais repéré Zeitoun, Le Grand Quoi et Le cercle, puis du temps est passé. Avec Les héros de la frontière et cette histoire de roadtrip en Alaska, je me suis dit que ce roman-là, je le lisais tout de go.

À quarante ans, Josie est fatiguée de sa vie, de la vie. «Elle était fatiguée de l’odyssée d’une journée, des humeurs innombrables contenues dans n’importe quel intervalle de temps.» Cette dentiste, mère de Paul, huit ans, et d’Ana, cinq ans, s’empêtre dans un procès qu’une patiente lui a collé.

Elle en avait assez du drame inutile de la vie. Si la théâtralité était nécessaire, d’accord. Si un être humain gravissait une montagne et qu’au cours de cette ascension tempêtes, avalanches et éclairs étaient lancés par des cieux en colère, alors elle pourrait accepter le drame, participer au drame. Mais le drame de banlieue pavillonnaire était tellement ennuyeux, tellement absurde à première vue, qu’elle ne pouvait plus supporter la compagnie de quiconque trouvait cela réel ou digne d’intérêt.

Elle en avait terminé. Avec la ville. Avec son cabinet, avec les couronnes en céramique, avec les bouches de l’impossible. Elle en avait terminé, elle s’en était allée. Elle avait mené une vie confortable, or le confort est la mort de l’âme, qui est par nature interrogatrice, insistante, insatisfaite. Cette insatisfaction pousse l’âme à partir, à se fourvoyer, à se perdre, à lutter et à s’adapter. Et s’adapter, c’est grandir, et grandir c’est vivre. Un être humain choisit soit de voir du nouveau, des montagnes, des cascades, des orages mortels, des mers et des volcans, soit de voir les mêmes choses manufacturées perpétuellement remodelées.

Josie décide de partir avec ses enfants en laissant tout en plan derrière elle. Direction l’Alaska, un endroit qui «n’avait occupé ses pensées que quelques semaines avant qu’elle ne se décide à quitter l’Ohio.» Elle part, sans aviser Carl, le père des gamins, qui vit maintenant en Floride avec sa nouvelle flamme. De toute façon, pour ce que ça pourrait lui faire… Avec 3000$ en poche, Josie atterrit en Alaska et loue un vieux camping-car brinquebalant, baptisé «Le Château». Mère et enfants sillonnent les routes sans destination précise, sans carte de crédit, ni téléphone portable. Dorénavant injoignables, inatteignables.

Sur les terrains de camping, les airs de repos et les restaurants, à chaque tournant de la route, Josie et ses enfants font des rencontres souvent bonnes, rarement mauvaises. Même s’ils sont poursuivis par les feux de forêt et les orages, ils en prennent plein les yeux: les paysages sont grandioses, à couper le souffle. Arrivés sur le site d’une mine d’argent à l’abandon, ils s’installent quelques temps. C’est là qu’ils apprennent à compter sur leur propre instinct. C’est là que Josie réalise qu’elle ne fuit plus. Maintenant, elle va de l’avant. Elle ignore encore vers quoi, mais c’est par là, tout droit en avant. Se poser des questions est peut-être plus important que d’obtenir des réponses? Le trajet n’est-il pas plus important que la destination?

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Quel agréable moment j’ai passé en compagnie de Josie et de ses enfants… J’ai eu l’impression d’être à assise à bord du camping-car, de faire le chemin avec eux. L’aura qui se dégage de ce roman m’a fait un bien fou. Surtout pour les questions que le roman pose, dont la principale: vit-on la vie qu’on veut vivre?

J’ai lu plusieurs billets où il était question de l’irresponsabilité de Josie, de sa témérité, de son inconséquence et de son léger penchant pour les verres de vin. Les jugements volaient haut. Moi, j’ai adoré Josie pour son authenticité. Cette femme doute, fait des erreurs, prend des risques (souvent très risqués), mais elle est humaine, terriblement humaine. Elle n’hésite pas à poser des gestes qui bousculent. Ce qu’elle apprend et fait vivre à ses enfants, aucun banc d’école ne pourra le leur apprendre à ce point: débrouillardise, autonomie, courage, patience et empathie. Une fois adulte, on peut gager qu’ils n’auront jamais oublié leur périple familial et ce qu’ils en auront retiré.

