Raisons obscures · Amélie Antoine

dimanche, janvier 12, 2020


Ça n’a juste pas de bon sens, cette histoire. C’est révoltant, traumatisant et… infiniment éclairant. Ce sont les billets de Fanny et de Céline qui m’ont convaincu de lire ces Raisons obscures. N’ayant pas lu la quatrième de couverture, je n’avais aucune idée de ce dans quoi je m’embarquais. Je l’ai lue après coup et je l’ai trouvée beaucoup trop bavarde. Conseil: il ne faut pas la lire. Et puis même si tu la lisais, tu découvrirais peut-être le fond du roman, mais tu n’aurais aucune idée de la tournure des événements. Et je te jure, il est impossible de la voir venir.

J’ai donc ouvert Raisons obscures. Les pages défilaient et je me demandais qu’est-ce qu’il pouvait bien avoir dans ce roman qui avait tant plu. Parce que le quotidien de deux familles ordinaires – école, boulot, dodo – avec leurs petits pépins et accrocs, ça me laissait plutôt perplexe. 

J’ai persévéré, me disant qu’il y avait forcément quelque chose là. Bingo! C’est en plongeant dans la deuxième partie que j’ai senti qu’il se passait quelque chose, quelque chose de gros. Après quoi, impossible de mettre le roman de côté. Il fallait que je me rende jusqu’au point final. La fin est arrivée et j’ai figé. Estomaquée pendant cinq bonnes minutes, complètement paralysée.

Tu es intrigué? Sache que la première partie pourrait t’apparaître ennuyeuse, trop convenue. Mais, de grâce, ne lance pas la serviette avant d’arriver à la deuxième partie. Après, on pourra en rejaser.

Les mots d’Amélie Antoine sont d’une redoutable efficacité: directs, sans ambages. J’ai adoré la façon dont elle tricotait son intrigue. Aucune linéarité, ici. La première partie présente, en alternance, neuf mois dans la vie des Kessler et des Mariani. Dans la deuxième, les mêmes neuf mois, cette fois racontés par deux ados: Orlane Kessler et Sarah MarianiLes faux-semblants et les non-dits fessent dans l’dash.

Un roman marquant, dont je ne suis pas sortie indemne.

Raisons obscures, Amélie Antoine, XO éditions, 384 pages, 2019.
★★★★

© Banksy

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26 commentaires

  1. "fessent dans l'dash' ? si c'est pas Québécois.. tu vas rire en voyant dans ma blogroll ton nouveau billet, j'ai cru que tu avais lu le dernier Nothomb :-) Bon, bien si tu as aimé mais c'est vrai que c'est compliqué quand la première partie est si calme et ennuyeuse... j'ai trop de lectures de mon côté pour m'y intéresser mais ravie que 2020 commence aussi bien pour toi !

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    1. Comment je fais pour voir ta blogroll?

      Le dernier Nothomb? Elle est bien bonne! Là, tu aurais réellement de quoi te poser des questions sur mes nouvelles envies littéraires!

      2020 commence bien, en effet. Et pareil de ton côté, à ce que je vois. D'ailleurs, je file lire ton dernier billet qui, je me fais déjà baver d'envie. Ah, Kent...

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  2. Quel teasing! Je suis trèèèès intriguée. Je me le note, au cas où.

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    1. Et, au cas où... tu ne peux pas imaginer un seul instant comment ça se termine! La claque, j'te dis pas!

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  3. Ah mais non cher Caribou ! Tu mets un suspens infernal !!! ça me tenterait bien, pour le coup, surtout si ça "fesse dans le dash" (un lien avec l'anatomie de Kim Kardashian ?)

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    1. Le suspens en vaut la chandelle, miss.

      "Fesse dans le dash": expression typiquement québécoise; loin, très loins du clan Kardashian! Quoiqu'on peut assurément faire un lien!

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  4. Billet magnifique qui dit ce qu'il faut!
    Merci de nous avoir fait confiance à moi et à Céline ��

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    1. Sur ce coup-là, vous m'avez bien eu. Je n'aurais jamais pu imaginer la force de ce roman, et surtout SA conclusion. Avec une ado dans les parages, tu imagines bien à quel point ça m'a parlée...

      Prochaine étape? Pete Fromm! Depuis le temps...

