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Défi · Un roman tiré des aventures littéraires de Rory Gilmore

Je t’avais dit qu’Electra et moi nous étions concocté un petit défi littéraire pour nous encourager mutuellement à lire et à dépoussiérer notre blogue. Bonnes joueuses et imaginatives, nous avons déterminé dix catégories. À partir de ces catégories, nous devions ensuite sélectionner soigneusement, en tenant compte des goûts et des affinités de chacune, trois livres de moins de 400 pages. Ni elle ni moi ne devions avons lu ces livres. Un seul titre est choisi parmi les trois. À date déterminée, nous découvrirons sur le blogue de l’autre le livre retenu et son appréciation. La cerise sur le sundae, dans ce défi? Avoir une urgente envie de lire un livre après avoir lu le billet de l’autre.

Après un tirage au sort, le premier défi auquel Electra et moi nous soumettons est celui de lire un roman tiré des aventures littéraires de Rory Gilmore, de la série Gilmore Girls. Electra m’a proposé ces trois romans.

J’ai arrêté mon choix sur le roman de Julie Otsuka. D’abord, il était disponible à ma librairie de quartier. Ensuite, des trois propositions, c’est celui dont la couverture me plaisait le plus. Simple de même!

De Julie Otsuka, je me rappelle avoir abandonné son roman Certaines n’avaient jamais vu la mer. Je ne me souviens plus pour quelle raison. Je me rappelle aussi, plus récemment, avoir lu La ligne de nage et avoir passé un excellent moment de lecture à côtoyer les nageurs d’une piscine publique sur le point de fermer. Je garde un souvenir marquant d’Alice et de ses pertes de mémoire de plus en plus fréquentes. Maintenant, place à son tout premier roman.

Californie, 1941-1942. Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbor, les Américains d’origine japonaise deviennent des ennemis aux yeux de leur pays. Dans une de ces familles, le mari est arrêté, interrogé et déporté dans un camp d’internement. Lorsque des ordres d’évacuation sont placardés sur les murs de la ville, le temps est venu, pour la femme et ses deux enfants, de faire leurs valises et de prendre un train vers l’inconnu. Ils sont déportés dans un camp poussiéreux de l’Utah, en plein désert. Trois ans et cinq mois plus tard, avec vingt-cinq dollars chacun en poche, ils rentrent à la maison. Le mari les rejoindra quelques semaines plus tard. Ces années perdues laisseront des traces impossibles à effacer.

Julie Otsuka maîtrise bien son sujet: dans ce roman, c’est l’histoire de ses grands-parents internés pendant plus de trois ans qu’elle raconte. Chaque chapitre est porté par sa voix propre: la mère, la fille, le garçon, puis le père. Ils n’ont pas de nom. L’écriture froide, descriptive, ferme la porte à l’émotion. Cette froideur est contagieuse, m’ayant laissé en retrait. Je retiens quelques images vibrantes: la mort du vieux chien – à coup de pelle, les cheveux du père, la maison saccagée. Je garde un souvenir de lecture agréable, mais détaché, sur un pan historique qui m’était jusqu’à maintenant inconnu.

Quand l’empereur était un dieu, Julie Otsuka, trad. Bruno Boudard, Gallimard, «folio», 2023, 224 p.

Rating: 3 out of 5.

18 comments

  1. ah ! je me demandais lequel tu avais finalement choisi. Pour l’histoire, je la connais mais racontée par un autre auteur, qui était enfant lorsqu’il a été interné avec sa famille – une adaptation graphique avait suivi, je l’ai lue. Bref, j’avais aussi lu Certains… et pas du tout accroché car je ne supporte pas les anaphores mais avec tes deux lectures, tu me fais changer d’avis sur elle !