Dave Eggers ne se gêne pas pour pointer du doigt la manière dont le monde évolue. La critique sociale est omniprésente. Dans un style vif et limpide, il vilipende avec beaucoup d’humour le conformisme étouffant. Il est remarquable qu’un auteur arrive à se glisser avec autant de justesse et se sensibilité dans la peau d’une femme.  

Maintenant… Plusieurs petits points m’ont agacée. Certains personnages sont tracés à gros traits, comme Carl, le père des enfants, avec ses phases d’urination massive et son tempérament diarrhéique (Il passe sa vie aux toilettes. C’est drôle, mais on en revient.), son irresponsabilité et sa lâcheté, est insupportable. J’ai, par moment, trouvé les arrêts un peu longs, ayant hâte de regagner mon siège. Quand Josie rencontre une bande de musiciens et rêve de créer une comédie musicale, j’aurais pris le volant et poursuivi mon chemin!

Un roman d’une légèreté profonde, inspirant, qui secoue et pousse à la réflexion, voire à la remise en question (pour qui y est sensible). Une grande bouffée d’air frais qui a le mérite d’ébranler nos jugements et certitudes.

Les héros de la frontière, Dave Eggers, trad. Juliette Bourdin, Gallimard, 400 pages, 2018 [2016].

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TENIR JUSQU’À L’AUBE – CAROLE FIVES

Après Les héros de la frontière, j’ai décidé d’enchaîner avec Tenir jusqu’à l’aube de Carole Fives et d’aller à la rencontre d’une autre mère célibataire. Si j’ai ressenti une énorme empathie pour Josie, la mère du roman de Carole Fives m’a fait grafigner les murs.

En gros, ça tourne autour du quotidien d’une jeune mère qui a un bambin de deux ans sur les bras. Graphiste freelance, elle tire le diable par la queue depuis que son compagnon s’est fait la malle. Mère et enfant attendent son retour. Histoire de prendre une bouffée d’air et de sortir de sa prison, la mère commence à s’éclipser, quelques minutes, puis quelques heures, la nuit.

Elle tenait la journée, elle tenait pour le petit. Mais quand la nuit s’annonçait, elle avait hâte de le voir endormi, de pouvoir enfin tout lâcher, les craintes, les colères retenues. Mais l’enfant n’en finissait pas de revenir, tantôt il a soif, ou peur, ou envie de faire pipi, tantôt il voulait juste qu’elle reste là, «à côté, à côté». Elle se recomposait aussi vite un visage de mère rassurante, donnait à sa voix des inflexions douces. Parfois, elle perdait patience, elle aurait voulu qu’il se taise, qu’il arrête de la solliciter, qu’il lui fiche enfin la paix. Elle était lasse, fatiguée de cette créature qu’elle avait créée de toutes pièces: la bonne mère. C’était sans doute dans ces moments-là que l’envie de fuir était la plus forte. Quand elle réalisait qu’elle ne supportait plus cet unique rôle où on la cantonnait désormais, dans un film dont elle avait manqué le début, et qu’elle traversait en figurante. C’était alors que les fugues s’imposaient, comme une respiration, un entêtement.
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J’ai lu Tenir jusqu’à l’aube d’une traite, en me disant: «Ça vas-tu finir par ben aller?» Eh non, jamais. Y’a toujours ben un maudit bout à ce que ça aille mal! Le tableau est noir, très très noir. Aucune lumière. Jamais. Les hommes ont tous le mauvais rôle: le gamin insupportable, le père de la femme intolérant, le médecin froid et expéditif, l’huissier sans pitié, le mari de la voisine qui finit par tuer sa femme, le père de l’enfant fantomatique. Ça ne se passe pas mieux du côté des femmes: la voisine, l’éducatrice de la crèche, les mères au parc, celles sur les forums de discussion, toutes manquent cruellement d’empathie. Aucune solidarité entre ces pages…  La vision simplificatrice, manichéenne du monde en conforteront peut-être plusieurs dans leur position de féministes extrémistes. Je ne conteste pas que le fond repose sur des vérités. La critique sociale qui sous-tend le roman est fondée, l’inégalité entre hommes et femmes est un fait. Reste que tout est dans la façon de le dire. Et là, c’en était trop pour moi.