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    2. Je comprends avec ta fille! J'ai posé des questions à mes neveux et nièce pour savoir comment ca se passait pour eux à l'école ... c'est un sujet qui m'effraie.

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    3. Un sujet très effrayant, tu t'en doutes bien. Que ce soit en Belgique, en France ou ailleurs, ce sujet fait tout autant de ravage...

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  5. J'avais beaucoup aimé aussi... j'ai dû récrire mon billet mais j'ai l'impression que je ne retrouve plus l'essence du truc. Du coup, je sens que je vais en relire des bouts! J'avais aussi trouvé la 4e trop bavarde. Lucky me, je ne l'avais pas lue.

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    1. Il est surprenant et très bien foutu, ce roman. Oui, replonge dans certaines pages. Tout va te revenir...

      On s'entend: la 4e en dit beaucoup trop.

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  6. Mes échappées livresques13 janvier 2020 à 22:48

    J'adore ton billet et vraiment ravie qu'il t'ait plu! Je suis complètement d'accord avec toi concernant la 4eme de couv, elle en dit trop. Si tu veux aller un peu plus loin avec Amélie Antoine, je te recommande le bouleversant Les silences (Quand on a que l'humour en grd format), l'histoire d'un père qui tente de renouer avec son fils ;)

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    1. Merci pour le conseil. Évidemment, je le note. Il me faudra remettre ça!

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  7. Sur ce coup-là, quitte à passer à côté de quelque chose, je vais faire mon snob : éditions XO, je passe mon tour systématiquement.

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    1. J'avais les mêmes appréhensions!

      Snob, va! (Comment t'en vouloir?!)

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  8. Il est machiavélique ce roman on dirait !

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  9. Amélie Antoine est redoutable, elle sait te ferrer. Je n'ai pas lu celui-ci. Le seul que j'ai vraiment aimé de cette auteure est Quand on n'a que l'humour (qui a un autre titre aussi me semble-t-il), mais j'en ai lu deux autres sans être sous le charme. En fait, c'est le genre de littérature qui me laisse un goût de "trop facile".

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    1. Je ne saurais mieux dire: redoutable. Je vais peut-être remettre ça. Quel titre étrange: "Quand on n'a que l'humour"! Je préfère "Les silences", l'autre titre. En tout cas, elle est plus prolifique que je ne le pensais...
      Je comprend pour le genre, avec ce goût de "trop facile". J'avais plusieurs appréhensions; il m'en reste en masse, mais je tente d'élargir mes horizons! Et surtout, je fais de plus en plus confiance aux blogueuses que je suis assidument.

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    2. Et bien quand on n'a que l'humour est beaucoup plus approprié au livre, il lui convient bien mieux... tu verras quand tu l'auras lu ! Parce que si tu dois en lire un autre d'Amélie Antoine, c'est celui-là et pas un autre ! ;-)

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    3. J'apprécie ton côté «mère fouettarde»! Je sais où je vais! Et jusqu'à maintenant, ça a si bien porté fruit!

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  10. J'ai ressenti exactement la même chose que toi : Fanny me l'a conseillé, je n'ai pas lu la 4ème de couverture, la 1ère partie se lit vite mais..., j'ai fait part de mes inquiétudes à Fanny et puis la 2ème partie... je l'ai lu très vite aussi et il m'a fallu pour passer à autre chose (de plus léger, évidemment!!). Il paraît tellement réel, c'est effrayant. et il est éclairant, c'est vrai !

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    1. Sans ces conseils (ne pas lire la 4e et dépasser la 1re partie), je ne sais pas jusqu'à quel point je me serais rendue jusqu'à la fin! Comme quoi, parfois, il est préférable d'avoir une mise en garde ou une prescription avant de plonger!

      Éclairant, oui...

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  11. J'ai vu ses titres passer sur IG mais je ne me suis pas arrêtée sur l'auteure. Toi et on billet par contre, vous m'intriguez vraiment!

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    1. Moi non plus, je ne m'étais pas arrêter sur l'auteure ni sur cette maison d'édition. Pour ce titre, tu peux foncer les yeux fermés, surtout te rendre à la deuxième partie. Le genre de roman qui nous pousse à ouvrir les yeux et à voir plus clair... Pour les autres titres, je n'en sais trop rien. Ça semble partagé, comme avis.

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