    1. Et quel est donc le titre de ce roman, et ce roman graphique? Je suis curieuse.
      J’ai tellement oubli Certains… que je ne me souvenais pas du tout des anaphores! C’est tout dire. En revanche, plus j’y repense et plus je réalise que La ligne de nage m’avait beaucoup plu!
      Ici, le premier tiers du roman m’a beaucoup emballée. La menace et la lourdeur étaient tangibles. Puis, avec les changements de narrateur (les enfants), un certain côté superficiel est apparu. Dommage. Le dernier chapitre, avec le père, était pour sa part bien tourné. Bref, vraiment inégal comme roman.

  2. Intéressant tout ça ! Comme toi les anaphores de Certains m’ont lassée… Par conséquent, je n’avais pas tenté Ligne de nage. Et je ne pense que je lirai celui-ci parce que je crois que son écriture ne me convient. En revanche, sur cette période de l’histoire (Japonais internés aux Etats-Unis ou Canada au moment de la seconde guerre mondiale) je te recommande deux romans que j’ai beaucoup aimés : Fantômes de Christian Kiefer et Les mangeurs de nuit de Marie Charrel. Je parle du premier sur mon blog mais pas du second puisqu’il est sorti en janvier 2023, et que je n’écrivais plus rien sur ce que je lisais…

    1. Zut! J’ai eu Fantômes dans ma PAL. Le roman n’a pas passé l’épreuve d’un gros élagage pré-déménagement. Maintenant qu’il est paru en poche, j’ai bien envie de remettre la main dessus. Surtout pour explorer davantage ce pan de l’histoire que je connais mal. Quant aux Mangeurs de nuit, tu m’as bien eu! Me voilà fort intriguée. Colombie-Britannique – Ermite dans les bois – immigrés japonais griffée par un ours blanc! Ça me semble extrêmement prometteur comme pitch! Je le veux! Mon seul regret: ne pas avoir eu la chance de lire ce que tu en pensais sur ton blogue!

    1. Me voilà à chercher le fameux billet sur ton blogue. Mais j’en sors bredouille. Dis-moi, comment puis-je trouver le post? Je ne vois pas d’espace recherche (la petite loupe) sur ton blogue.

    1. Pas la peine de me suivre sur ce coup! Le meilleur reste à venir! Quant à notre petit défi, on a ben du fun jusqu’à maintenant. Ça nous procure beaucoup d’entrain!

  3. J’ai beaucoup aimé Certaines n’avaient jamais vu la mer, pour ma part… je n’ai pourtant jamais éprouvé le besoin de relire cette auteure, et je m’en contenterai, n’ayant pas (encore) eu le courage de faire du vide dans mes piles (je commence à y songer, c’est un début…).

    1. Tiens, enfin quelqu’un qui a apprécié Certaines n’avaient jamais vu la mer.

      Tu commences à songer à faire un peu d’élagage? Un petit ménage du printemps? Cela laissera un peu de place pour de petits nouveaux!

    1. Si tu n’en gardes pas de souvenir clair, comme moi, ce n’est pas bon signe Il me semble néanmoins l’avoir beaucoup vu passer, ce roman. Il doit bien y avoir quelques lecteurs repus.

  4. Je me sens moins seule… Certaines n’avaient jamais vu la mer, je l’ai également abandonné.
    Ayant lu Les Mangeurs de nuit (coup de cœur de l’été dernier, non chroniqué malheureusement), je note ce titre, Quand l’empereur était un dieu, et Fantômes de Kiefer. Merci !

    Petite question à part, où puis-je trouver l’article de présentation du challenge sur les dix Provinces et trois territoires du Canada ? Car, je souhaite le faire et aimerais citer la créatrice de ce défi. Merci par avance.

    1. Du coup, ça me donne bien envie de lire, moi aussi, Les Mangeurs de nuit!

      Il n’y avait pas d’article de présentation pour le challenge Canada. C’est un challenge bien informel, que j’ai crée pour moi-même. En revanche, ça me donne envie de créer un post dans lequel je noterai les titres lus, selon les différentes provinces. Je devrais le publier sous peu, dimanche prochain ou l’autre. Merci de l’idée!

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