Le fait que la mère et l’enfant n’aient pas de noms (c’est «elle», et c’est «l’enfant» ou «le petit») contribue sans doute à ajouter une couche de froideur à l’ensemble. Impossible pour moi d’éprouver la moindre once d’empathie pour les gens qui se posent en victimes. Ce que fait la narratrice du roman tout au long de ces pages. En passant, je suis une mère célibataire et j’aime les hommes. J’élève seule ma sauterelle, sans garde alternée, depuis que je me suis séparée du père, lorsqu’elle avait trois mois. Et je ne m’en plains pas, même si ce n’est pas tous les jours rose.

Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives, L’arbalète/Gallimard, 192 pages, 2018.

Je fais sans doute cavalière seule sur ce coup! Eva et Mes échappées livresques ont été conquises. Krol un peu moins.

Pour conclure, la fable des casseurs de pierres attribuée à Charles Peguy me semble à-propos!
Un pèlerin en route vers Chartres voit un type fatigué, suant, qui casse des cailloux. Il sapproche de lui:
- Que faites-vous, monsieur?
- Vous voyez bien, je casse des cailloux, cest dur, jai mal au dos, jai soif, jai chaud. Je fais un sous-métier, je suis un sous-homme.
Continuant, il voit plus loin un autre homme qui casse des cailloux, lui na pas lair mal:
- Monsieur, que faites-vous?
- Eh bien, je gagne ma vie. Je casse des cailloux, je nai pas trouvé dautre métier pour nourrir ma famille, je suis bien content davoir celui-là.
Poursuivant son chemin, le pèlerin sapproche d'un troisième casseur de cailloux, souriant, radieux.
- Moi, Monsieur, dit-il, je bâtis une cathédrale.

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35 commentaires

  1. Les livres traitant que de la maternité ne me tentent pas et tu viens de me montrer que je ne devais pas me précipiter sur le Fives :-D
    (Dans un autre genre, je n'ai pas aimé un livre encensé aussi par la blogosphère... "Einstein, le sexe et moi"... )

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    1. Enfin, un sujet qui ne t'intéresse pas! Tu peux bien passer ton chemin la tête haute!

      J'ai résisté à la vague "Einstein, le sexe et moi" et je pense avoir bien fait. En tou cas, je ne regrette pas de ne pas l'avoir lu!

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  2. Le premier m'attirait déjà davantage avant ton avis, qui enfonce le clou... je m'étonne toujours de ces gens qui portent des jugements sur des personnages de romans ou de films, en se disant qu'ils n'agiraient pas comme eux. Le but de la lecture (et du cinéma) est justement en partie d'aller à la rencontre de héros qui ne nous ressemblent pas, non ? Ce serait tellement triste et angoissant, si -dans la vie comme dans les romans d'ailleurs- nous pensions et agissions tous de la même manière. Et un roman est particulièrement réussi quand il parvient à nous intéresser, voire à nous attacher, à un héros dont les agissements, les valeurs, sont aux antipodes de ceux du lecteur !

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    1. Je partage tes mots à 100%. Je suis pour la diversité plutôt que pour la pensée unique. Un roman réussi ouvre nos horizons plutôt que de nous conforter dans nos positions. Comme toi, je suis toujours étonnée lorsqu'on porte un jugements sur un personnage fictif. J'ai ben de la misère avec les jugements en général. Difficile de donner des conseils ou de juger quand on n'est pas dans les bottes de l'autre et qu'on a pas parcouru le même chemin que lui...

      "Les héros de la frontière", malgré quelques petits bémols, me trotte encore en tête, contrairement au roman de Fives dont j'ai déjà oublié la fin. Si tu as la chance de lire le roman de Dave Eggers, n'hésite surtout pas.

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  3. Ah, Les héros de la frontière… J'ai failli craquer la semaine dernière, mais j'avais déjà une pile de livres dans la main… Je crois qu'à ma prochaine visite chez mon libraire, je repars avec.

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    1. Coudonc, tu passes combien de fois par mois à la librairie?! Tes piles de livres doivent être méga gigantesques, non?

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    2. Pas trop en ce moment: je n'ai pas le temps de me rendre en ville! Mais ma PAL déborde quand même, car je n'arrive pas non plus à lire autant que je le voudrais. En tout cas, je me lâche dès que j'y vais, mais il faut croire qu'il y a un seuil psychologique, un nombre de livres au-delà duquel je me dis que je tombe dans le déraisonnable...

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    3. ça y est, j'ai craqué: je l'ai acheté ce matin!

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    4. Bien joué! Et as-tu ajouté d'autres titres dans ton sac, où tu as pu être raisonnable?!

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  4. J'ai adoré Les héros de la frontière! déjà aller en Alaska est une de mes grosses envies (envie que je partage avec ma fille ainée...et qu'on réalisera peut être prochainement)., et parfois j'ai bien envie de prendre mes cliques et mes claques et me barrer comme çà! alors évidemment j'ai adhéré à 200% à l'idée de départ. J'ai beaucoup aimé les rencontres faites au long du voyage, notamment la rencontre avec le croisiériste est touchante, elle m'a beaucoup émue. Le personnage de Josie est fort. Comme toi mon bémol (le seul) est du coté...un peu scatologique ;-)
    Tenir jusqu'à l'aube m'a touchée aussi. Contrairement à toi j'ai trouvé ce personnage touchant (je suis le contraire, une vraie maman poule qui a attendu que mes filles aient au moins 10 ans pour les laisser seules qqs heures en journée :-D ). Malheureusement dans la société actuelle, je pense que l'on peut vite se retrouver isolée comme cette femme, et cela peut avoir un effet dévastateur...

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    1. C'est certain que le fait d'avoir envie de découvrir l'Alaska en chair et en os contribue a rendre ce roman d'autant plus addictif. Je rêve aussi d'y mettre les pieds un jour. Et l'envie de décamper et de tout laisser derrière soi, ça me prend aussi à l'occasion. Tsé, une cabane dans le bois avec un foyer (ou en Alaska!)? Alors, j'étais, comme toi, bon public pour adhérer au roman de Eggers. C'est vrai que la rencontre avec le croisiériste était émouvante... Il m'a presque fait pleurer! Sa solitude m'a fendu le coeur.

      Je comprends tes mots sur le roman de Fives. Je comprends que le personnage n'ait peut-être pas les outils pour se sortir de son isolement, prise dans une torpeur labyrinthique. N'empêche... Pas sa trop grande noirceur, mais surtout par son manque d'espoir, je trouvé ce roman presque malsain. En tout cas, je ne saurais le recommander à une mère célibataire qui peine à se sortir la tête hors de l'eau!

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  5. Le roman de Carole Fives m'a laissée de marbre, je n'ai pas détesté mais je n'ai pas été bouleversée. En revanche, le roman de Dave Eggers me tente bien.

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    1. Tu as de la chance que le roman de Carole Five t'est laissée indifférente. J'ai tourné la dernière page en bouillonnant. En même temps, je suis qui, moi, pour me fâcher contre un personnage de fiction et avoir envie de la brasser?! Au final, j'ai trouvé le fond du roman tendancieux, voire virulent.
      Par ailleurs, le roman de Dave Eggers, lui, ne manque aucunement de nuances!

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  6. Je suis sortie un peu mitigée du roman de Dave Eggers, même si la mère et sa "liberté" m'ont plu, mais j'ai trouvé quelques longueurs.
    Je crois avoir aimé celui de Carole Fives pour la capacité de résilience de la narratrice, son besoin de s'échapper et de se libérer du qu'en-dira-t-on..

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    1. Malgré mes petits bémols, j'éprouve plus d'enthousiasme que toi pour le roman de Eggers. C'est vrai qu'il y a quelques longueurs ici et là, mais ne serait-ce que pour la prémisse de départ, qui fait réfléchir, c'est un roman que je n'hésiterais pas à recommander chaudement. Il m'a fait un immense bien, ce roman!

      Tu vois, je n'ai pas du tout la même lecture que toi du roman de Carole Fives. Si son besoin de s'échapper se comprend, je n'ai pas vu de résilience entre ces pages, bien au contraire. J'y ai plutôt vu de la complaisance (ok, je suis impitoyable, là) ou, si je veux nuancer, une incapacité à voir autrement que tout noir. Tu as senti qu'elle se libérait du qu'en-dira-t-on, toi? Si oui, ce n'est pas sans culpabilité!

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  7. Je me note le Dave Eggers, auteur que je n'ai encore jamais lu.
    Pour Tenir jusqu'à l'aube, je n'ai pas ressenti cette froideur que tu évoques, le tableau est noir c'est certain mais cela ne m'a pas gênée (et si mes souvenirs sont bons la fin concernant la mère n'est pas si noire que cela), en effet à déconseiller à une mère célibataire en difficulté, je retiens surtout de cette lecture la plume de Carole Fives qui m'a séduite et cette atmosphère étouffante qu'elle a su si bien mettre en place

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    1. Au final, ce n'était sans doute pas une bonne idée de passer du roman de Eggers, plutôt lumineux, à celui de Fives, beaucoup plus sombre. Ma lecture en a souffert.

      C'est fascinant à quel point un même livre peut être reçu de façon aussi différente. Contrairement à toi, j'ai trouvé de la froideur et de la rationalisation partout entre ces pages, à l'exception des quelques moments partagés entre la mère et son fils (quoiqu'elle semble le préférer lorsqu'il dort. En même temps, quel tyran, ce gamin!).

      Reste que pour le rendu de l'atmosphère étouffante, alors là, oui, chapeau. C'était réussi.

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  8. Il faut te rendre à l'évidence, tu n'es pas faite pour les auteurs français d'aujourd'hui^^

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    1. Je n'abdique pas. Pas encore! J'ai lu d'excellents romans français ces dernières années. C'est vrai qu'ils se comptent sur les doigts des deux mains, mais c'est mieux que rien! J'ai le même problème avec les romans québécois...

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  9. Méchant Jérôme ! Bon contente pour le Dave Eggers (tu sais que j'ai plein de livres de cet auteur qui m'attendent ! il sera lu en 2019 mais pas tout de suite ...) sinon pour le second, je passe mon tour .. en plus ça me parle car lorsque je travaillais en crèche au Montana, je t'avais dit que je m'occupais beaucoup d'un bébé (délaissé, les ongles longs, cassés et sales, les croûtes sur le crane) - sa mère partait la nuit faire la bringue... un an après, on lui a retiré ses enfants. Le besoin de souffler, respirer ça s'entend mais l'aide existe, je ne comprends pas cette noirceur, il y a plein de forums et d'associations qui font un super boulot, en France,il y a les CMS et les PMI... alors des solutions, il y a en a mais il y a aussi des personnes qui ne sont pas faites pour être parent et là c'est un sujet tabou.
    Bref, je n'aurais pas du tout aimé ce livre non plus !

    Et pour Eggers, ça me rappelle Iglesias Gabino : oui s'identifier au personnage = lecture facile - la vraie lecture c'est suivre des personnages différents qui nous repoussent nos frontières ...

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    1. Des personnes qui ne sont pas faites pour être parent? Prends moi, par exemple! J'en suis l'incarnation!!! Oui, sujet tabou.

      Iglesias Gabino... Oui, je me souviens de ta super traduction.

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  10. Tchou, quel billet ! Le Eggers pourrait me tenter pour le côté "questionnement de la vie", mais je ne suis pas très road trip en littérature ... Quant au Fives, moi il m'a touchée car je sors à peine de plusieurs années " la tête dans le guidon" avec deux enfants en bas âge ... mais avec le recul et en te lisant, je n'avais pas remarqué ce manichéisme dans les personnages....

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    1. Pas certaine du tout que le Eggers pourrait te plaire. J'ai comme un gros doute, là.
      Pour le Fives, avec le recul, mon propre point de vue s'adoucit un peu (mais juste un peu)!

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  11. LE thème de la maternité ne m'attire pas full pin... j'avais lu énormément de critiques positives mais là, tu me convaincs. Les accumulations de malheurs, impossible pour moi. Et je ne pense que j'aurais tiqué aussi sur les toilettes dans le premier roman.. un moment donné, ça va faire!

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    1. J'avais remarqué que c'est un thème qui te laissait plutôt indifférente.

      Pense pas que ces deux romans te conviendraient, mais je peux me tromper. Ça m'arrive souvent!

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  12. Je n'ai pas lu Tenir jusqu'à l'aube du tout comme toi ! Il me semble que la question n'est pas de poser ou non en victime mais de pointer tout ce qui peut empêcher une femme de mener sa vie, en particulier lorsqu'elle vit seule avec son enfant. L'auteure l' volontairement mise dans une situation où elle ne peut recevoir l'aide de sa famille ou d'amis pour montrer combien toute la société exige d'une femme d'être "performante" dans tous les domaines. Personnellement, j'ai trouvé ça très juste.

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    1. Les différentes lectures d'un même livre me fascinent à chaque fois. Notre degré de réceptivité et notre sensibilité y jouent pour beaucoup.

      Concernant l'aide... il n'y a pas que les amis et la famille. Plusieurs organismes existent... Mais encore faut-il avoir la force de tendre la main. Parfois, ça peut être au-dessus des forces de la personne.

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  13. Je ne suis tentée par aucun des deux (un peu plus par le premier mais pas assez pour l'ajouter à ma pile branlante de livres à lire :-) )!

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    1. Il faut toujours prendre garde aux piles branlantes de livres à lire! Surtout, il ne faut jamais forcer les choses. Au suivant, donc!

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  14. moi elle m'a touchée cette femme, car elle vit dans une grande solitude, sans vrai relais, vrai entourage, et je peux tout à fait comprendre qu'elle se replie sur elle-même...mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi sur le fait que c'est un roman très sombre, malgré la tension du récit, la fin est quand même porteuse d'espoir, non?

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    1. Certes, je peux comprendre que cette femme en touche plusieurs. Et c'est tant mieux. Le principal reproche que je fais à ce roman, c'est que tous les personnes qui gravitent autour de la femme sont soit méchants, expéditifs ou indifférents. S'il avait pu y avoir ne serait-ce qu'une petite main tendue vers elle et son enfant, une petite main bienveillante, cela aurait équilibré les choses et alléger la dureté de mon avis.

      Vois-tu, j'étais tellement absorbée dans cette aura de noirceur intense en le lisant que je ne suis même pas arrivée à voir la lumière au bout du tunnel.

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  15. Intéressant ton avis sur le Carole Fives... Jamais lu l'auteure, le sujet me tente.... mais du coup ça refroidit !

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    1. Au contraire, ça ne devrait pas te refroidir! Tout dépend de ton niveau d'empathie! Le mien était assurément trop faible pour l'apprécier à sa juste valeur...

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  16. Le premier aurait pu me tenter et il me faisait de l’œil à cause de l'Alaska. Mais tout l'aspect "femme qui part avec ses enfants..." bof bof. À te lire, même si Josie t'a plu, je pense que je vais passer. C'est drôle mais je lis peu de femmes (ou de livres avec des personnages féminins) qui parlent de grands espaces. Je préfère quand c'est vu avec les yeux d'un homme ou d'un personnage d'homme. Ils vont à l'essentiel, parlent souvent plus d'animaux et de nature, et moins d'introspection. Ils ne s'accrochent pas les pieds dans des sujets comme leur couple, leurs enfants, etc.
    Bref... et le second livre je ne m'y attarde même pas! Littérature française + maternité = vraiment vraiment pas pour moi!

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    1. Tu as raison, aucune de ces deux romans n'a de chance de te plaire. Et ce, même si le premier se déroule en Alaska. Comme toi, je préfère lorsqu'un auteur aborde les grands espaces. C'est vrai que la dimension introspective est souvent minimale. Je ne veux pas généraliser, mais...

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